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Wednesday, 10 July 2019

Travailler sur votre corps, changer votre vie, changer le monde



Les effets du shiatsu dans l’espace-temps


Dans cette vidéo, j’évoque rapidement les changements que la pratique régulière du shiatsu peut apporter dans votre corps et, par la suite, dans votre vie, notamment en matière alimentaire.

En effet, si le rééquilibrage énergétique se ressent en tout premier lieu par l’installation d’une détente, la disparition d’une tension, l’allègement d’un symptôme, un sentiment de bien-être... un autre travail se fait graduellement en profondeur. 




Comme toujours, recevoir régulièrement un shiatsu est la meilleure façon d’expérimenter des changements à tous les niveaux, sur vous-même et même… autour de vous.

Non pas que ce soit systématique, ou un but en soi, mais si ces changements sont nécessaires, ils apparaîtront au grand jour et vous trouverez la force de les réaliser.

L’image pourrait être celle d’un caillou jeté dans un étang. Le caillou va faire jaillir de l’eau avant de remuer les profondeurs d’habitude immobiles (axe vertical), voire soulever un peu de vase, tandis que des ondes concentriques se propagent, de plus en plus larges (axe horizontal). Ces axes verticaux et horizontaux se retrouvent à la base même, dans l’étymologie du  mot « shiatsu » - voir article précédent « Ce que peut vouloir dire shiatsu » .

Développons donc l’analogie (manière très chinoise de penser, je vous rappelle) entre un traitement shiatsu et un caillou jeté dans un étang et suivons son mouvement vertical, tout en tentant d’identifier la nature des cercles concentriques qu’il propage horizontalement autour de lui.



Déjà avant de commencer la séance…


Nous parlons de shiatsu, donc nous sommes clairement dans la matière et en même temps, nous touchons à des énergies bien plus subtiles.  L’image du caillou qui crée des ondes en rappelle une autre, plus immatérielle, celle du champ gravitationnel, tel que décrit par la théorie de la relativité générale d’Einstein.

Aurélien Barrau sera ici un bon guide. Cet astrophysicien est justement célèbre par sa capacité à expliquer clairement les théories les plus abstraites.

En préparant cet article, je suis tombé sur une de ses conférences sur le Temps (vous pouvez la regarder, mais elle nous entraîne loin du shiatsu).


Il y explique ceci, qui va bien nous intéresser pour nos shiatsu : l’espace et le temps se distordent eu égard à la présence des corps. On ne peut plus penser comme si les corps étaient plongés dans l’espace et le temps (vision Newtonienne), car Einstein nous a appris il y a un peu plus d’un siècle que l’espace et le temps sont en interaction avec les corps. La manière dont ceux-ci varient dépend donc de ma présence. Il y a interaction réciproque. 

L’espace-temps est un raz-de-marée, nous sommes des vaguelettes sur ce raz-de-marée, et nous avons une maigre influence sur sa structure. Quant au champ gravitationnel de la Terre, il est plus intense au niveau des pieds que de la tête et donc, les pieds vieillissent moins vite. La présence d’un objet massif, la Terre, influe sur l’écoulement du temps (et il paraît même que nos GPS incluent ce paramètre pour une localisation précise). 

Il y a ici deux idées intéressantes pour nous :

  1. La seule présence d’un corps tord l’espace-temps, donc, même à notre petit niveau, s’installer à côté de notre client va modifier immédiatement les paramètres de son existence ;
  2. Le temps s’écoule moins vite plus on se rapproche du sol. Se coucher par terre donne d’office une pulsation plus lente.

On savait que la séance commence dès la prise de contact, mais la science nous explique donc ce qui se passe dans l’espace-temps. 

Notre seule présence va influencer, d’où l’importance de la qualité de la présence, tranquille et aimante, et qui par moments sera même effacement et absence. Travailler sur les autres, c’est d’abord beaucoup travailler sur soi !

Quant au travail au sol, il n’est plus seulement une tradition japonaise ou une manière d’ancrer dans la Terre, la science nous dit qu’il ralentit (infinitésimalement, mais quand même) l’écoulement du Temps.

Voilà pour l’image globale (the big picture) et vous remarquerez l’analogie de la courbure de l'espace-temps avec la photo de la pierre qui vient de tomber dans l’étang.

Et maintenant, passons au toucher.



Les effets immédiats du toucher


Le toucher, c’est la porte d’entrée et la signature du shiatsu. Il y a l’effet immédiat, le caillou touche la surface de l’eau. Et des choses bougent.

Parfois, poser les mains suffit déjà pour sentir. Le corps se détend, un soupir s’exhale, la respiration s’amplifie, les yeux se ferment. On peut même sentir comme une plongée, effectivement.

Même pour quelqu’un dont c’est le premier shiatsu, il y a un effet immédiat. Souvent, en fin de séance, la personne reste tranquille, n’a pas envie de bouger, reste allongée les yeux fermés. Rester dans le ressenti et goûter à l’instant : c’est parfait.   

Je laisse un peu de temps entre deux séances pour ne pas, justement, devoir se jeter à nouveau trop vite dans le flux du temps linéaire. Je finirai par installer un deuxième futon, de sorte que ceux et celles qui le souhaitent n’auront pas besoin de se lever et de partir tout de suite pour laisser la place au suivant.

La détente induite semble bien effacer toutes contraintes de temps : je n’ai encore jamais vu quelqu’un sauter sur sa montre en fin de séance. 

Le visage parle. Il faudrait prendre une photo à l’entrée et à la sortie de la séance. Je dis souvent, au moment de se lever du futon : ah bien, ce n’est plus la (le) même.

C’est important de rester dans le ressenti goûté en séance. J’attire l’attention là-dessus, car après, c’est possible de le retrouver. Même si, souvent, il faudra plus qu’une séance…



Les effets à long terme du toucher



Quand on a pu être présent dans son corps et dans l’instant, le corps reprend peu à peu la place qui est la sienne, au quotidien. Le vortex créé par le caillou descend dans les profondeurs.

Je dis toujours à mes clients de s’observer au cours des jours qui suivent la séance : tout changement, par rapport à ce qu’on a voulu traiter, ou de toute autre nature est en effet intéressant à noter. Il peut y avoir une intensification temporaire des douleurs, nécessaire à une amélioration durable (le dit « effet Menken »). Mais pas systématiquement, uniquement quand quelque chose doit être évacué.

Les personnes qui ont pris l’habitude de venir régulièrement disent toutes qu’elles vont bien de façon générale. Non pas que le travail soit terminé, il y a toujours bien des déséquilibres. Mais le shiatsu retrouve son sens premier : ne plus tomber malade.

La répétition des séances amènera un effet à long terme, une espèce de consolidation, d’inscription dans la durée. Le corps sait, reconnaît. Il existe de nombreuses visions du corps, avec des niveaux d’énergie, du plus dense au plus subtil, du purement physiologique aux vibrations spirituelles de l’aura et au-delà. Un Oriental, de toute façon, considère la globalité. Et donc, les pressions sur les points travaillent bel et bien en même temps les aspects physiologique, émotionnel, psychique, spirituel… 

Les émotions sont un aspect important. L’émotion est un ressenti qui pointe toujours vers la plénitude, vers le contentement, dit Eric Baret. 

Et nous savons que le Shen seul ressent les émotions, même si celles-ci agissent sur les organes. 

L’Emotion première et ultime, dont les autres ne sont que des altérations, c’est la Joie de vivre. Et très souvent, au long des séances, l’humeur s’améliore : les séances de shiatsu deviennent des échanges joyeux. Des choses lâchent. Les nuages qui cachaient la lumière s’estompent et le soleil réapparaît. Sol Invictus. Shen = Ciel = Joie = Empereur.

Voilà que l’axe vertical créé par notre caillou part du fond de l’Eau symbole de l’Inconscient et rejoint le Soleil, pas seulement celui qui se reflète dans l’Eau. Nous sommes à nouveau, par le toucher, dans l’axe vertical Ciel/Homme/Terre.


Au-delà du corps : la prise de substances


Intéressons-nous maintenant aux effets horizontaux, ces cercles concentriques qui s’élargissent jusqu’à toucher les bords visibles de l’étang. C’est-à-dire : à distance toujours plus grande du point d’impact. Et d’abord, ce que j’absorbe de l’extérieur.

Puisque le corps reprend la direction des opérations, le ressenti va devenir plus présent. En matière alimentaire, notamment, ou de façon plus générale, dans la prise de substances, comme l’alcool, le tabac…

La sensibilité à « ce qui ne me fait pas de bien » prend le dessus sur les addictions, les assuétudes comme on dit, qui résultent d’un déséquilibre à compenser, généralement un manque affectif ou une fascination du mental.

Le corps réagit, mal, à ce dont il n’a pas besoin.  Ici, la norme est différente pour chacun. Et il faut évacuer la culpabilité : simplement savoir, que, si je cède à un besoin nocif pour moi, je ne serai pas bien, après. Cela permet d’espacer les excès, sans les supprimer. 

Face à la prolifération de régimes alimentaires frustrants et culpabilisants, tous contradictoires, je teste et ne garde que trois règles : je prends ce qui me fait du bien, en quantité raisonnable et je fais un « excès » de temps en temps. En la matière, la diététique chinoise expliquée par Jean Pélissier et adaptée à nos contrées me semble un bon guide. Le point étant que, devenu attentif à mon corps, je n’ai qu’à l’écouter pour savoir ce qui me fait du bien.



Au-delà du corps : la relation aux autres


Puisque nous sommes dans le Ciel Postérieur (énergie acquise), examinons la respiration. Les Poumons gouvernent le Qi, ils contrôlent le Qi protecteur (Wei Qi).  De façon générale, avec la vie sédentaire que nous menons, nous respirons mal. La pratique du Shiatsu vient peu à peu corriger cela, les personnes se redressent, les poitrines s’ouvrent et… l’interaction avec les autres peut changer.
C’est un paradoxe : ouvrir la poitrine nous rend moins vulnérables. C’est l’image des poumons comme les boucliers du corps : des boucliers, on met ça devant.

La pratique du shiatsu peut ainsi amener des changements de comportement, et dans les relations. 

C’est parfois étonnant. Ainsi, une cliente me confia récemment avoir arrêté de faire des achats compulsifs. Elle enchaîna dans la foulée qu’elle avait pris ses distances par rapport à un excès de travail et qu’elle avait pu exposer clairement à son mari les choses qui coincent dans son couple ! « Depuis que je viens… », c-à-d quelques mois.

C’est chacun son rythme, évidemment… Et en fonction des besoins. Prendre du temps pour soi, se centrer, se rééquilibrer, s’ouvrir… Tout cela donne une vision plus claire et peut changer la nature des relations aux autres. Si vous changez, les autres le sentent et s’adaptent.

La relation d’alliance avec le thérapeute


De même, la relation avec le thérapeute peut changer. Jean-Marc Weill appelle cela la relation d’alliance, égalitaire et non thérapeutique au sens habituel, où deux humains partagent un espace de dialogue, avec des contenus verbalisés ou non. On peut dire des choses qu’on ne pourrait pas dire dans un autre cadre. Il y a résonance des deux côtés, en liberté. Pas d’a priori et pas de jugement.

Une cliente m’a dit récemment : il y a le shiatsu, et il y a le fait qu’ici je parle de choses dont je ne peux parler avec personne d’autre.


Nous voilà déjà quelques cercles concentriques plus loin que l’épicentre de notre pouce qui fait des pressions.

Dans la lignée



Il reste à évoquer un dernier effet possible, à la fois dans la verticalité et l’horizontalité, car touchant à la lignée, représentée par l’arbre généalogique.

Le travail de nettoyage psycho-émotionnel au travers des Vaisseaux Curieux, tel qu’il peut avoir lieu à la demande lors d’une relation d’alliance, pourra également bénéficier à la lignée descendante. Je pense qu’on peut considérer également la ligne ascendante, suite à ce que nous apprend par exemple le travail systémique en Constellations Familiales.

Il y aura bien d’autres effets, autant que de personnes, autant que de besoins… Il y a les cercles concentriques que l’on voit et tout l’espace des possibles entre les cercles.


On peut décrire le processus : tout part du moment où client et praticien rapprochent leurs « champs gravitationnels » et où les mains se posent. Ensuite, le corps se rééquilibre, il retrouve sa pleine présence et sa prééminence, la respiration se remet en place, les habitudes néfastes s’estompent ou disparaissent, la relation aux autres devient différente, l’attitude face à la Vie évolue, les « casseroles » sont nettoyées, la Joie réapparaît : on devient un Soleil pour le monde. Une présence rayonnante. Sois le changement que tu veux voir dans le monde, a dit Gandhi.

Tout ceci uniquement selon ce que vous décidez pour votre vie, évidemment… mais ce monde de possibles existe bien, grâce au shiatsu.

Pas mal au départ d’une toute petite pression… ne dis-je pas à chaque fois que le shiatsu est un art merveilleux ?

Et vous, avez-vous, dans votre pratique (donner ou recevoir) constaté des effets étonnants, des changements de vie suite à un traitement ?

C’est ici l’endroit de les partager.


Dans la légèreté :

Tu commenças ta vie
tout au bord d'un ruisseau
tu vécus de ces bruits
qui courent dans les roseaux
qui montent des chemins
que filtrent les taillis
les ailes du moulin
les cloches de midi
soulignant d'un sourire
la chanson d'un oiseau
tu prenais des plaisirs
à faire des ronds dans l'eau


Saturday, 20 January 2018

Shinmon Shiatsu vous accueille dorénavant dans le quartier Schuman à Bruxelles

Ca y est ! Le déménagement a eu lieu.

Le local de Schaerbeek Boulevard Lambermont vous a accueillis pendant 7 ans et c'est sûr que le lieu s'est chargé de bonnes énergies !

Il était temps de le quitter pour de nouvelles aventures Shiatsu.

Entrée Pedicentre
Dorénavant, je vous accueille tous les jours de la semaine  sur rendez-vous entre 9h00 et 20h00 boulevard Charlemagne 47 à 1000 Bruxelles. C'est juste au coin du square Ambiorix, à 200 mètres du métro et de la gare de trains Schuman et à proximité de nombreuses lignes de bus.

Le nouveau cabinet
Shinmon Shiatsu a le plaisir de travailler chez et avec Pedicentre, dirigé par Dany Colot, référencé sur mon site comme le meilleur podologue et pédicure médical de Bruxelles, et je le pense réellement. Un même lieu vous offre donc un soin complet, des pieds à la tête.

Le local de shiatsu n'offre absolument aucune distraction : il y a vous, et moi, et le shiatsu qui a lieu à ce moment, pour une concentration optimale de l'énergie, et du soin.

Pour les personnes du Nord-Ouest de Bruxelles, ou qui ne reculent pas devant un déplacement, j'ai également aménagé un lieu de soins chez moi à Laeken/Jette..

Comme au Japon, on passe sous le Tori en s'inclinant
Bref, shiatsu quand vous voulez, et à deux endroits différents. Vous êtes les bienvenus(e)s, et mon énergie est maintenant disponible à 100% pour répondre à vos besoins. Il suffit de passer le Tori... une petite réflexion au passage !

C'est le (premier) grand changement de 2018, année qui est, pour beaucoup, synonyme de profondes évolutions.

Au plaisir de vous voir bientôt,

Mail : shinmon.shiatsu@gmail.com

Téléphone inchangé : 0471 40 56 95

Totale concentration de l'énergie


Wednesday, 14 December 2016

Le bore out : mourir d’ennui, ou presque


 Klara a dû arrêter de travailler. Diagnostic : bore out. Le bore out, c’est ce « syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui ». Le travail est tellement inintéressant, ou rare, qu’on s’ennuie, on ne se sent pas valorisé, et donc, on perd toute estime de soi, rien n’a plus de sens, on déprime, on est fatigué, on devient irritable, on n’arrive plus à dormir… Evidemment, le corps envoie des signaux d’alarme par tous les côtés. A priori, le bore out est le contraire du burn out, où on a tellement à faire qu’on craque, mais la conséquence est semblable : pendant une longue période de temps, on n’est plus capable de travailler.

Un problème de management

Il semblerait que 15% des employés s’ennuient au bureau. Le Dr Luc Swinnen, qui est une autorité en matière de stress management et de bien-être au travail (www.stressmanagement.be) questionne (article dans Jobat) la responsabilité du management, qui ne prête pas suffisamment attention à ces signaux, et n’est pas attentif à déléguer des tâches intéressantes. Pour lui, un remède consiste dès lors, pour l’employé en bore out, à être assertif et à revendiquer du travail ou du travail plus intéressant. Le problème, c’est que l’énergie manque souvent pour ce faire. Et j’ajouterais que l’on est souvent confronté, en plus, à un conflit de personnes. Devenue « indésirable », la personne en bore out est tenue à l’écart par un responsable. J’en ai même connu à qui on disait de rester chez eux, tout en étant payés. Tout comme le Dr Swinnen, je pointerais d’abord du doigt le management car c’est un poste à responsabilités, y compris celle d’anticiper et de résoudre les problèmes, où que se trouve la « faute ».

Toutefois, la littérature professionnelle et l’expérience montrent qu’il y a peu de chance de faire bouger le management (le middle management représentant trèèèèèèès souvent la pire couche d’immobilisme en entreprise ou en institution). La meilleure solution consiste en fait à partir de là. C’est ce qu’a fait Klara.  Elle et son employeur se sont quittés, pour reprendre le ton souvent hypocrite des communications d’entreprise, « de commun accord » et elle est maintenant à la recherche « d’un nouveau défi ». Enfin, cela, justement, reste à voir.

Car, malgré tous les efforts qu’elle fait pour se remotiver et se remettre à la recherche d’un travail, Klara n’y arrive pas vraiment. Elle ne voit rien d’intéressant dans les annonces, ne voit d’ailleurs pas bien quoi faire et n’a pas d’énergie pour entreprendre grand-chose. De plus, elle subit la pression de son entourage qui trouve qu’elle est restée suffisamment longtemps à la maison, qu’elle n’est pas malade, et qu’il serait temps de s’y remettre.
Changer de vie

Parmi les personnes qui viennent en shiatsu, nous avons évidemment des personnes qui, comme Klara, et à des degrés divers, font face à un changement de vie. Ce que bore out et burn out viennent nous dire, généralement, c’est : il est temps de changer de vie. Sinon ? Il y a de fortes chances que de multiples maux vont se déclarer, ou que les symptômes vont s’aggraver. Quand on est en bore out, sans énergie, c’est d’ailleurs qu’on a déjà nié les premiers symptômes.

Souvent, le médecin, à juste titre, a donné plusieurs mois (reconductibles) à la maison et, parfois, ces personnes ont entamé une psychothérapie ou un travail sur soi leur permettant d’explorer ce qui est là. Il est clair que la première chose à faire, c’est l’éloignement d’un environnement devenu toxique. En parallèle, il y a la reconquête du temps pour soi. Avec tous les pièges d’être à la maison, quand il s’agit de femmes, qui redeviennent des mères au foyer. Ce job-là à temps plein ne leur permet justement pas de se retrouver. De plus, il y a la pression sociale, comme dans le cas de Klara, les amis ou la famille qui trouvent qu’il est temps de retourner travailler. Là aussi, il va falloir la force de dire non.
Les mesures d'urgence : faire le vide et éloigner les toxiques

Le problème, comme au travail, c’est que de la force, justement, il n’y en a plus dans ces moments-là, pour claquer la porte, prendre de la distance, mettre des barrières. Il faut absolument du temps, et du temps rien que pour soi. La personne en bore out est arrivée à un extrême, est envahie de partout, et il faut expulser les envahisseurs.
Je félicite toujours ceux et celles qui m’avouent leur préavis de façon un peu honteuse, et je m’en réjouis avec eux : c’est sans doute une des plus belles années de leur vie. Payés pour se reconvertir, magnifique ! Ces derniers temps, il y a en plus cette autre pression politique de l’obligation de travailler, toujours plus, toujours plus longtemps et pour moins d’argent. Actuellement, il ne surgit plus que des politiciens en costume et à la mine sombres pour nous dire de travailler et de consommer en oubliant de vivre. Il est urgent de dire que non merci, et de travailler non pas à la survie d’un système qui coince de tous les côtés, mais à l’émergence d’un nouveau système. On me rétorque déjà : il faut bien avoir de l’argent. Exact, et on attend que se lèvent les vrais réformateurs qui mettront fin au non-sens ambiant et rendront à l’homme sa dignité, avec la satisfaction de faire des choses bien rémunérées qui font vraiment progresser l’humanité tout en préservant la planète.

Il y a nécessité donc de faire le vide, de se tenir à l’écart d’environnements et de personnes toxiques. Il vaudrait mieux partir seul(e), un certain temps. Quand on crée de l’espace en soi, uniquement, quelque chose de nouveau peut surgir. Jamais là où les décombres d’une ancienne vie encombrent.
Voilà pour les mesures d’urgence.

Libérer et reconstruire, avec l'aide du shiatsu

Plus qu'un traitement, le shiatsu est un art de vivre. En pratiquant ou simplement en recevant le shiatsu, la façon de vivre évolue, on comprend les choses autrement.
Il suffit de bien regarder le corps pour se rendre compte que nous ne sommes pas faits pour vivre de façon confinée, assis devant un écran, les sens émoussés, à faire des choses dont le sens souvent nous échappe. Nous sommes des coureurs des bois, cela n’a pas changé depuis la Préhistoire, nous avons besoin d’air, de mouvement. Plus nous sommes sédentaires, plus nous nous affaiblissons. Nous mangeons trop, et n’importe quoi, cela n’arrange rien.  Et nous sommes perpétuellement bombardés d’informations inutiles, angoissantes, avec la peur du lendemain.

Pour le bore out comme pour tout, si l’on considère les flux d’énergie, rien ne sert de s’obstiner dans ce qui bloque. Le perpétuel balancement du Yin et du Yang vient nous l’apprendre. Lorsqu’une polarité est à son maximum, l’autre est déjà présente et grandit. Il importe de discerner ce qui est déjà là et réclame de grandir. Jung parlait déjà de ce type de crise, qui arrive souvent vers la quarantaine. Il est temps de regarder l’autre versant et de se demander s’il n’est pas temps de faire autre chose, de faire moins, de faire autrement ou… de ne plus rien faire (de semblable).

Venir en shiatsu va permettre de libérer et de reconstruire. Il y aura sans doute un nécessaire passage par le lâcher-prise. On constatera peut-être que le « kikai », mer d’énergie vitale, est faible, tandis que le plexus est trop tendu. En d’autres termes, il y a déséquilibre, tensions, l’énergie est trop haut.  

Un bon travail de fond, sur Reins, Foie sera sans doute à sa place. Et nous n’oublierons pas l’énergie des Poumons, souvent perturbée, à cause de l’envahissement, parfois même la peau montre des rougeurs.  Ce sont des considérations générales, car chaque personne est différente et on ne peut vraiment juger que sur place.

Tout dépendra aussi du moment. Quand Klara me dit, en décembre, qu’elle a envie de rester chez elle et pas de courir les entretiens d’embauche, elle est 100 % à l’écoute de son corps et en harmonie avec l’énergie ambiante. On n’entreprend pas de grandes choses en hiver, on laisse monter les idées pour dans quelques mois, quand l’énergie reviendra. Le shiatsu permet de débloquer, et de déculpabiliser, aussi.

Je n’hésite pas non plus à conseiller de regarder ce qu’on a laissé de côté dans sa vie : un talent artistique, une activité manuelle, une aptitude sacrifiée à son métier et à la nécessité de gagner sa vie. C’est le moment de laisser surgir tout cela. Les longues promenades dans la nature seront également bénéfiques, par le travail qu’elles accomplissent toutes seules sur les poumons, les intestins, l’espacement des pensées…  

Le shiatsu offre donc une large palette  de solutions et permet toute une série de choses : écoute, lâcher-prise, soin de soi, relaxation, centrage, stimulation de l’énergie. On met littéralement le doigt sur ce qui ne va pas, et comme dit Kishi Sensei on enlève les pierres au milieu du ruisseau.

Même si il eût été préférable, dans ce cas comme dans tout autre, d’avoir commencé le shiatsu « quand tout va bien », car cela aurait sans doute permis d’éviter la cassure et d’assurer une transition plus en douceur.

Wednesday, 5 October 2016

L’esprit, ce grand malade (et ce que le shiatsu peut y faire)


Le dernier article partait de la constatation « les corps sont malades ». Nous avons pu en tirer certaines conclusions pour notre vie. Dans la logique de ce qui précède, me revient cette autre idée à laquelle je réfléchis souvent : l’esprit est un grand malade.
Pour bien nous accorder sur les concepts, j’entends ici par esprit : nos pensées, notre aspect intellectuel, dit « rationnel » qui raisonne (résonne), réfléchit, ordonne, perçoit et décide…
Cet esprit-là est un grand malade, parce qu’il est responsable des pires idées que nous ayons pu avoir au cours de l’histoire. C’est lui qui a décidé que nous étions séparés de la Nature, c’est lui qui nous a mis en tête ces idées de progrès, de perfection, d’ordre du monde, de croissance, de conquête, de domination, de puissance, de haine et on en passe…. C’est lui qui filtre la réalité et exclut tout ce qui ne passe pas par sa vision réductrice.
Je n’hésite pas à dire « grand malade », pas seulement malade, à l’image des points dits « raku » en shiatsu, qui témoignent de la lente incrustation d’un déséquilibre. La répétition d’idées et de pratiques néfastes de génération en génération implique que le sillon dans lequel nous sommes tombés est profond.
Et attention, qui suis-je pour critiquer ? Il est clair que chaque humain, du fait d’être humain, a ces tendances en lui, à des degrés divers. Moi pareil. En tant qu’humain, je ne fais que constater, en quelque sorte, de l’intérieur et de l’extérieur, les dégâts à l’échelle macro et micro que certaines de mes pensées peuvent provoquer.
Un de mes anciens professeurs n’hésitait pas à affirmer que l’homme est décidément une erreur de l’évolution. Et c’est vrai que nous nous comportons, en règle générale et par la loi du nombre maintenant, comme un parasite à la surface de la planète. Un parasite, c’est ce qui exploite et finalement fait mourir l’organisme porteur, et ne rend rien en échange.
Il suffit de prendre conscience  de quelques exploits de nos pensées et pratiques connexes pour s’en rendre compte :
·         Nous sommes apparus sur une planète vierge et pleine d’énergie et nous sommes en train de la souiller et de l’exploiter sans mesure ;
·         Nous sommes apparus sur une planète remplie d’une magnifique diversité de créatures animales et végétales et nous les exterminons ou les asservissons sans pitié ;
·         Nous sommes apparus sur une planète riche et nous l’appauvrissons ;
·         Nous sommes apparus sur une planète incroyablement belle et nous l’enlaidissons avec nos constructions et nos villes ;
·         Nous nous entêtons à tracer partout des lignes droites, alors qu’il y en a peu ou pas dans la nature ;
·         Nous passons notre temps à exterminer d’autres humains, physiquement ou économiquement,  et nous gaspillons les ressources pour ce faire ;
·         Nous sommes apparus sur une planète libre et ouverte, et nous plaçons partout des barrières, des frontières, des limites ;
·         Nous sommes apparus sur une planète où le jour alterne avec la nuit, mais nous avons relégué le calme, la poésie et la profondeur de la nuit au rang de nos peurs et de nos insomnies, au point de ne même plus pouvoir voir les étoiles;
·         Nous sommes apparus sur une planète innocente, mais nous avons inventé le Bien et le Mal, défini le Mal selon l’air du temps et tenté de l’exterminer ; 
·         Nous sommes apparus sur une planète où tout le monde pouvait trouver sa subsistance et nous avons créé les riches et les pauvres ;
·         Nous sommes apparus sur une planète où tout se recyclait et nous avons produit des choses non- recyclables et polluantes ;
·         Nous sommes les derniers à être apparus sur cette planète et, normalement, les derniers arrivés se font discrets et tentent de se faire accepter, mais nous nous sommes arrogés le droit de tout voler et avons pensé que les autres créatures devaient s’adapter à nous.
Vous pourrez compléter la liste de milliers d’exemples, à l’échelon planétaire ou même dans votre vie de tous les jours. Alors, à lire  tout cela, sommes-nous une erreur de l’évolution ? L’évolution décidera. Elle n’a pas hésité, par le passé, à réaliser plusieurs extinctions, pour tout recommencer. C’est clair que s’il y a un jour un tribunal cosmique, nous risquons d’être condamnés à errer dans le Vide Absolu pendant quelques éternités pour notre mauvaise conduite et mauvaise gestion.
Que nous devons, en grande partie, aux lumineuses idées qui hantent notre cerveau : puissance, domination, exclusion, profit, séparation, destruction, peurs, analyse, ligne droite, peur du manque, obsessions… Le tout formulé en archétypes, religions, philosophies, sciences clamées par nos grands penseurs. Car nous avons inventé des histoires  et nous avons tenté de légitimer notre inconduite, voire de rejeter la responsabilité sur d’autres forces, dites maléfiques.
D’autre part, l’humain a quand même d’autres qualités, que l’on décrit plus volontiers comme des qualités du cœur : amour, douceur, compassion, respect, gentillesse, protection, attention… Et tous, également, nous nourrissons et pratiquons ces qualités à certains moments plus que d’autres. Il y a également eu, tout au long des derniers millénaires, des esprits éclairés qui ont bien tenté de nous retenir ou de nous montrer autre chose. Ce sont les grands sages, les grands artistes, les visionnaires… Mais on ne peut que constater que – quand ils n’ont pas été carrément ignorés ou éliminés - leur influence – réelle – est restée limitée.
Se battre contre la pensée ambiante avec des raisonnements, c’est se battre à un contre cent. Même les plus braves succombent sous la loi du nombre. C’est peut-être pour cela que la croissance globale en humanité de celle qui se nomme elle-même l’humanité est dérisoire depuis que nous conservons la mémoire de notre histoire. Il ne semble y avoir d’issue que dans le ressenti.
Alors, l’esprit, ce grand malade ? Bien entendu. Il ne faut pas être « bien dans sa tête » pour gérer si mal la planète et les relations entre les gens.
Mais que faire ? Si je regarde tout cela avec ce que m’a déjà appris la pratique du shiatsu, je peux en tirer certaines conclusions :
-          La maladie est le signe d’un déséquilibre, en l’occurrence profond. Ce déséquilibre consiste à accorder la primauté à cette partie destructrice / hyperactive de nous-mêmes et à refouler la partie créatrice / réceptive. Il faut rééquilibrer, c’est-à-dire permettre l’auto-guérison, en favorisant les énergies créatrices, positives et en atténuant les tensions.  

-          En termes imagés et très généraux, nous sommes « trop hauts ». L’énergie est en haut, non ancrée, décollée de la Terre. Le point d’équilibre du corps ne peut pas être dans la tête. Les pratiquants d’arts martiaux le savent bien. Test : poussez quelqu’un. S’il perd l’équilibre, son énergie est trop haut, il n’est pas ancré.

-          Eliminer le symptôme ne permet pas d’éliminer la cause de la maladie. Heureusement, car vu le nombre de symptômes décrits ci-dessus, on n’y arrivera pas tout seul. Enormément d’humains sont actifs sur le plan des symptômes, où ils font un travail remarquable, énergétique, scientifique, économique, écologique… Notre travail, en shiatsu, s’adresse à la racine des symptômes.

-          En prenant du recul, si l’on veut lire tout cela à la lumière des deux grands principes d’énergie Yin et Yang, on constate que le Yang est beaucoup trop fort. Les dégâts décrits ci-dessus sont des effets du Yang, qui suragit. Le Yin, réceptif et ouvert, ne trouve pas à s’exprimer de façon suffisamment visible. « Yang can be very stupid », disait Ohashi Sensei lors d’un récent stage. Indeed. Plutôt que de s’opposer frontalement au Yang, avec le risque de perdre, il vaut mieux nourrir le Yin en nous. La tension n’est là que parce qu’il n’y a pas assez de tension en face. Kawada Sensei préconisait également, lors de ses cours, de ne pas affronter le Yang, mais de toujours nourrir l’énergie vitale en nous, en premier lieu.

-          Si nous reprenons l’idéogramme « HITO », évoqué dans l’article précédent, nous constatons qu’effectivement, et à nouveau, le travail consiste à reprendre notre juste place, entre Ciel et Terre. Accueillir en nous, et faire le lien entre le Yin et le Yang, permet de laisser s’exprimer leurs qualités positives.

-          A chaque organe sont associés, en MTC, une psychologie, une attitude, une aptitude mentale. Ce sont les entités viscérales. L’entité viscérale « I » , rattachée à Rate Pancréas,  gère tout ce qui touche à la pensée, à la mémorisation, à la réflexion. En excès, « I » donne l’obsession du passé, le ressassement des idées, les idées fixes. « I » est généralement en excès.  Il est certain que notre mode de vie et notre alimentation sur-sollicitent « I ». Tellement de clients se plaignent du carrousel dans leur tête, qui ne peut plus s’empêcher de tourner, même quand ils veulent se reposer. Il s’agira donc de diminuer la part accordée à cette fonction, au profit d’activités non-intellectuelles, par exemple, et non-connectées via le monde virtuel. Il est clair aussi que la mauvaise alimentation, essentiellement sucrée, vient nourrir le carrousel en question.

-          Une autre entité viscérale « Shin » (Shen) ne peut, du coup, pas faire son travail correctement. Shin est lié au cœur et gère la capacité de juger sainement, le discernement. Le méridien du Cœur a la charge du cerveau et est sur-sollicité. Shin ne peut réaliser son travail d’harmonisation globale quand les autres entités viscérales font n’importe quoi. Michel Odoul voit ici un rôle majeur de la pratique du Shiatsu : réaliser un travail d’harmonisation globale, rééquilibrer Shin, et donc notre gestion énergétique et émotionnelle du monde.
 

 
Seuls les idiots scient la branche sur laquelle ils sont assis. Si nous ne sommes pas idiots, il faut d’abord  reprendre conscience que nous sommes assis sur cette branche, en corrigeant notre vision du monde et en reconnectant à la fameuse « interrelation » des Bouddhistes. Si je détruis le monde, je me détruis. Je ne suis pas séparé.
La pratique du shiatsu n’est pas la panacée qui va résoudre tous les problèmes de l’humanité. Mais je suis convaincu que le travail sur le corps est la porte d’entrée vers tous les plans, physiologiques, psychologiques, émotionnels, spirituels. Au-delà des demandes spécifiques qui nous sont faites en séance et que nous prenons en compte, il est clair que nous travaillons en même temps sur l’empathie, l’interrelation, la connexion au Ciel et à la Terre, la communication entre les hommes et les femmes, l’harmonie, la détente. Et que donc nous contribuons, en nous et autour de nous, à un monde plus viable. Au fur et à mesure que le corps s’harmonise, que nous devenons plus conscients de et dans notre corps, notre façon de vivre et de penser se met à changer et nous devenons, nous-mêmes, acteurs du changement autour de nous.
 
 
 

Wednesday, 21 September 2016

Changer de vie pour éviter la maladie


« Les corps sont malades », me faisait remarquer une cliente récemment. Elle entendait par là que les gens ne sont pas bien, en général. Il suffit de regarder autour de soi ou de parler un peu pour s’en rendre compte. De fait,  notre corps est soumis à toutes sortes de contraintes pour lesquelles il n’est pas fait à la base : position statique trop longue et non-naturelle au bureau, environnement malsain, bruyant, pollué, suractivité intellectuelle, nécessité d’être le meilleur ou comme ci ou comme ça, pressions sociales, bombardement permanent d’informations anxiogènes souvent inutiles pour notre existence, nourriture surabondante modifiée et non-adaptée à notre style de vie, air de mauvaise qualité, météo déréglée, tensions entre humains qui obligent à rester en permanence sur ses gardes, surpopulation et manque de place, … et j’en passe. On a beau être résistant, comment être vraiment bien au milieu de tout cela ?

 Et tout étant lié, j’ajouterais : les esprits, les cœurs, les âmes, l’environnement, la civilisation, le monde… sont malades. Malades, c’est-à-dire : privés de bonne santé joyeuse, privés de la sensation profonde de bien-être au niveau de toutes les cellules. Et cette non-santé s’exprime par de multiples symptômes, physiques, psychologiques, émotionnels, spirituels.

Quel enfer nous avons fait de notre existence, à la base relativement insouciante… Il suffisait au départ de trouver à manger et d’éviter de se faire manger, dans un environnement sain. Sans prêcher le retour au paléolithique, on doit quand même reconnaître que le magnifique « progrès », censé nous apporter la belle vie, a contribué fortement à la dégradation de la qualité et de l’intensité de celle-ci, en même temps que de l’environnement.  On ne doit plus trouver à manger, en Occident, mais on doit travailler pour cela, à des choses qui n’ont rien à voir. C’est un déplacement de focus, sans plus. Et tant de personnes ne voient plus le sens de leur existence.

A la fin des vacances, on entend souvent cette remarque : « en quelques jours, j’ai perdu tout le bénéfice de mes vacances ». Mais oui… La vie plus tranquille, au grand air et au soleil, l’esprit détendu, la découverte de beaux endroits, la douceur de se laisser vivre ne sont-ils pas plutôt notre condition naturelle ? Il suffit de se replonger dans des conditions non-naturelles, dans un milieu « toxique », pour que le corps rechute très vite. Et n’oublions pas que le corps ne ment jamais, même si notre mental va tenter de nous persuader que c’est la vie et qu’on ne peut pas y échapper, ou encore nous susurrer que nous sommes forts. Ne pas écouter les signaux du corps mène, à terme, à la maladie, à la dépression, au burn out… La maladie, le mal-être même simplement, appellent le changement. Persister, c’est risquer l’aggravation de la situation, avec la mort prématurée au bout du chemin.

Les corps sont malades, les corps appellent le changement. Il est clair qu’une vie plus naturelle s’impose. Il est clair que quelques heures de travail par jour suffiraient bien à assurer notre subsistance. Mais le système, dans son état actuel, semble s’acharner dans l’autre sens : toujours plus, en échange de toujours moins. Trop de Yang appelle l’apparition du Yin. La réaction s’amorce. Il faudra toutefois encore des années pour de vrais changements au niveau « macro ».

Quant au microcosme, c’est-à-dire nous-mêmes, les « proto-Chinois» ont découvert depuis longtemps qu’il suit les mêmes lois que le macrocosme. On peut le prendre aussi dans l’autre sens. En travaillant maintenant déjà sur nous-mêmes, en mettant le changement en place dans notre vie sans attendre, nous finirons par répandre autour de nous une bonne influence.

Les corps sont malades, soignons donc notre corps, le mieux possible, en prenant soin de nous, en nous accordant du temps, en investissant dans notre vie (ailleurs, il n’y a quand même plus de rendement). Je suis convaincu que prendre soin du corps, c’est prendre soin de l’Etre, comme dit Jean-Yves Leloup, c’est-à-dire du mental, des émotions, de l’âme… Ohashi Sensei faisait remarquer qu’il fallait aussi tenir compte de notre environnement, de nos interactions multiples, pour saisir la totalité de l’Etre. Je le crois volontiers. Le shiatsu, en « prise directe » sur le corps, est pour moi la porte d’entrée de tous les changements dans notre corps, et donc dans notre vie, et même autour de nous. En touchant le corps, l’harmonie et l’équilibre se réinstallent, à tous les niveaux.

De cette façon, nous connaîtrons et sentirons à nouveau notre vraie place : l’homme entre Ciel et Terre, symbolisé par l’idéogramme « Hito » en Japonais. L’être humain se nourrit de l’énergie du Ciel et de la Terre. Il s’agit donc d’être à notre juste place, et d’être capable de retrouver le chemin vers cette « oasis intérieure » à tout moment. Nous aurons alors la force de supporter les circonstances extérieures, au minimum, de les transformer ou de les transcender, idéalement.

Wednesday, 7 September 2016

Le shiatsu touche à tout

Qui a déjà vu ou touché une pensée ?


Qui a déjà vu ou touché une émotion ?
Qui a déjà vu ou touché une âme ?

Personne ! Pas même la science avec ses microscopes ! Nous voyons les effets de ces niveaux subtils sur nous-mêmes et sur les autres. C’est tout. Nous ne savons pas ce que c’est,  ni où c'est, nous voyons ce que cela fait.
Mais nous pouvons voir et toucher notre corps, ou d’autres corps. Ironiquement, le toucher, qui est à la portée de tous, est le sens le plus mal considéré, même dans notre Occident en apparence si libéré. Nous ne nous touchons plus, nous n’osons plus. Trop de connotations, trop d'idées là autour, qui viennent du mental, soit dit en passant. Nous devenons comme des entités qui évoluent l'une à côté de l'autre, enfermées dans leur bulle et "communiquant" à un niveau virtuel.

Or, un simple toucher, le franchissement d'un invisible barrage de quelques centimètres, permettrait déjà d'apaiser tellement de tensions, de problèmes entre personnes, d’agressivité, de solitude… On le voit bien : il suffit déjà de simplement poser les mains pour qu'une détente s'installe, la respiration s'apaise. Il y a l'intention, évidemment : le toucher se doit d'être bienveillant.
Quand commence la séance de shiatsu, le toucher reste bienveillant, et se fait équilibrant, régénérant, apaisant, dynamisant, selon les besoins. Il permet au corps du client de se rééquilibrer. Stéphane Vien fait remarquer que, si les mains sont au niveau du Coeur, ce n'est pas par hasard. il y a en shiatsu un engagement total du praticien : le hara (centre d'énergie) pousse, le coeur a l'intuition d'où aller (et guide donc les mains), la tête dit ce qu'elle veut (il y a évidemment un savoir là derrière).

Tokujiro Namikoshi, un des pères du shiatsu, disait «  le shiatsu est comme l’amour maternel, il fait couler les ruisseaux de la vie ». Puis il éclatait d’un grand rire, HA HA HA. Le toucher est inconditionnel, il permet à l'énergie de circuler, mieux, de jaillir. Beaucoup de points en shiatsu réfèrent à l'eau et à son jaillissement. Le jaillissement implique une pression, une vitalité. Il est joyeux. Toucher rend joyeux, celui qui touche et celui qui est touché. 

Ce qui me paraît propre au shiatsu, c'est qu'en touchant le corps, nous travaillons aussi sur les pensées, les émotions et le spirituel. En Orient, l'être humain forme un tout, on ne le dissèque pas en plusieurs parties avec chacune leur spécialiste. Bien sûr, on peut faire des thérapies psychologiques, émotionnelles ou avoir une pratique spirituelle, et on obtiendra des résultats selon les besoins. Mais le shiatsu va toucher à tout, et va permettre le rééquilibrage. La première porte d’accès du monde subtil, c’est le corps, indissociable du reste. Question de vibration : la matière et l'énergie subtile sont une seule et même chose, seule la fréquence de vibration change. Tout le monde n'est pas capable de se transporter et d'agir sur les plans subtils. Par contre, tout le monde peut toucher tout le monde.
Mon Maître Y. Kawada disait que les psychopathes, tueurs en série et autres, étaient devenus insensibles à la souffrance humaine et au ressenti des autres, parce qu'ils n'avaient pas été touchés. C'est pourquoi il étaient séparés, sans état d'âme. Bien sûr, être touché, recevoir de la bienveillance et de la chaleur détend,  rend bienveillant et supprime la distance, la séparation d'avec les autres. Cela amène l'empathie et la compassion. Autant commencer très jeune en famille : j'encourage toujours les mères à masser leurs enfants. 
Notre mission de thérapeute en shiatsu, au-delà de l'écoute et de la prise en charge des demandes précises qui nous sont formulées et qui sont des symptômes,  est de toucher l’être en son entier et de le reconnecter à sa joie de vivre. Derrière les nuages, le soleil brille en permanence. Le sourire du client ou de la cliente, quand il ou elle nous dit "au-revoir", est notre plus belle récompense.