Ce blog sur le shiatsu vous propose de découvrir les multiples facettes du shiatsu. Le cabinet de shiatsu, installé dans le quartier Schuman à Bruxelles, vous permet de ressentir ses bienfaits sur votre santé.
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A. vient me voir pour la première fois et m’expose ses difficultés. C’est le
syndrome d’Ehlers-Danlos, me dit-elle. Pardon ? Vous pouvez répéter ?
Maladie inconnue : moments privilégiés qui nous ramènent aux sources de
notre art. Car voilà qui est bienheureux : je n’ai pas de protocole en
tête et rien de familier sur quoi je pourrais m’appuyer en cours de route.
Ce que l'on en dit
A. non plus, d’ailleurs, car là est précisément son problème : elle ne
sent pas ses os, elle n’en a pas la sensation et donc perd ses contours, ses
repères de forme séparée du reste du monde, au point de devoir s’appuyer
régulièrement sur quelque chose. Ennuyeux, car elle est incapable de conduire
un véhicule, tout juste un vélo si ça ne va pas trop vite. Cela va avec une
hypersensibilité : hyper-acuité visuelle, hyper-acousie, porosité
émotionnelle, hyper-laxité et, par conséquent, une grande fatigue
permanente : surexposition à une information bien trop dense.
Elle ne paraît pas son âge et est d’une minceur à faire envie à bien d’autres,
car, malgré un grand appétit, elle ne prend pas de poids. Les articulations
sont douloureuses, le haut du dos tendu, mais rien de nature inflammatoire.
Problème de codage dans la fabrication du collagène, me dit-elle. Rentré chez
moi, je m’en vais voir au dictionnaire de quoi il retourne.
Ce que l'on en lit
Le syndrome d’Ehlers - Danlos (SED) est une maladie génétique rare qui peut
prendre plusieurs formes et peut engendrer divers désordres : hypermobilité
articulaire (jusqu’à la dislocation), hyper-extensibilité cutanée, fragilité
tissulaire… Seule une biopsie cutanée permet de la déceler avec certitude.
Comme je l’apprends en lisant le dictionnaire, A. souffre de la forme
hyper-mobile, la plus fréquente, où la fragilité tissulaire est moins présente.
Il n’existe pas vraiment de traitement médicamenteux et, pour le reste, une
approche multidisciplinaire (kiné, posture, podologie…) peut être prescrite.
Le site Passeport Santé me précise en outre que ‘ Aucune donnée scientifique ne permet aujourd’hui de traiter
ou de prévenir le syndrome d’Ehlers-Danlos à l’aide de thérapies alternatives’.
Bref, personne ne m'aurait aidé de toute façon, mais A. me demande si je peux l'aider.
Comment s'y prendre ?
Ce sont les moments de grâce pour le praticien et le retour à l’essence même de
la pratique.
Ce qui ne signifie pas me croire plus malin que les autres et vouloir résoudre
quoi que ce soit. Cela ne signifie pas non plus faire aveu d’incompétence et
m’excuser de ne pas pouvoir aider. Cela signifie simplement que je vais faire
quelque chose selon ce que je vais ressentir là et que je ne sais pas où cela
va me mener. De ce fait, mon intérêt est décuplé car l’inconnu, précisément, me
stimule.
D’abord, je vais écouter. Au sens de Bunshin, certes, ‘chercher à distinguer
par l’oreille quelque chose
d’indistinct’, car où est le fil d’Ariane qui va
permettre de dénouer l’écheveau ? Quel indice va émerger ?
Au sens d’Eric Baret (in ‘De l’Abandon’) : ‘Accepter veut dire écouter.
Ecouter veut dire ne rien savoir’. J’accepte ce qui est là, sans pouvoir
interpréter, et, vierge de tout savoir, il me reste à mettre les mains et à
leur faire confiance.
Ou encore : ‘ Que signifie écouter ? Cela veut dire aimer. Sans
amour, l’écoute est impossible. Aimer signifie : être disponible à ce qui
est là… vous ne cherchez pas à comprendre quoi que ce soit, mais à vraiment
sentir’.
Me voici dès lors dans Setsushin, tel que compris par M. Masunaga, quand il
nous dit : ‘je commence par toucher le corps du sujet sans poser de
question et fais part, simultanément, à ce dernier, de mes impressions
concernant le symptôme observé’.
Ajoutant : ‘Beaucoup de consultants ignorent que le Shiatsu n’est autre,
en réalité, que le Setsushin lui-même’.
Ou comme le disait Maître Kawada, coupant court à toute question : ‘mettez
les mains’.
Et puis s'y mettre
Ensuite, j’aurai bien quelques directions qui vont venir, évidemment.
Hyper-laxité, en effet : la main disparaît du premier coup sous l’omoplate.
Mais il y a un point quand même, qui fait mal et fait du bien. Un tsubo qui
appelle. Le corps réagit au toucher.
Un Fukushin confirme ce que je viens d’entendre. Les personnes hypersensibles
se connaissent, évidemment.
‘Fatigue’ et ‘génétique’ vont me renvoyer vers les Reins.
‘Porosité émotionnelle’ vers le dit Maître Cœur et le Cœur.
‘Manque de contours’ vers la Rate et vers un shiatsu très enveloppant, très
contenant, qui rassemble et ramène et où, donc, le corps du praticien se donne
totalement (ceux qui me connaissent savent que c’est une de mes prédilections).
D’ailleurs, A. a développé une endométriose, il y a une logique quand même.
Pour les articulations, même si nous ne sommes pas dans un contexte
inflammatoire au sens d’une polyarthrite, nous savons que, dans ces cas précis,
des pressions puissantes, enveloppantes précisément, soulagent beaucoup et cela
vaudra la peine d’au moins essayer pour voir si cela apporte un soulagement. Ce
fut bien le cas.
Et de manière globale, il faudra ramener une présence, un appui, un soutien, un
ancrage dans la matière.
Et ainsi se construisit la séance.
La grande chance du praticien
La première chance est celle du terrain inconnu qui nous ramène aux origines de
notre Art, quand les premiers praticiens, empiriquement, essayaient quelque
chose et finissaient, avec le temps, par garder ce qui fonctionne. Beaucoup
d’humilité. Obligation de moyens (se donner totalement), incertitude du
résultat.
La seconde chance est d’avoir quelqu’un d’hyper-sensible sous les mains, car A.
était consciente de toutes les sensations de son corps et capable de les
communiquer en temps réel. Une aide précieuse…
Surprenamment (ou pas), une forte pression sur Gaikan et le Triple
Réchauffeur amena ainsi instantanément un glissement de chaleur vers les
épaules et la disparition des douleurs à cet endroit… ressenti partagé chez
elle et chez moi au même moment.
Nous en conclûmes que le ressenti du corps est la porte de toutes les
expériences, jusqu’aux spirituelles. Car l’Advaita Vedanta, le Shivaïsme et le
Shintô poussèrent leur nez dans la conversation qui suivit… émanant en quelque
sorte de l’expérience vécue pendant la séance.
Le corps est ce Grand Véhicule qui nous permet de ressentir, ce que même les
dieux nous envient, dit-on.
La récompense fut dans ces mots qu’elle me dit en partant : ‘Je suis là’.
Dans cette vidéo, j’évoque rapidement les changements que la pratique régulière
du shiatsu peut apporter dans votre corps et, par la suite, dans votre vie,
notamment en matière alimentaire.
En effet, si le rééquilibrage énergétique se
ressent en tout premier lieu par l’installation d’une détente, la disparition
d’une tension, l’allègement d’un symptôme, un sentiment de bien-être... un
autre travail se fait graduellement en profondeur.
Comme toujours, recevoir
régulièrement un shiatsu est la meilleure façon d’expérimenter des changements
à tous les niveaux, sur vous-même et même… autour de vous.
Non pas que ce soit systématique, ou un but en soi, mais si
ces changements sont nécessaires, ils apparaîtront au grand jour et vous
trouverez la force de les réaliser.
L’image pourrait être celle d’un caillou jeté dans un étang. Le caillou va faire
jaillir de l’eau avant de remuer les profondeurs d’habitude immobiles (axe
vertical), voire soulever un peu de vase, tandis que des ondes concentriques se
propagent, de plus en plus larges (axe horizontal). Ces axes verticaux et
horizontaux se retrouvent à la base même, dans l’étymologie dumot « shiatsu » - voir article
précédent « Ce que peut vouloir dire shiatsu » .
Développons donc l’analogie (manière très chinoise de
penser, je vous rappelle) entre un traitement shiatsu et un caillou jeté dans
un étang et suivons son mouvement vertical, tout en tentant d’identifier la nature
des cercles concentriques qu’il propage horizontalement autour de lui.
Déjà avant de commencer la séance…
Nous parlons de shiatsu, donc nous sommes clairement dans la matière et en même
temps, nous touchons à des énergies bien plus subtiles.L’image du caillou qui crée des ondes en rappelle
une autre, plus immatérielle, celle du champ gravitationnel, tel que décrit par
la théorie de la relativité générale d’Einstein.
Aurélien Barrau sera ici un bon guide. Cet astrophysicien est justement célèbre
par sa capacité à expliquer clairement les théories les plus abstraites.
En préparant cet article, je suis tombé sur une de ses conférences sur le Temps
(vous pouvez la regarder, mais elle nous entraîne loin du shiatsu).
Il y explique ceci, qui va bien nous intéresser pour
nos shiatsu : l’espace et le temps se distordent eu égard à la présence
des corps. On ne peut plus penser comme si les corps étaient plongés dans
l’espace et le temps (vision Newtonienne), car Einstein nous a appris il y a un
peu plus d’un siècle que l’espace et le temps sont en interaction avec les
corps. La manière dont ceux-ci varient dépend donc de ma présence. Il y a
interaction réciproque.
L’espace-temps est un raz-de-marée, nous sommes des
vaguelettes sur ce raz-de-marée, et nous avons une maigre influence sur sa
structure. Quant au champ gravitationnel de la Terre, il est plus intense au
niveau des pieds que de la tête et donc, les pieds vieillissent moins vite. La présence
d’un objet massif, la Terre, influe sur l’écoulement du temps (et il paraît
même que nos GPS incluent ce paramètre pour une localisation précise).
Il y a ici deux idées intéressantes pour nous :
La seule présence d’un corps tord
l’espace-temps, donc, même à notre petit niveau, s’installer à côté de notre
client va modifier immédiatement les paramètres de son existence ;
Le temps s’écoule moins vite plus on se
rapproche du sol. Se coucher par terre donne d’office une pulsation plus lente.
On savait que la séance commence dès la prise de contact,
mais la science nous explique donc ce qui se passe dans l’espace-temps.
Notre
seule présence va influencer, d’où l’importance de la qualité de la présence,
tranquille et aimante, et qui par moments sera même effacement et absence. Travailler
sur les autres, c’est d’abord beaucoup travailler sur soi !
Quant au travail au sol, il n’est plus seulement une tradition japonaise ou une
manière d’ancrer dans la Terre, la science nous dit qu’il ralentit (infinitésimalement,
mais quand même) l’écoulement du Temps.
Voilà pour l’image globale (the big picture) et vous remarquerez l’analogie de la courbure de l'espace-temps avec la photo de la pierre qui
vient de tomber dans l’étang.
Et maintenant, passons au toucher.
Les effets immédiats du toucher
Le toucher, c’est la porte d’entrée et la signature du shiatsu. Il y a l’effet
immédiat, le caillou touche la surface de l’eau. Et des choses bougent.
Parfois, poser les mains suffit déjà pour sentir. Le corps se détend, un soupir
s’exhale, la respiration s’amplifie, les yeux se ferment. On peut même sentir
comme une plongée, effectivement.
Même pour quelqu’un dont c’est le premier shiatsu, il y a un effet immédiat. Souvent,
en fin de séance, la personne reste tranquille, n’a pas envie de bouger, reste
allongée les yeux fermés. Rester dans le ressenti et goûter à l’instant :
c’est parfait.
Je laisse un peu de
temps entre deux séances pour ne pas, justement, devoir se jeter à nouveau trop
vite dans le flux du temps linéaire. Je finirai par installer un deuxième futon,
de sorte que ceux et celles qui le souhaitent n’auront pas besoin de se lever
et de partir tout de suite pour laisser la place au suivant.
La détente induite semble bien effacer toutes contraintes de temps : je
n’ai encore jamais vu quelqu’un sauter sur sa montre en fin de séance.
Le visage parle. Il faudrait prendre une photo à l’entrée et
à la sortie de la séance. Je dis souvent, au moment de se lever du futon :
ah bien, ce n’est plus la (le) même.
C’est important de rester dans le ressenti goûté en séance. J’attire
l’attention là-dessus, car après, c’est possible de le retrouver. Même si,
souvent, il faudra plus qu’une séance…
Les effets à long terme du toucher
Quand on a pu être présent dans son corps et dans l’instant,
le corps reprend peu à peu la place qui est la sienne, au quotidien. Le vortex
créé par le caillou descend dans les profondeurs.
Je dis toujours à mes clients de s’observer au cours des
jours qui suivent la séance : tout changement, par rapport à ce qu’on a
voulu traiter, ou de toute autre nature est en effet intéressant à noter. Il
peut y avoir une intensification temporaire des douleurs, nécessaire à une
amélioration durable (le dit « effet Menken »). Mais pas
systématiquement, uniquement quand quelque chose doit être évacué.
Les personnes qui ont pris l’habitude de venir régulièrement disent toutes
qu’elles vont bien de façon générale. Non pas que le travail soit terminé, il y
a toujours bien des déséquilibres. Mais le shiatsu retrouve son sens
premier : ne plus tomber malade.
La répétition des séances amènera un effet à long terme, une
espèce de consolidation, d’inscription dans la durée. Le corps sait, reconnaît.
Il existe de nombreuses visions du corps, avec des niveaux d’énergie, du plus
dense au plus subtil, du purement physiologique aux vibrations spirituelles de
l’aura et au-delà. Un Oriental, de toute façon, considère la globalité. Et
donc, les pressions sur les points travaillent bel et bien en même temps les
aspects physiologique, émotionnel, psychique, spirituel…
Les émotions sont un aspect important. L’émotion est un
ressenti qui pointe toujours vers la plénitude, vers le contentement, dit Eric
Baret.
Et nous savons que le Shen seul ressent les émotions, même si celles-ci
agissent sur les organes.
L’Emotion première et ultime, dont les autres ne sont
que des altérations, c’est la Joie de vivre. Et très souvent, au long des
séances, l’humeur s’améliore : les séances de shiatsu deviennent des
échanges joyeux. Des choses lâchent. Les nuages qui cachaient la lumière
s’estompent et le soleil réapparaît. Sol Invictus. Shen = Ciel = Joie =
Empereur.
Voilà que l’axe vertical créé par notre caillou part du fond
de l’Eau symbole de l’Inconscient et rejoint le Soleil, pas seulement celui qui
se reflète dans l’Eau. Nous sommes à nouveau, par le toucher, dans l’axe
vertical Ciel/Homme/Terre.
Au-delà du corps : la prise de substances
Intéressons-nous maintenant aux effets horizontaux, ces cercles concentriques
qui s’élargissent jusqu’à toucher les bords visibles de l’étang. C’est-à-dire :
à distance toujours plus grande du point d’impact. Et d’abord, ce que j’absorbe
de l’extérieur.
Puisque le corps reprend la direction des opérations, le
ressenti va devenir plus présent. En matière alimentaire, notamment, ou de
façon plus générale, dans la prise de substances, comme l’alcool, le tabac…
La sensibilité à « ce qui ne me fait pas de bien » prend le dessus
sur les addictions, les assuétudes comme on dit, qui résultent d’un
déséquilibre à compenser, généralement un manque affectif ou une fascination du
mental.
Le corps réagit, mal, à ce dont il n’a pas besoin.Ici, la norme est différente pour chacun. Et
il faut évacuer la culpabilité : simplement savoir, que, si je cède à un
besoin nocif pour moi, je ne serai pas bien, après. Cela permet d’espacer les
excès, sans les supprimer.
Face à la prolifération de régimes alimentaires
frustrants et culpabilisants, tous contradictoires, je teste et ne garde que trois
règles : je prends ce qui me fait du bien, en quantité raisonnable et je
fais un « excès » de temps en temps. En la matière, la diététique
chinoise expliquée par Jean Pélissier et adaptée à nos contrées me semble un
bon guide. Le point étant que, devenu attentif à mon corps, je n’ai qu’à
l’écouter pour savoir ce qui me fait du bien.
Au-delà du corps : la relation aux autres
Puisque nous sommes dans le Ciel Postérieur (énergie acquise), examinons la
respiration. Les Poumons gouvernent le Qi, ils contrôlent le Qi protecteur (Wei
Qi).De façon générale, avec la vie
sédentaire que nous menons, nous respirons mal. La pratique du Shiatsu vient
peu à peu corriger cela, les personnes se redressent, les poitrines s’ouvrent
et… l’interaction avec les autres peut changer.
C’est un paradoxe : ouvrir la poitrine nous rend moins vulnérables. C’est
l’image des poumons comme les boucliers du corps : des boucliers, on met
ça devant.
La pratique du shiatsu peut ainsi amener des changements de comportement, et
dans les relations.
C’est parfois étonnant. Ainsi, une cliente me confia
récemment avoir arrêté de faire des achats compulsifs. Elle enchaîna dans la
foulée qu’elle avait pris ses distances par rapport à un excès de travail et
qu’elle avait pu exposer clairement à son mari les choses qui coincent dans son
couple ! « Depuis que je viens… », c-à-d quelques mois.
C’est chacun son rythme, évidemment… Et en fonction des besoins. Prendre du
temps pour soi, se centrer, se rééquilibrer, s’ouvrir… Tout cela donne une
vision plus claire et peut changer la nature des relations aux autres. Si vous
changez, les autres le sentent et s’adaptent.
La relation d’alliance avec le thérapeute
De même, la relation avec le thérapeute peut changer. Jean-Marc Weill appelle
cela la relation d’alliance, égalitaire et non thérapeutique au sens habituel,
où deux humains partagent un espace de dialogue, avec des contenus verbalisés
ou non. On peut dire des choses qu’on ne pourrait pas dire dans un autre cadre.
Il y a résonance des deux côtés, en liberté. Pas d’a priori et pas de jugement.
Une cliente m’a dit récemment : il y a le shiatsu, et il y a le fait
qu’ici je parle de choses dont je ne peux parler avec personne d’autre.
Nous voilà déjà quelques cercles concentriques plus loin que
l’épicentre de notre pouce qui fait des pressions.
Dans la lignée
Il reste à évoquer un dernier effet possible, à la fois dans
la verticalité et l’horizontalité, car touchant à la lignée, représentée par l’arbre
généalogique.
Le travail de nettoyage psycho-émotionnel au travers des
Vaisseaux Curieux, tel qu’il peut avoir lieu à la demande lors d’une relation d’alliance,
pourra également bénéficier à la lignée descendante. Je pense qu’on peut
considérer également la ligne ascendante, suite à ce que nous apprend par
exemple le travail systémique en Constellations Familiales.
Il y aura bien d’autres effets, autant que de personnes, autant que de besoins…
Il y a les cercles concentriques que l’on voit et tout l’espace des possibles
entre les cercles.
On peut décrire le processus : tout part du moment où
client et praticien rapprochent leurs « champs gravitationnels » et
où les mains se posent. Ensuite, le corps se rééquilibre, il retrouve sa pleine
présence et sa prééminence, la respiration se remet en place, les habitudes
néfastes s’estompent ou disparaissent, la relation aux autres devient
différente, l’attitude face à la Vie évolue, les « casseroles » sont
nettoyées, la Joie réapparaît : on devient un Soleil pour le monde. Une
présence rayonnante. Sois le changement que tu veux voir dans le monde, a dit
Gandhi.
Tout ceci uniquement selon ce que vous décidez pour votre vie, évidemment… mais
ce monde de possibles existe bien, grâce au shiatsu.
Pas mal au départ d’une toute petite pression… ne dis-je pas à chaque fois que
le shiatsu est un art merveilleux ?
Et vous, avez-vous, dans votre pratique (donner ou recevoir) constaté des
effets étonnants, des changements de vie suite à un traitement ?
C’est ici l’endroit de
les partager.
Dans la légèreté :
Tu commenças ta vie tout au bord d'un ruisseau tu vécus de ces bruits qui courent dans les roseaux qui montent des chemins que filtrent les taillis les ailes du moulin les cloches de midi soulignant d'un sourire la chanson d'un oiseau tu prenais des plaisirs à faire des ronds dans l'eau
Après avoir regardé cette vidéo sur l’importance du toucher,
sa facilité à mettre en œuvre et les spécificités propres au shiatsu, je vous
propose, comme à l’habitude, de creuser un peu plus loin.
Descendre dans les
couches plus profondes quand on parle de toucher, voilà bien le travail de
toute une vie en shiatsu.
La répétition incessante des pressions dans des conditions différentes et avec
des intentions adaptées de séance en séance développe le ressenti. On peut dire
que la pratique, et elle seule, offre une connaissance sensorielle « de
l’intérieur » tandis que les conseils de professeurs ou de collègues
offrent une connaissance (in)formelle « de l’extérieur ».
Pratiquer, pratiquer, et encore pratiquer, voilà la clef. Et
entrer en résonance avec les pratiquants sincères, en recherche. Alors, il peut y avoir
transmission, ce qui est préférable au simple enseignement de choses à
apprendre.
En laissant monter ces réflexions sur la spécificité du
shiatsu et de son toucher, afin de vous les partager, il m’apparaît que ce sont
des choses que je répète souvent en cabinet quand on me pose des questions. De
même que quand on passe plusieurs fois sur un méridien ou un point, la
« réponse » change, le fait de réfléchir régulièrement à ce que nous
faisons fait évoluer sans cesse les réponses. Mais tant mieux.
La réponse est
toujours juste, en ce qu’elle reflète là où nous sommes. Il ne faut donc pas
avoir peur de dire des bêtises, mais simplement dire ce qui est là, sachant
qu’il n’y a pas de vérité absolue. Certaines personnes que nous recevons sont en recherche
et le shiatsu peut être un (premier) pas sur un chemin qui les ramène au plus
profond d’elles-mêmes. Nous sommes en Occident. On va certes plus loin avec le
ressenti, mais nous avons besoin d’explications, d’éclaircissements.
Alors, expliquons et tâchons de transmettre quelque chose en
même temps.
L’importance du toucher pour soigner
A la base du shiatsu, il y a le toucher. Quand il n’y a pas
de toucher, il n’y a pas de shiatsu. Nous avons évoqué longuement, dans un autre article,l’étymologie du mot
« shi atsu » : « pousser avec les doigts ». Toutefois,
ce toucher s’effectue de manière particulière et il y a bien une spécificité du
shiatsu par rapport à d’autres arts, disciplines, techniques.
Le shiatsu n’a évidemment pas le monopole du toucher. Les ostéopathes, les
kinés, les fasciathérapeutes, les massothérapeutes sont dans cette relation à
l’autre par le toucher. Jadis également, - mais malheureusement, cela devient
rare -, nos médecins allopathes ne posaient pas de diagnostic sans avoir
ausculté, palpé leurs patients.
Il y a cette attente, légitime, de la personne en souffrance
d’être touchée. Le toucher est apaisant, il est communication et la main qui va
là où cela fait mal signifie : « j’ai compris où est la douleur et
j’ai le désir de l’apaiser ». D’ailleurs, spontanément, nous posons
nous-mêmes la main là où se trouvent nos douleurs. Quand un client me dit avoir
envie de se toucher en un endroit précis plusieurs fois par jour, je l’y
encourage, car le corps sait où le toucher va faire du bien.
J’ai entendu quelque part que c’est ce qui se passe la nuit et que la position
que nous prenons en dormant répond au besoin de pression sur certains organes. Ainsi,
ceux qui dorment sur le côté droit pressent notamment sur le Foie, sur le côté
gauchele Pancréas ou le colon sigmoïde,
sur le ventre, l’Estomac, et sur le dos, nous soutenons les Reins, etc. La
position dans laquelle nous nous réveillons (inconscient) est évidemment plus
révélatrice que celle où nous nous couchons (conscient).
Si non e vero, e bene trovato…, car, comme nous le disions, le corps sait ce
dont il a besoin.
En recevant régulièrement du shiatsu, nous développons cette
écoute naturelle du corps et des signaux qu’il nous donne sans cesse, et nous
sommes donc mieux à même de respecter ses besoins.
Ce n’est pas qu’il faille
apprendre, cela se fait tout seul. Au fur et à mesure des séances, le corps
s’habitue au toucher, le reconnaît et l’accepte de plus en plus rapidement. Le
corps reprend sa place centrale, le mental reprend celle qui devrait le plus
souvent être la sienne, en arrière-plan du ressenti.
Comme m’a dit hier une
cliente : « je sens que des choses ont lâché ».Parfait. Pas besoin de développer pendant des
heures.
C’est de l’énergétique
Nous partageons le toucher avec bien d’autres disciplines,
mais nous ne touchons pas les mêmes choses. Nous ne travaillons ni sur les muscles,
ni sur le squelette, ni sur les fascias, ni sur le système lymphatique… même
si, inévitablement, certains points se situent sur les os, les muscles, les
articulations… Et donc, il n’y a pas de concurrence ou d’incompatibilité avec
d’autres disciplines ou de contre-indications par rapport à d’autres thérapies.
Quand un client se voit prescrire des séances de kiné pour un problème précis,
je l’encourage à y aller, mais juste pas le même jour que son shiatsu.
Comme évoqué dans un article précédent, le shiatsu n’a pas
de vocation monopolistique et nous sommes en faveur de collaborations avec d’autres
thérapeutes, aussi bien les dits « officiels » que les dits
« alternatifs » afin d’aider nos clients communs le mieux possible.
Le shiatsu, c’est donc de l’énergétique. Nous travaillons sur
les points et les méridiens décrits par la Médecine Chinoise, nous faisons des
pressions de diverses intensités et profondeurs, des connexions, selon des
rythmes différents. Il n’y a pas de fluide magique, ni de capacités
surnaturelles. Nous pressons et nous posons les mains. Il n’existe pas à
l’heure actuelle d’explication du comment ça marche, mais bien de plus en plus
d’études sur les résultats nettement établis du shiatsu. Voir le recensement
établi par la Fédération Européenne de Shiatsu, et il y en a bien d’autres,
notamment en France. (http://www.europeanshiatsucongress.eu/science-library/)
Comme en arts martiaux, sans force
Il y a pression, mais il ne faut pas de force, ou alors de
moins en moins au fur et à mesure que l’on pratique. « Beaucoup trop de
force », disait à l’occasion Sensei Kawada en nous voyant travailler.
Comme en Kyudo, où il faut arriver à bander l’arc sans force et où le lâcher de
la flèche a lieu « tout seul », en shiatsu, il faut également pouvoir
presser sans force ou, comme l’exprime Bernard Bouheret « effacer le
pouce ». Sinon, il y a dureté, douleur, et on s’épuise. Il y a bien
d’autres parallèles à tracer avec d’autres arts martiaux, comme l’aikido, ce
qui n’a donc rien à voir avec de la force, mais un travail sur les énergies en présence. Comme souvent, « less is more ».
Que l’on donne ou que l’on reçoive, il n’y a au fond qu’une
seule recette pour accroître l’efficacité : pratiquer, pratiquer et encore
pratiquer.La régularité est la meilleure garantie de résultats plus rapides et
plus stables. On peut faire du shiatsu de temps en temps ou quand on en ressent
le besoin, mais le mieux est d’installer une régularité, qui sera bien plus
payante sur le long terme. Retour aux origines, perdues presque partout, y
compris en Orient : la prévention.
L’arrière-plan est oriental
Les Orientaux s’occidentalisent, hélas, mais cela ne change
rien aux origines de l’art que nous pratiquons qui sont, elles, bien
orientales. Et donc, il serait pour le moins étrange de dénaturer notre shiatsu
en tournant le dos au Japon pour n’en conserver qu’une très approximative
inspiration.
Dans la vision Orientale, quand on touche, on ne touche pas qu’un corps. L’effet
de ce toucher dépasse le domaine matériel, le monde des phénomènes, et pour moi, c’est une spécificité.
Les Orientaux ne dissèquent en effet pas l’être humain en différentes couches,
chacune étant attribuée à un spécialiste, comme nous avons tendance à le faire.
Les points correspondent à des maux bien physiques, mais ils peuvent avoir un
aspect, une origine, une conséquence psychologiques, émotionnels, spirituels, …
Ils vont gérer des aspects très
ponctuels, voire localisés, ou s’adressent à la circulation de l’énergie dans
tout le corps. Ils prennent en compte l’intensité de la circulation de
l’énergie. Ils peuvent également être saisonniers. Le nom du point sera parfois
révélateur de ce qu’il traite ou de l’effet qu’il peut produire. Il appartient
à un système, une vision de l’Univers et de l’Homme dans l’Univers mis au point
sur quelques milliers d’années. Le livre "L'Esprit des points" de Philippe Laurent en est une magnifique et érudite illustration.
Au moment où nous pratiquons le shiatsu, ce système cosmologique
et anthropologique (l’un n’allant pas sans l’autre) est notre référence, à
l’exclusion de tout autre.
Nous sommes d’accord pour dire que le Grand Tout est
indescriptible (« Le Tao qui est nommé n’est pas le Tao ») et du
domaine du pur ressenti, mais dès le moment où nous tentons une compréhension,
nous devons bien choisir un système. Ainsi YinYang, les 5 mouvements, Ciel-Homme-Terre,
les méridiens, les différents aspects ternaires, dénaires et dodénaires … sont
des éléments du système à la base du shiatsu et donc le cadre au sein duquel
nous travaillons. On sait bien que tout système est une explication partielle
et imparfaite, mais mélanger les systèmes amène la confusion. Nous n’excluons
pas d’autres angles de compréhension pour nous-mêmes (c’est un enrichissement),
mais nous ne mélangeons pas les approches en cabinet.
Si le shiatsu plonge ses racines dans l’Orient, il n’en a
pas moins développé sa spécificité. Cette citation de Maître Kawada illustre
bien toute la complexité et la richesse de notre art. " Le shiatsu n'est pas une technique
thérapeutique clairement définie au sens occidental. Son art ou sa pratique est
d'avantage un continuum, un mélange de philosophie, d'expertise professionnelle
et d'auto-guérison, d'exercices et d'étirements, de réflexions sur la vie, et
un système sophistiqué de diagnostics intuitifs avec un arrière-plan spirituel
implicite. […] C'est une manière de vivre, une philosophie, un remède
familial efficace et un vaste système de diagnostic et de guérisons. […] En
diagnostiquant et en répondant aux phénomènes disponibles à tous les niveaux et
en mobilisant de ce fait le pouvoir de guérison inné du corps-esprit, le
shiatsu sort de toutes les catégories de médecine contemporaine standard de
l'Orient comme de l'Occident." (Yuichi Kawada)
Toucher tous les niveaux de l’Etre
Clairement donc, le toucher que nous pratiquons ne se
limite pas au physiologique.
Le toucher effectué avec le Cœur met en mouvement. En
Occident aussi, ne dit-on pas de quelque chose qui suscite en nous une
émotion : cela me touche ?
Nous travaillons sur tous les niveaux de l’Etre, s’il
fallait vraiment les distinguer. La preuve en est au cours du travail, avec des
manifestations très diverses, selon la personne, le moment, le travail
effectué, la sensibilité...
Il n’est pas rare que tout à coup une émotion surgisse, la
personne se mette à pleurer, ressente une colère, soit prise d’un rire
incontrôlé… La respiration soudain s’amplifie, s’approfondit. Il y a sensation
de froid ou de chaud. Il y a des fourmillements dans le corps. Des sensations
apparaissent le long du méridien traité, ou dans d’autres endroits du corps,
sans lien apparent. Les pensées s’apaisent, la personne entre dans un état
semblable à la méditation. Parfois s’endort. Il y a vision de couleurs, ou
d’images mentales. Un sourire apparaît soudain là où il y avait crispation. Des
tremblements ou des vibrations surgissent. Ou encore, la personne peut ne
ressentir « rien de spécial » en partant, mais les réactions se
déclenchent plus tard, ou le lendemain. Et parfois, il y a le fameux effet
« Menken », où on se sent plus mal parce que des choses doivent
absolument s’évacuer avant de se sentir mieux.
Et pourtant, si une caméra était en train de filmer, elle
n’enregistrerait que le praticien en train de faire des pressions. Il n’y a ni
thérapie émotionnelle, ni séance de psychanalyse, rien d’autre que du shiatsu,
c.-à d. : « presser avec les doigts ».
Chaque fois, l’inattendu me ravit.
Les pressions sur le corps travaillent donc sur ce que
j’appelle « d’autres niveaux de l’être », psychologiques,
émotionnels, spirituels… Est-ce systématique ? Non, uniquement s’il y a un
besoin. Equilibrer le corps se passe au sens large. Et nous sommes larges, bien
plus larges que les limites de notre corps physiologique. Nos cellules
contiennent de l’information du niveau le plus concret au plus subtil.
A certains moments, le toucher se fait plus large, comme
« impalpable » ou « effacé », mais en fait non. Que ce soit
le shiatsu fluidique développé par Bernard Bouheret, où les mains se posent à
peine après avoir bien « baratté » le corps, ou que l’on descende
dans le corps de souffle avec une pression « en sablier »… Ou encore
que l’on expérimente le Seiki, développé par Kishi Sensei, où la main se pose simplement
- « faire sans faire, toucher sans toucher » - et où les corps
entrent en résonance…
Nous entrons là dans des dimensions à explorer à l’infini
et impossibles à formuler, mais qui partent bien du toucher. Une clef de compréhension ? Souvenons-nous que
microcosme = macrocosme, simplement.
Et relisons, à la lumière de ce qui précède, la célèbre phrase de Tokujiro
Namikoshi : shiatsu no kokoro wa – le cœur du shiatsu – haha no gokoro –
est (comme ?) le cœur d’une mère – oseba : si on pousse – inochi no
izumi waku on fait jaillir les sources de la vie.
Traduction approximative, d’ailleurs, car « kokoro »,
pour un Japonais, est un concept bien plus large que l’idée que nous nous
faisons du coeur et « inochi » est un des mots pour dire la vie, mais
pourquoi celui-là ? Un autre article, un jour…
Par contre, « oseba », si on pousse, ne laisse aucun doute :
c’est bien clair qu’il faut le toucher, le fameux premier pas sur le chemin de
cent lieues.
Le corps et au-delà
Et allons d’ailleurs un pas plus loin. La pression dépasse
de loin les limites du corps et va aller influencer l’environnement. MaîtreOhashi a
parlé un jour de l’environnement de la personne comme facteur venant enrichir
le diagnostic. Je suis sûr qu’inversement, le shiatsu pratiqué sur quelqu’un
peut modifier des situations compliquées, des relations difficiles, voire le
cours d’une vie qu’on pourrait penser subir.
Car quand l’énergie de quelqu’un change, les interactions
avec le monde extérieur changent également. On dit : soyez le changement
que vous voulez voir arriver dans le monde. Changez, et le monde autour de vous
changera.
Nous sommes également le fruit de nos interactions avec
d’autres, nous appartenons à des systèmes que nous influençons et qui viennent
nous influencer et on sait bien que notre façon d’être, nos pensées, nos
émotions influencent la réponse de l’environnement proche et lointain. Jung
avait déjà fort bien décrit le mécanisme des projections : ce que nous
projetons de nous-mêmes sur l’autre revient à son tour nous influencer.
Profondément ressourçant et recentrant, le shiatsu permet
des changements profonds de l’Etre et peut donc déboucher sur des changements
de l’Etre considéré dans la « matrice ».
Eric Baret résume cela merveilleusement : « arrêter de
prétendre » être comme ceci ou comme cela, recentrer sur l’écoute, laisser
l’énergie couler librement à chaque instant.
La pyramide est sur sa base : centré et puissant dans le hara, la poitrine
ouverte, la tête paisible.
Mettez les mains
Toute considération mise à part maintenant, revenons en
séance. Praticien et client, nous sommes bel et bien et avant tout dans le ressenti.
« Mettez les mains », disait Kawada Sensei lorsque nous avions envie
de poser mille questions sur ce qu’il fallait faire et comment. Shikantatsu,
disais-je dans un article précédent : seulement pousser.
La pression de nos doigts est notre seul outil et la seule
réponse que nous ayons à toutes les questions ou les situations qui peuvent se
présenter. Je suis outré d’entendre que, dans certaines disciplines ou
thérapies, si on ne trouve pas la cause, on ne peut rien faire et on renvoie la
personne souffrante en disant qu’on ne peut pas l’aider.
La compréhension des
causes est pour moi un « nice to have », qui n’est pas toujours
indispensable ou possible. Bien entendu, il y a une réflexion, une connaissance
de la technique qui va décider d’une orientation du travail. Mais parfois, on
ne sait pas et, d’ailleurs, fondamentalement, personne ne sait. Alors, on fait.
On met les mains.
Cet article vous a touché ? Ne le gardez pas pour vous.
Partagez-le. Il ira peut-être toucher d’autres encore.
La deuxième vidéo de la série est en ligne. Elle montre en quelques
minutes ce qui peut se passer pendant une séance de shiatsu, comme on ferait
une démo rapide à un public de passage. C’est son but.
On peut expliquer le
shiatsu de multiples façons. Mais, quelle que soit l’explication, longue ou
courte, rien ne remplacera jamais le ressenti. Les mains se posent, et alors
seulement, on comprend, avec tout le corps.
C’est pourquoi nous devons donner
un grand nombre de séances, de démos… afin de toucher le plus grand nombre et
de faire ainsi beaucoup de bien autour de nous.
En complément, il m’a semblé intéressant d’explorer ce qu’il
peut y avoir autour d’une séance de shiatsu : verticalement,
horizontalement et dans toutes les directions. Car de même que dans un film, il
y a des plans, en séance, nous sommes traversés par, reliés et connectés à
différentes dimensions. Nous sommes certes deux, mais en interrelation.
Donc : zoom arrière.
Vertigineuse
verticalité
Humains, nous sommes situés entre Ciel et Terre. Les pieds
sur Terre et la tête dans les étoiles, dit-on.
J’ai dans mon cabinet une calligraphie de Maître Ohashi avec
le signe « hito », être humain. Ainsi ai-je en permanence sous les
yeux que nous nous inscrivons dans le plan vertical et que nous formons le lien
entre le Ciel et la Terre.
Dans les articles précédents, nous avons vu tout le sens
qu’il y a à analyser les kanji, les idéogrammes. Que voit-on dans le kanji de
l’homme ? L’interprétation « le lien entre le Ciel et la Terre »
est bien correcte, mais pas nécessairement la visualisation que l’on peut en
avoir.
L’évolution du Kanji dans le temps est trompeuse. Ce ne sont en effet
pas deux jambes posées sur le sol et un être sans tête qui sont représentés,
mais une personne de profil, avec les bras inclinés à 45°, comme nous le montre
la graphie ancienne.C’est comme si on
voyait quelqu’un à distance sur la rue ou dans les champs.
Donc, l’Homme, c’est cette créature redressée qui, considérée à distance, ne
peut être confondue avec un quadrupède. « A distance » fait penser à
certaines peintures chinoises où il y a toujours dans un magnifique paysage un
humain minuscule, qui n’est pas l’essentiel de la peinture. Cherchez-le sur cette peinture.
La connexion entre
Ciel et Terre n’est pas une raison pour se mettre en avant, se grandir et
occuper tout le tableau. L’homme, dans sa petitesse, est toutefois un élément
indispensable du Tout. Question de perspective.
Pour dire « grand », d’ailleurs, le kanji est
aussi un homme, vu de face cette fois, qui
écarte les bras pour indiquer la grandeur autour de lui.
大
Ce n’est pas l’homme
qui est grand, mais son ressenti de la grandeur du monde qui l’entoure.
Faites
l’exercice de lever les bras au dessus de la tête et de les étendre à
l’horizontale, jusqu’à tenter de toucher l’horizon de chaque côté, et vous
ressentirez cette ouverture de la poitrine et cette extension des bras à
l’infini… C’est cela, la sensation de « grand ». Face à un beau
paysage, c’est magique.
Et pour dire « le Ciel », on rajoute un trait au-dessus, comme pour
dire, voilà, c’est le sommet, il n’y a pas plus grand que cela.
天
Les Chinois décrivent le Ciel et la Terre comme étant les
limites supérieure et inférieure du monde manifesté, par rapport à l’Homme,
observateur et nécessairement à la place centrale. Notre place est donc
bien « entre Ciel et Terre ».
Suivre les lois du Ciel et de la Terre
« Tout vient du Ciel et le Ciel commande », dit-on.
D'un point de vue cosmique, c’est évident. Le Ciel n’a pas besoin de la Terre
ni de l’Homme, mais la Terre et l’Homme ont besoin du Ciel et des énergies
cosmiques. Le Ciel est le don total et désintéressé. Le Soleil envoie ses
rayons sans rien attendre en retour.
Si l’Empereur de Chine était appelé le fils du Ciel, c’est
parce qu’il était en charge des affaires du Ciel. Il devait accomplir les
mouvements rituels garantissant le maintien de l’harmonie de l’Univers.
L’Empereur du Japon est toujours désigné du nom de Tennô, Empereur céleste.
Et
donc, il n’est d’autre « DO », d’autre Voie pour l’Homme que de
suivre le mouvement éternel du Ciel et de la Terre. Si nous pratiquons cela,
selon la discipline qui nous convient le mieux, nous faisons partie de l’harmonie
de l’Univers. L’état actuel du monde montre ce que cela donne quand nous
ignorons les lois de la Nature.
Bernard Bouheret, dans ses stages, parle souvent du Ciel
dans la pratique du shiatsu. Le donneur a la tête ouverte au Ciel. « Le
Ciel est touché par les hommes sincères ». Et oui, on peut appeler le Ciel
en travaillant, dans un moment compliqué ou en demande d’inspiration :
tout de suite la qualité de l’énergie change. Appeler le Ciel n’implique pas
d’appeler l’une ou l’autre puissance céleste, mais de s’aligner, de s’ouvrir et
de laisser passer l’énergie du Ciel.
Si nous parcourons l’axe Ciel/Homme/Terre, nous voyons que le
Ciel est qualité, la Terre est quantité. La Terre est la manifestation, la
matière en transformation perpétuelle et l’impermanence. L’Homme a pour mission
de nourrir la Terre et d’observer le Ciel. Les deux énergies, ascendante Terre
et descendante Ciel, se réunissent en l’Homme. C’est pourquoi on peut dessiner
le symbole de l’Infini au niveau de l’Homme.
Le point ES 25, commun au méridien
de l’Estomac et au vaisseau Ceinture (croisement axe vertical et horizontal),
ne s’appelle pas pour rien « Tensu » - Charnière Céleste. C’est le
point du corps où l’énergie du Ciel va au plus bas. C’est également le point BO
du Gros Intestin. On pourrait se croire au cœur de la matière, mais il y a là
encore une parcelle d’énergie céleste.
Le Ciel et la Terre se rejoignent en l’Homme. Cette
subdivision ternaire « Terre-Homme-Ciel » se retrouve à tous les niveaux,
comme l’indique le docteur Serge Desportes dans ses excellents livres. La
structure ternaire est la plus fondamentale des structures de l‘Univers.
Ainsi, le Ciel, l’Homme
et la Terre ont-ils chacun une subdivision Ciel/Homme/Terre. Il y a donc 9
subdivisions sur l’axe vertical, 9 niveaux hiérarchisés du temps. L’Homme a une
partie Ciel et une partie Terre. Au centre, pile au chiffre 5 est
« l’Homme de l’Homme ».
Retenons les chiffres 9 (3X3) et 5, ils vont nous intéresser
pour la suite.
Résumons :
Ciel : qualité, essence, temps, infini, cercle
Terre : quantité, substance, espace, fini, carré
Homme : concilie en lui tous les contraires, crée une
différenciation ou polarisation dans l’Unité et participe des deux.
Se délecter des formes, être relié au Ciel
Comme le dit Alain Daniélou (dans « Shivaïsme et Tradition primordiale »)
« l’espèce humaine est porteuse d’un double héritage : celui,
génétique, de son être physique qui perçoit les formes extérieures et s’en
délecte, mais fait aussi partie du décor et celui, initiatique, de la
connaissance ».
N’est-ce pas ce que nous faisons en shiatsu ? Il y a la
forme. Le shiatsu est très physique, nous touchons au plus concret. Nous
faisons partie du « décor ». Le mot « délectation » est
très approprié. Quand on se délecte, c’est tellement bon que l’on en ferme les
yeux. A chaque fois, j’ai cette délectation à toucher, à pratiquer. C’est si
bon ! Et en même temps, il y a cette dimension « initiatique »,
qui est du domaine du monde révélé, ce que nous savons, percevons de l’énergie
qui en nous relie au Ciel.
Nous touchons à la fois au plus concret du plus concret et au plus subtil du
plus subtil. C’est pour moi une des grandes spécificités du shiatsu : en
touchant, on accède à tous les niveaux de l’énergie du corps, au sens très
large. Se tenir dans l’axe vertical implique de faire sans cesse appel au
tangible et à l’intangible, au génétique et à l’initiatique. Les deux sont
indispensables. Y faire appel au moment opportun est notre privilège d’humains.
Elevés, mais au sol
Laissons le Ciel pour nous intéresser au Sol sous nos pieds
et nos genoux.
Nous avons vu (article précédent dans ce blog) que le mot même shiatsu contient le Kanji de
la Terre, toutefois dans sa dimension verticale : la pierre dressée, le
mouvement Yin vers le haut, l’élan vers le Ciel.
Ce n’est pas cela que nous considérons ici, mais
l’organisation de l’espace. Si le Ciel a pour symbole le cercle, la Terre est
le carré.
Les anciennes pièces de monnaie chinoise (les sapèques de
bronze) étaient rondes comme le Ciel avec un trou carré comme la Terre au
milieu et représentaient donc un petit condensé de l’univers, avec une face
vide (Yin) et une face où apparaissait en relief le nom du Fils du Ciel (Yang).
(Cyril Javary, le Discours de la tortue). De plus, les deux idéogrammes du nom
du Souverain étaient placés sur l’axe vertical, manifestant ainsi la dimension
Ciel-Terre instituée pour le bien du peuple, tandis que les caractères « monnaie » sur le
plan horizontal sont le niveau des affaires humaines et des trésors en
circulation. Ainsi, la modélisation de l’Univers était-elle rappelée en
permanence à tout qui avait un sou en poche.
Ce symbole carré vient peut-être de la curieuse (et
destructrice) propension de notre cerveau gauche à tracer des lignes droites et
à clôturer pour s’approprier l’espace, alors que la Nature montre peu de lignes
droites. Il faut à nouveau regarder le kanji de la rizière pour voir d’où cela
vient. Et nous mettre dans la position centrale de l’observateur sédentaire cultivant
son lopin de terre ou sa rizière, « TA ou DA », qui s’écrit comme ceci. 田
Encore aujourd’hui, les écritures japonaises, kana et kanji,
s’inscrivent strictement dans des carrés semblables. Pas de débordements dans
l’organisation de sa feuille et du monde.
Cette propension à mettre la Terre au carré marque une rupture par rapport au
Ciel. J’ai vu en effet au Japon à Takayama la reconstitution d’une rizière
primitive, ronde avec un pieu au milieu.
Le « Kurumada » était planté
en cercles concentriques autour d’un pieu symbolisant les kami (axe vertical)
et le riz planté de cette façonleur
était spécialement dédié. La nourriture céleste répond aux lois du Ciel, la
nourriture terrestre aux lois de la Terre.
La subdivision en carrés va loin, puisque, nous dit Marcel
Granet (« La pensée chinoise »), « Yu le Grand parcourut et
mesura… arrangeant le sol qu’on put enfin mettre en culture, c’est-à-dire qu’on
partagea en champs, lesquels étaient carrés et divisés en neuf carrés ».
D’où l’organisation de l’espace en huit directions cardinales et
sous-cardinales, sans oublier le centre, où se trouve l’observateur, lieu de la
pierre plantée.
Posés sur notre carré
Il y a peu de maisons circulaires, ou de pièces d’habitation
circulaires. En shiatsu, nous travaillons au sol sur un tapis carré ou
rectangulaire. J’utilise trois tatamis qui forment un « carré allongé ».
Nous voici donc clairement inscrits dans cette antique spatialité. En général,
nous nous mettrons au centre de notre tapis, pas au bord, et donc « au
lieu de la pierre plantée ». Cette disposition satisfait sans doute notre
besoin de nous situer précisément en un lieu, et permet, par ailleurs, comme le
regard du paysan chinois de jadis, de nous tourner dans toutes les directions,
de nous mouvoir autour de notre receveur.
Dans les 8 directions, rien n’est immobile. Tout, en nous et
autour de nous, participe au mouvement perpétuel de l’Univers, à l’impermanence
des phénomènes, à l’alternance Yin/Yang dynamique et cyclique, antagoniste et
complémentaire. Cette impermanence génère 5 modes d’expression de
l’énergie : ce sont les 5 mouvements.
5 mouvements
Deux Kanjis expriment l’idée des 5 mouvements. 五行
Le Kanji 5 nous intéresse par sa graphie ancienne, puisque 5
est le centre, l’endroit en l’Homme où, sur l’axe vertical, se rencontrent les
énergies du Ciel et de la Terre (voir schéma plus bas).
Le Kanji de droite se compose de deux parties, à gauche
« avancer le pied gauche pour faire un pas », à droite « ramener
le pied droit ». Il s’agit donc bien de marcher, et d’ailleurs le verbe
« aller », IKU, s’écrit de la même façon.
Il y a donc mouvement, dynamisme. Trop d’ouvrages mentionnent encore la
traduction « 5 éléments », ce qui donne une idée fausse de
matérialité statique (cfr. le tableau des éléments de Mendeleev).
Pas des élements, et pas 4
Dire 5 éléments génère d’ailleurs d’interminables
discussions sur le fait qu’il n’y en a pas 5, mais 4, comme nous ont dit les
Grecs. Il vaut mieux éviter une telle discussion, car elle contient pas moins
de quatre erreurs :
Nous venons de voir qu’il ne s’agit pas, étymologiquement, d’éléments dans la pensée orientale.
La traduction « éléments » est tout
aussi erronée concernant le système grec terre-eau-air-feu. Selon Marc Halevy,
traduire 4 éléments n’est pas correct. La théorie d’Empédocle a découvert que
tout ce qui existe peut s’offrir à l’expérience selon quatre modalités : Solide (terre) Liquide (Eau) Gazeux (air) Lumineux (Feu)
Certaines écoles grecques tenaient par ailleurs
compte d’une cinquième modalité, (la fameuse quintessence) à savoir l’Ether,
qui correspond au Ciel et qui a été évacué par la suite. Le lien au Ciel a été
coupé, exactement comme dans l’évolution de la structure de la rizière.
On ne doit pas opposer,on peut tout à fait raccorder le modèle grec à 4
et le modèle chinois à 5. Ainsi, Maud Ernoult, dans son « Manuel complet
de médecine chinoise et de shiatsu », présente-t-elle comme suit le modèle
d’Hippocrate.
Dans sa théorie des humeurs, il observe le corps et l’esprit
selon ces quatre modalités :
Air/Printemps/type sanguin – correspond au Bois
Feu/été/type colérique – correspond au Feu
Terre/Automne/type mélancolique – correspond au Métal
Eau/hiver/type lymphatique – correspond à l’Eau
Il est juste intéressant de constater que, dans les modèles
grecs, une fois il manque le Ciel, une fois il manque la Terre au centre. L’Homme a
vraiment perdu, au cours de son évolution, la conscience et la reconnaissance
de sa connexion Ciel/Terre.
5 mouvements, 5 chiffres, et de multiples déductions
Pratiquant le shiatsu, nous considérons qu’il y a bien 5
mouvements qui sont des caractéristiques de l’énergie. Il nous est en effet impossible de faire l'économie du centre, qui est la Terre :
Eau : conservation et écoulement vers le bas.
Feu : chaleur et mouvement ascendant
Bois : croissance, impulsion
Métal : Décroissance, tendance à trancher et restreindre
Terre : production, transformation
Il y a une raison à l'attribution des chiffres.
Un l’Eau car le
fondement de toute manifestation
Deux le Feu, car il est ambivalent (lumière et chaleur)
Trois le Bois, car le ternaire évoque tout phénomène visible
de la vie (Yin, Yang et leur relation)
Quatre le Métal, car il est par contre « sans
vie » (les Japonais évitent de prononcer quatre « shi » car ce
son est le même que celui du verbe « mourir », ils disent « yon »).
Cinq la Terre-Mère, au centre, le Centre indifférencié, le
moyeu de la roue.
On peut, à l'infini, jouer avec les caractéristiques des 5 mouvements, par exemple, les points cardinaux :
La Terre est bien au centre
Nord, Eau : le froid et l’humidité viennent
de là, on leur tourne le dos
Sud, Feu : on se tourne par contre vers le
Feu, l’Empereur
Est, Bois : l’énergie Yang monte, l’énergie
Yin décroît
Ouest, Métal : l’énergie Yin monte,
l’énergie Yang décroît
Notez que le Sud est en haut, car le Feu monte, et le Nord
en bas, car l’eau descend. Mais aussi, on se tourne vers l’Empereur qui est le
Feu. Aujourd’hui encore, cette disposition cardinale est parfois utilisée. Je
suis tombé ainsi une fois à Tokyo sur un plan de ville avec le Sud en haut, ce
qui m’a valu de partir du mauvais côté.
Le carré magique
Une autre lecture ajoute la Terre à chaque mouvement, c’est
la disposition en carré magique de trois. Souvenez-vous de la division de la
Terre en 9 carrés. Rapportons-y les 5 mouvements et nous obtenons un schéma que
nous a partagés jadis Kawada Sensei et qui correspond au cycle d’engendrement
des 5 mouvements.
A chaque mouvement on ajoute la Terre (chiffre 5). L’eau 1
+5 la Terre = 6, donc 1-6 et ainsi de suite. De cette façon, le mouvement
Terre, l’Intersaison, le recentrage, l’assimilation et en quelque sorte la
digestion de la période qui précède sont pris en compte avant d’évoluer vers la
suivante. Et il y a bien sûr l’Intersaison majeure qui suit la fin de l’été
/mouvement Feu.
5 mouvements dans tout
Le docteur Serge Desportes (« Les cycles du Ciel et de la
Terre ») nous rappelle que le symbole « 5 mouvements » est à l’origine de toutes
les classifications astronomiques, du comportement rituel, de l’organisation
sociale, des vertus civiques, des devoirs impériaux, de l’organisation
psycho-physiologique en médecine et, en fait, de toutes les questions sur
l’organisation et le fonctionnement de la dynamique vitale sous toutes ses
formes.
La théorie des cinq mouvements constitue, selon le Pr Eric Marié (in
« Précis de Médecine Chinoise ») une méthode de classification de
l’ensemble des objets et des phénomènes.Ils sont des étapes particulières dans les mutations du Qi,
interdépendants et en permanente relation, reliés entre eux selon 4 modalités
(cycles d’engendrement, de contrôle, d’exploitation et d’outrage).
Laissons là les grilles de lecture...
Les 5 mouvements nous permettent de réconcilier en une même lecture les axes
vertical et horizontal. Nous les retrouverons partout,
dans le diagnostic, les types physiologiques, les méridiens, les directions,
les saisons, le cycle circadien et… en nous-mêmes.
Reconnaissons l'intuition géniale des Chinois, capables de synthétiser ainsi l'essence de l'Univers en un système qui fonctionne à tous les niveaux.
Ainsi de nous, sur notre tapis, entre Ciel et Terre, posés sur le Sol, participant à ces mouvements permanents de l'énergie en nous et autour de nous.
Il n'est pas nécessaire de se rappeler tout cela en travaillant, mais, simplement, de nous sentir en harmonie avec le Tout, dont nous ne sommes pas séparés.
A notre juste place.
Quand nous nous positionnons sur le tatami et que notre
client s’allonge, il y a tout cela. Vertigineux et enthousiasmant ! Zoom arrière, disais-je en commençant. Je ne m'imaginais pas aller jusque là.
Comme je dis à mes client(e)s : « le shiatsu,
c’est formidable ».
De bonnes lectures
Docteur Serge Desportes : L’homme sous le Ciel – Les
signes et les origines – Les cycles du Ciel et de la Terre
Professeur Eric Marié : Précis de Médecine Chinoise
Alain Daniélou : Shivaïsme et tradition primordiale
Maud Ernoult : Manuel complet de médecine chinoise et
de shiatsu