Showing posts with label Stephane Vien. Show all posts
Showing posts with label Stephane Vien. Show all posts

Friday, 13 July 2018

Les merveilleux effets du stage de shiatsu 2018 – Kenbiki et mobilisations passives, avec Stéphane VIEN.


Derniers moments en Bretagne, appuyé contre un arbre près d’une tombe mégalithique, pour vous parler du stage de vacances de cette année.

C’est le troisième stage que je fais avec Stéphane Vien Espace Shiatsu  – avec un plaisir sans cesse renouvelé, et augmenté. Ce stage 2018 fut extraordinaire, sous de nombreux aspects.


D’abord, il faut souligner que Stéphane Vien est un enseignant exceptionnel.  Nous nous sommes trouvés jadis au hasard de publications sur Internet, puis rencontrés, et le courant passa immédiatement. Il enseigne de belles techniques, créatives et à l’écoute, utilisables immédiatement, et transmet sa  grande expérience, avec tellement d’humour et de simplicité. 

No nonsense, restons détendus nous-mêmes. Ce serait un comble que de se crisper autour d’une croyance, d’une technique, d’une pratique, d’une vision. On quitte le stage, et on a envie d’appliquer, de tester, d’expérimenter ces nouvelles choses qui améliorent notre façon de travailler. Mais en plus, Stéphane Vien évoque à chaque fois le « isshin denshin », expression japonaise qui veut dire « de mon cœur à ton cœur ». Il l’évoque, et il le fait. C’est là la véritable transmission, au-delà des mots. Le cœur du Maître est un trésor, et ce trésor rayonne, inépuisable, pour qui sait le ressentir. Passé ce stage, je me sens grandi, plus loin sur le chemin.


Merci à Stéphane Vien et à ses deux assistantes, Martha et Laura, qui n’ont pas ménagé leur peine pour que chacun retire le maximum du temps passé à apprendre et à échanger.

Un art comme le Shiatsu comporte des aspects exigeants. Répéter les gestes, par 35 degrés dehors, à genoux pendant 8 heures par jour dans un hall des sports m’a bien fait  transpirer.  Le shiatsu, c’est très physique. Mais voilà , c’est une façon de repousser les limites, de travailler l’endurance, de rester disponible jusqu’au bout pour les personnes qui passent sous nos mains. Comment rester frais et dispos pour ceux qui viennent en fin de journée ? C’est aussi un apprentissage. Le lendemain matin, le lever se fait d’un bond, avant le réveil. Donner de sa personne rend fort et agile.

Il faut dire un mot du lieu. Bretagne, terre magique, comme l’écrit une belle amie à propos de ce stage. Merci à Vonnick Le Berre, parce que c’est sur ses terres qu’elle a eu la bonne idée de nous inviter. Et parce que ces terres-là nous régénèrent et innervent le shiatsu par leur vitalité…
c’est vrai ! Les bains de mer revigorants, les forêts profondes, les sites mégalithiques, le soleil généreux (et, inutile de le cacher, les excellentes bières locales) viennent revitaliser, détendre, ancrer. Ici, on est en contact avec le Ciel et la Terre, l’énergie des saisons, les Celtes et leur monde magique, la mélodie perceptible dans le souffle du vent… Tout ce que vous m’entendez dire pendant l’année quand nous parlons de ressourcement et de vie autre, tout cela est en Bretagne. Et donc merci à l’organisatrice

Cette année, il y eut une alchimie extraordinaire avec certains participants. Je dis alchimie, car je parle bien de transmutation, c’est-à-dire un changement d’état intérieur. Impossible de travailler avec tout le monde (nous étions 130 !), mais celles et ceux avec qui un échange fut possible, sur le tapis ou à la troisième mi-temps, me laissent un souvenir impérissable. Merci à Lili Ma, Stella Spit, Hervé Guillemot, Okeanos Neptune, David Millerot, Damien Benis, Morgane Caugant, Sakura Dojo, Valérie Mayeux, Olivier Vaillant, Gérard Guérin, Sonia Gourdel… Et j’en oublie, je m’excuse. 

Toutes personnes que, sans hésiter, en mon absence ou pendant vos vacances, je vous recommanderais avec joie, tant s’abandonner à leurs mains constitue une belle expérience.

Le toucher est communication, nous a dit Stéphane Vien au tout début du stage. Se laisser toucher ouvre le cœur, libère les émotions, fait sentir comme il est bon de vivre, et avec quelle intensité joyeuse ! J’ai trouvé, cette fois, des amies de cœur, car j’ai pu me laisser toucher. Une main se pose sur vous, et vous savez.

Il y a tout cela dans le shiatsu. Et tout cela, je ne le garde pas pour moi, je l’écris, je le dis, je le répéterai et surtout, vous pourrez le sentir, quand vous viendrez, à votre tour, prendre soin de vous.



Friday, 4 August 2017

"J'oscille" - Vivre en harmonie avec notre énergie

L'énergie... selon Erik Satie

 
« Personnellement, je ne suis ni bon ni mauvais. J’oscille, puis-je dire. Aussi n’ai-je jamais fait réellement de mal à quiconque – ni de bien, au surplus ». Erik Satie, Mémoires d’un amnésique – Recoins de ma vie.

Erik Satie, c’est ce musicien original, excentrique, provocateur, avant-gardiste, loin d’être compris en son temps (début XXème) et encore moins aimé.  Généralement,  ceux que leur époque rejette méritent que l’on s’y intéresse.

Or voici qu’en lisant les « Mémoires d’un amnésique », cette phrase me saute aux yeux et m’entraîne au cœur même de nos flux vitaux et de la pratique du shiatsu.


Je vous y emmène, en deux mouvements, réflexion et pratique.
 

1 er mouvement : comme les anciens Chinois, observons, et faisons des analogies


« Je ne suis ni bon ni mauvais. J’oscille ». C’est, résumé  en quelques mots, ce qui se passe avec l’énergie,  dans l’univers,  microcosme et macrocosme, et à tous les niveaux, du physique au plus subtil, du visible à l’invisible.

Comprenons « bon et mauvais » non comme des jugements de valeur, mais comme des qualités d’énergie opposées, des pôles, comme le « positif » et le « négatif » du courant alternatif.

L’oscillation, c’est le mouvement du pendule, du balancier de l’horloge, qui, une fois qu’il atteint son maximum, revient au centre puis atteint l’autre extrême, et ainsi de suite infiniment. Osciller implique un axe dont on s’éloigne et se rapproche sans cesse, sans jamais le perdre.

Dans l'Univers, tout oscille

Ainsi en va-t-il de notre énergie qui revêt différentes qualités. Nous oscillons entre Yin et Yang, en permanence, nous nous situons – toujours en mouvement – quelque part avec une part changeante de Yin et de Yang : une fois à gauche, une fois à droite, une fois en haut, une fois en bas, une fois Yin, une fois Yang. Et donc rien n’est jamais totalement Yin ou Yang, mais nous sommes un mélange dynamique, en perpétuel mouvement, l’un croissant et l’autre décroissant, et le tout s’inversant.

Il faut bien voir le Tai Ji comme un gif animé, et les hexagrammes du Yi Jing comme des représentations du changement.

Cette oscillation s’applique aussi à notre vie, à nos perceptions, à ce qui nous arrive. Mais nous oublions volontiers que nous oscillons, car nous avons besoin de catégories bien définies, de définitions péremptoires, de certitudes immobiles.  Toutefois, la Vie ne correspond pas à la vision qu’aime en avoir notre perception imparfaite et notre besoin viscéral de nous en détacher pour mieux la juger et la diriger.
Nous oublions donc, ou nous refusons de sentir  que nous oscillons. Nous aimons à nous définir comme blanc ou noir, bon ou mauvais, malade ou en bonne santé,  heureux ou malheureux, avec d’ailleurs une nette tendance à la négative. Erreur, car il suffit d’observer qu’il n’en est pas ainsi. Nous oscillons, nous allons de l’un à l’autre, en permanence.

La bonne sensation de l'oscillation

Les flux vitaux sont eux-mêmes oscillation : l’inspir-expir, la circulation sanguine, le fonctionnement du cœur, le processus de la digestion… et puis la valse des émotions, le torrent des pensées… Tout cela va et vient. Quand cela s’arrête, quand il y a stagnation, il y a problème ou… mort, au final.

L’oscillation fait appel à des sensations très anciennes. Pas de plus belle sensation que de faire la planche sur la mer et d’osciller doucement les yeux fixés au Ciel.  Et d’ailleurs, pour calmer un enfant, ne va-t-on pas le bercer, douce oscillation qui le ramène dans le mouvement de la Vie et lui fait oublier la douleur ou le chagrin qui le crispent ?

L’oscillation s’avère également pour les événements humains, au niveau individuel, d’une région, d’un pays, du monde... Une fois un extrême atteint, nous repartons vers l’autre extrême. Les enchaînements de cause à effet font que beaucoup de choses deviennent prévisibles… si du moins, nous prenions le temps de regarder tout cela un peu largement.

Et last but not least... Toute la Terre oscille sur son axe, et c'est ce qui donne le rythme immuable des saisons. En tant que partie intégrante de cette Terre, nous devons bien participer quelque part à ce phénomène.

En shiatsu, toujours en mouvement


Alors, nous, en shiatsu, qui aidons les personnes à se rééquilibrer, que faisons-nous ? La recherche d’équilibre signifie-t-elle l’arrêt au centre ? S’arrêter est stagnation, et donc contre le mouvement de la Vie. S’arrêter au centre ou ailleurs n’a pas de sens, c’est une rigidité, et un déséquilibre. Par contre, se connecter à et se placer en son centre et ressentir l’amplitude de l’oscillation font sens. Si le centre n’est pas fort, on va dans les extrêmes, il y a déséquilibre. Les vieilles balances à aiguille démontrent cela aisément, il y a toujours un léger balancement entre les plateaux.  L’équilibre consiste à intégrer ce mouvement perpétuel de l’énergie et à s’assurer que les plateaux de la balance ne penchent pas trop ni d’un côté ou d’un autre, car alors, le retour est plus compliqué.

Il y a donc l’oscillation, le mouvement perpétuel, autour et à partir du centre. A partir de cette compréhension, nous pouvons travailler.

Deuxième mouvement : pratiquons l’oscillation et le centre


Pour ressentir l’oscillation autour du centre, il suffit de s’asseoir en seiza, d’être attentifs et de ne pas retenir le mouvement. Naturellement, vous devriez commencer à osciller de façon circulaire, autour de l’axe CHOMAI, votre colonne centrale d’énergie. C’est très détendant. Vous pouvez imprimer une impulsion à gauche, puis à droite, mais c’est tout. L’oscillation, elle, vient naturellement, si on ne bloque pas. D’ailleurs, d’autres traditions font cela : les Juifs (ils oscillent en 2D, d’avant en arrière), les derviches tourneurs (en 3D, car circulaire)… L'oscillation qui me vient spontanément est circulaire. Pratiquez ce qui vient, et ne retenez pas.

Pour ressentir l’importance de partir du centre, tenez-vous debout et demandez à quelqu’un de vous pousser. Si vous n’êtes pas dans votre centre, vous allez basculer. Recommencez en vous concentrant sur votre hara et en faisant descendre l’énergie et la respiration dans le bas ventre. Vous allez être beaucoup plus stable et osciller, partir en arrière et revenir, pas tomber.

Partir du centre immuable

Car pour qu’il y ait oscillation, et non déséquilibre,  il faut  qu’il y ait un centre immuable et immobile, mais qui n’appartient pas au domaine de nos activités, duquel tout surgit. Les pratiquants de méditation et d’arts martiaux, les artistes, les personnes spirituelles et en contact avec la nature le connaissent et le recherchent.

 Masanobu Fukuoka, pionnier japonais de l’agriculture naturelle, en parle : « l’agriculture naturelle naît du centre immuable et immobile de l’évolution agricole. A mesure que les hommes se séparent de la nature, ils s’éloignent de plus en plus du centre. Dans le même temps, un effet centripète s’installe et  le désir de retourner à la nature apparaît. Mais si les gens se content de se laisser porter par une vague de réaction et partent vers la gauche ou vers la droite selon les circonstances, le résultat est un simple surcroît d’activité. On dépasse, sans le voir, le point d’origine immobile qui se trouve en dehors de la sphère de relativité ».

Il est clair que, par notre centre, nous sommes reliés à la nature, d’où tout provient et où tout retourne. D’où la grande force dont on dispose quand le centre est fort et éveillé.

Appliqué au shiatsu...

Le shiatsu est un art de vivre, il nous permet de travailler ces choses fondamentales, que ce soit en thérapie ponctuelle ou à tout moment :

  • Installés, bien établis dans notre hara, nous oscillons avec lui, effectuant naturellement les pressions, sans bloquer, sans raidir et si possible sans force. Stephane Vien parle du hara comme d’un chat curieux qui vient voir ce qu’on fait. Le chat passe en une seconde de la détente totale à une folle activité, si nécessaire. On peut se connecter à notre oscillation propre, c’est elle qui imprimera un rythme à nos pressions : gauche/droite, avant/arrière… Le shiatsu devient comme une méditation.


  • Nous voyons et sentons l’oscillation permanente de notre corps et de celui de nos clients, nous accompagnons et régularisons ces mouvements. Nous savons qu’il y a trop de Yang car trop de Yin ailleurs, et que Yang devient Yin et Yin devient Yang. Nous rendons au corps ses facultés de lever les blocages et de se remettre en mouvement.

 

  • Nous voyons dans nos vies et la vie de nos clients ce balancement perpétuel, à tous les niveaux et en prendre conscience est très apaisant. C’est très normal. Quand on va dans un sens, on revient déjà dans l’autre. Se centrer et limiter l’amplitude de l’oscillation sans l’arrêter, voilà le travail. Sachant cela, quand quelqu’un nous dit que rien ne va, c’est que cela va  changer. Mais l’expliquer ne débloquera rien, le faire ressentir, oui.

La pratique du shiatsu, au-delà du déblocage de problèmes ponctuels, permet, de façon profonde, ce recentrage et de renouer avec l’oscillation, la pulsation de la Vie. C’est là que le shiatsu s’avère le plus efficace, sur le long terme, ce que la plupart des clients réguliers résument par «  je me sens bien et je ne saurais pas vous dire pourquoi ». Il n’est, en fait,  pas nécessaire de formuler, mais il est bon, tout simplement, de se laisser aller sur la vague (autre oscillation) de bien-être.

La parole à Satie...

Et puisque nous devons toutes ces réflexions à Erik Satie, je vous invite à écouter une de ses pièces devenues célèbres, une Gymnopédie. Un musicien joue, lui aussi, connecté à son centre immuable, attentif à son oscillation profonde, et dans le lâcher.

 

Wednesday, 7 September 2016

Le shiatsu touche à tout

Qui a déjà vu ou touché une pensée ?


Qui a déjà vu ou touché une émotion ?
Qui a déjà vu ou touché une âme ?

Personne ! Pas même la science avec ses microscopes ! Nous voyons les effets de ces niveaux subtils sur nous-mêmes et sur les autres. C’est tout. Nous ne savons pas ce que c’est,  ni où c'est, nous voyons ce que cela fait.
Mais nous pouvons voir et toucher notre corps, ou d’autres corps. Ironiquement, le toucher, qui est à la portée de tous, est le sens le plus mal considéré, même dans notre Occident en apparence si libéré. Nous ne nous touchons plus, nous n’osons plus. Trop de connotations, trop d'idées là autour, qui viennent du mental, soit dit en passant. Nous devenons comme des entités qui évoluent l'une à côté de l'autre, enfermées dans leur bulle et "communiquant" à un niveau virtuel.

Or, un simple toucher, le franchissement d'un invisible barrage de quelques centimètres, permettrait déjà d'apaiser tellement de tensions, de problèmes entre personnes, d’agressivité, de solitude… On le voit bien : il suffit déjà de simplement poser les mains pour qu'une détente s'installe, la respiration s'apaise. Il y a l'intention, évidemment : le toucher se doit d'être bienveillant.
Quand commence la séance de shiatsu, le toucher reste bienveillant, et se fait équilibrant, régénérant, apaisant, dynamisant, selon les besoins. Il permet au corps du client de se rééquilibrer. Stéphane Vien fait remarquer que, si les mains sont au niveau du Coeur, ce n'est pas par hasard. il y a en shiatsu un engagement total du praticien : le hara (centre d'énergie) pousse, le coeur a l'intuition d'où aller (et guide donc les mains), la tête dit ce qu'elle veut (il y a évidemment un savoir là derrière).

Tokujiro Namikoshi, un des pères du shiatsu, disait «  le shiatsu est comme l’amour maternel, il fait couler les ruisseaux de la vie ». Puis il éclatait d’un grand rire, HA HA HA. Le toucher est inconditionnel, il permet à l'énergie de circuler, mieux, de jaillir. Beaucoup de points en shiatsu réfèrent à l'eau et à son jaillissement. Le jaillissement implique une pression, une vitalité. Il est joyeux. Toucher rend joyeux, celui qui touche et celui qui est touché. 

Ce qui me paraît propre au shiatsu, c'est qu'en touchant le corps, nous travaillons aussi sur les pensées, les émotions et le spirituel. En Orient, l'être humain forme un tout, on ne le dissèque pas en plusieurs parties avec chacune leur spécialiste. Bien sûr, on peut faire des thérapies psychologiques, émotionnelles ou avoir une pratique spirituelle, et on obtiendra des résultats selon les besoins. Mais le shiatsu va toucher à tout, et va permettre le rééquilibrage. La première porte d’accès du monde subtil, c’est le corps, indissociable du reste. Question de vibration : la matière et l'énergie subtile sont une seule et même chose, seule la fréquence de vibration change. Tout le monde n'est pas capable de se transporter et d'agir sur les plans subtils. Par contre, tout le monde peut toucher tout le monde.
Mon Maître Y. Kawada disait que les psychopathes, tueurs en série et autres, étaient devenus insensibles à la souffrance humaine et au ressenti des autres, parce qu'ils n'avaient pas été touchés. C'est pourquoi il étaient séparés, sans état d'âme. Bien sûr, être touché, recevoir de la bienveillance et de la chaleur détend,  rend bienveillant et supprime la distance, la séparation d'avec les autres. Cela amène l'empathie et la compassion. Autant commencer très jeune en famille : j'encourage toujours les mères à masser leurs enfants. 
Notre mission de thérapeute en shiatsu, au-delà de l'écoute et de la prise en charge des demandes précises qui nous sont formulées et qui sont des symptômes,  est de toucher l’être en son entier et de le reconnecter à sa joie de vivre. Derrière les nuages, le soleil brille en permanence. Le sourire du client ou de la cliente, quand il ou elle nous dit "au-revoir", est notre plus belle récompense.