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Tuesday, 18 July 2023

夏指圧 - Natsu Shiatsu - Shiatsu d’été (4) : faire des miracles

 Courtes réflexions pour ne pas oublier le Shiatsu pendant l’été


QUATRE


Voici un bien étrange et dense livre ‘L’homme et les énergies vibratoires’ de Jean-Noël Kerviel, trouvé dans le petit magasin en face de la cathédrale de Chartres. C’est qu’à Chartres, on connaît, ressent et pratique les flux d’énergie.

Les chasseurs de sorcières et grands inquisiteurs qui courent les rues et même le monde du Shiatsu trouveront sans doute à redire au fait que l’on puisse lire CA.

Mais en préparant la retraite Shiatsu, j’y ai trouvé quelque chose de très intéressant. On y parle des miracles.

Il vous est sûrement déjà arrivé  que des clients vous disent que le Shiatsu a réussi à les débarrasser d’un problème ancien, récurrent, en une ou très peu de séances. Cela n’arrive pas tout le temps, mais cela peut arriver.

L’erreur serait de s’attribuer un quelconque mérite. Nous avons accompagné, aidé, permis, facilité, mais la guérison est le fait du receveur, pas le nôtre.

Alors, c’est un miracle ? Dans le sens où Kerviel le définit, ça y ressemble.

En effet pour qu’un phénomène précis se déroule, il faut la présence de 3 facteurs : le bon lieu, le bon moment, le bon état. Nous pouvons ainsi expliquer tout phénomène décrit par le terme ‘miracle’ grâce à ces facteurs qui sont rarement simultanés’…

Et donc, quand un grand changement, a priori inattendu, a lieu c’est que nous étions :

  • Au bon endroit : le lieu de pratique, bien sûr, et l’énergie qu’il porte, et une multitude de facteurs  sous-jacents ;

  • Au bon moment : dans le parcours de vie de notre client(e) et dans le nôtre, tout était prêt

  • Avec le bon état : le sien (il était totalement réceptif) et le nôtre (nous étions particulièrement attentifs et justes, le geste juste, les mains sont allées où il fallait).


Et donc tout cela s’est aligné. Parfait !
L’étymologie de miracle est ‘mirare’ en latin, càd regarder, refléter, d’où vient le mot miroir.

On peut s’extasier, à juste titre, sur les miracles de la vie quotidienne, mais surtout prendre conscience que s’il y en a, c’est avant tout par le travail sur nous-mêmes. 

Etre dans le bon état… et voilà.


Wednesday, 26 December 2018

Le Shiatsu, ou la Voie de la Grande Santé



La vidéo précédente expliquait à qui s’adressait au fond le shiatsu. Nous avons vu qu’il n’y a pas de restrictions d’espèce, d’âge, de genre, de condition physique, de culture …

Cette nouvelle vidéo explique simplement dans quels cas on peut faire appel au shiatsu.
Comme vous l’entendrez, les possibilités sont très larges et, à tout moment, en toutes situations, le shiatsu peut s’avérer utile dans votre vie. A la base et en tout premier lieu, c’est un outil de prévention. Mieux vaut ne pas attendre les problèmes et faire ce qu’il faut pour rester en bonne santé.




Mais au fait, qu’est-ce que la santé ? Et la maladie ? Et, du coup, quelle est la place du shiatsu dans tout cela ?

Qu’est-ce que la santé ?


La santé, on se la souhaite chaque fois que l’on lève son verre, sans y réfléchir. C’est donc très important. Mais comme toujours, il faut faire attention aux mots que l’on emploie et bien regarder les définitions, voire l’étymologie.

Le mot français santé vient directement du latin sanitas, famille du latin « sanus », signifiant bien portant de corps et d’esprit (voir par ailleurs le proverbe « mens sana in corpore sano », les deux vont ensemble).

L’OMS, qui est l’organisation mondiale la mieux placée pour s'exprimer en matière de santé, donne cette définition : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». (Préambule à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, tel qu'adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19 juin -22 juillet 1946; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats, entré en vigueur le 7 avril 1948).

Cette définition n'a pas été modifiée depuis 1946. On n’a apparemment pas trouvé mieux entre-temps.

Elle est toutefois plus large que la conception couramment répandue et, surtout, génère des associations. Alors, allons-y à la Chinoise et tentons des analogies pour les confronter à la pratique du shiatsu.

Première association : privatio boni 


En cherchant les définitions de santé et maladie, je ne peux m’empêcher de penser au concept théologique augustinien du mal comme étant une « privatio boni », une absence de bien, ce qui a donné lieu à d’interminables discussions théologiques sur la réalité ou non du mal. Le bien existe, mais pas le mal, sauf en tant qu’absence de bien. Deux contraires ne peuvent exister dans une seule chose, dit Augustin.

Jung a beaucoup discuté et réfuté ces affirmations et établi la « complexio oppositorum », l’union des contraires. Quant à nous, à la base du shiatsu, nous avons la vision du YinYang en perpétuel mouvement (voir article précédent). L’opposition et le dualisme ne sont que théoriques vues de l’esprit, la réalité est mélange de différents aspects à des doses changeantes en permanence. Et il n’est pas question pour nous de jugement selon des critères « bien » ou « mal ».

Mais ce qui est intéressant pour nous, c’est qu’Augustin (Enchiridion, chapitre 3-11, traduction anglaise de
ALBERT C. OUTLER, Ph.D., D.D.) part en fait de la santé du corps pour extrapoler à celle de l’âme.

Voici le texte intégral : “dans les corps animaux, par exemple, la maladie et les blessures ne sont rien que la privation de la santé. Quand un traitement est apporté, les maux qui étaient présents (par exemple la maladie et les blessures) ne se retirent pas et ne vont pas ailleurs. Simplement, ils n’existent plus. Car un tel mal n’est pas une substance; la blessure ou la maladie est un défaut de la substance corporelle, qui, en tant que substance, est bonne. Le mal est alors un accident, càd une privation de ce bien appelé la santé. Donc, les défauts de l’âme, quels qu’ils soient, sont des privations du bien naturel. Quand un traitement a lieu, ils ne sont pas transférés ailleurs, mais, vu qu’ils ne sont plus présents dans l’état de santé, ils n’existent plus du tout ».   

Or, curieusement, aujourd’hui, quand on cherche une définition de la maladie, on n’en trouve pas à l’OMS (seulement des descriptions détaillées des maladies existantes), ni dans le dictionnaire médical comme quelque chose ayant une existence propre, mais toujours par rapport à l’état de santé.

Maladie vient du latin « male habitus », signifiant « se trouvant en mauvais état » (Robert étymologique). Cette façon de voir est propre aux langues latines que sont le Français, l’Italien et l’Espagnol, tandis que les langues germaniques et l’Anglais proposent une plus grande variété de sens (disease – illness – sickness).

Mon Larousse Médical, avec d’autres sources, donne comme définition de la maladie : « une altération de la santé (ou des fonctions) d’un être vivant ».

Je ne sais pas s’il y a un lien, mais Saint-Augustin aurait des raisons de jubiler, comme quoi il nous l’avait bien dit. En faisant abstraction du Bien et du Mal : on en est resté à dire que la santé est l’état naturel, préexistant, et puis il y a  des « accidents », des « altérations » à la santé.
 

Deuxième association : Sôteria


La définition de l’OMS va plus loin que l’individu considéré au simple niveau physiologique. Elle inclut les aspects mentaux et les interactions sociales. 
Cela fait penser à la « Sôteria », mot grec que l’on retrouve d’abord dans la mythologie ancienne (divinité allégorique de la sécurité, de la préservation et de la délivrance du mal) et à son pendant masculin « Sôter ». Le fameux anagramme « ichthus » (poisson), pour « Iesus CHristos THeou Uios Sôter » (Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur) inclut d’ailleurs la notion de Sôter pour caractériser le Christ. Les récits rapportent de nombreuses guérisons dues à l’intervention du Christ.

Le mot Sôteria se retrouve dans le Nouveau Testament (écrit en Grec), et renvoie à diverses acceptions du Salut des âmes et des corps : être sauvé d’une maladie physique, du danger, de la contamination des mauvaises énergies ambiantes, de la perdition, des péchés… et jusque dans une dimension eschatologique. Le Sauveur apporte le Salut, c.-à-d. aide à retrouver la santé et traverser le monde et le temps, en restant indemne.

En Shiatsu, ce qui précède n’est pas pour nous étonner. On a coutume de dire que le Shiatsu s’adresse à tous les niveaux de l’être : physique, mental, émotionnel, spirituel… Si la porte d’entrée est bien le corps au travers du toucher (il n’y a pas plus concret que cela), c’est certain que nous touchons à tous les niveaux et toutes les qualités d’énergie, de la plus incarnée à la plus subtile, de la plus figée à la plus immatérielle, de la plus lente à la plus rapide au niveau vibratoire…

Il est clair que le corps énergétique est bien plus grand que le corps que nous percevons par nos 5 sens et que nous travaillons sur ces dimensions également (Bernard Bouheret dit : « corps de souffle »).

Quant aux relations sociales, Ohashi parle lui aussi de la nécessité de considérer l’individu sous ces aspects pour bien le cerner. Nous ne sommes pas des tours d’ivoire, mais le résultat d’une multitude d’interactions, le croisement de fils sur la trame de l’univers. Interrelation, disent les Bouddhistes. On l’observe a contrario : lorsque quelqu’un se rééquilibre, change son attitude intérieure, et son « body language », ses relations avec les autres se modifient automatiquement.

On pourrait dire de Sôteria qu’elle est la grande santé, au sens très large, pas seulement le mental, mais toutes les couches qui nous constituent et notre place sur la trame. En ce sens, le shiatsu s’occupe de la grande santé, ce qui sous-entend une troisième association.

Troisième association : l’écologie du microcosme/macrocosme


La troisième association est en quelque sorte « par défaut ». Il manque dans la définition de l’OMS une dimension fondamentale, mais elle est révélatrice de l’état d’esprit qui a malheureusement prévalu depuis que l’homme a pensé se mettre en dehors de la Nature pour la dominer (avec les monothéismes, puis les prétendus et auto-proclamés philosophes des « Lumières »). Notre shiatsu, dans la ligne de la philosophie des anciens Chinois, inclut l’indispensable lien à la Nature comme faisant partie de la santé, avec, notamment, l’axe Ciel/Homme/Terre et les 5 mouvements (voir article précédent).

Heureusement, l’humanité semble évoluer sur ce plan. L’écologie appelle l’être humain à se remettre à sa juste place. Il y a une écologie planétaire, bien sûr, indissociable d’une  écologie des organes, ou d’une écologie spirituelle… 

Le rétablissement de la santé de l’humain passe par le rétablissement de la santé de la planète. Ces évolutions récentes nous ramènent au microcosme = macrocosme des Chinois. Espérons simplement qu’il soit encore temps.


Quatrième association : « Shen »



Je suis enfin ravi de lire que la santé, pour l’OMS, n’est « pas seulement une absence de maladie ou d’infirmité ». Il ne suffit pas de ne pas être malade pour être bien, mais il faut encore un ressenti de bien-être complet. Complet, cela veut dire qu’il n’y a pas de sensation de manque.

On pourrait bien y voir l’émergence du Shin/Shen, la joie de vivre profonde et naturelle à tout un chacun qui jaillit quand tout est en place et que le Cœur peut régner tel un Empereur Chinois ou Japonais, car tout est à sa place et fonctionne bien.

Un Shen bien présent se voit au rayonnement de la personne en bonne santé, à la joie de vivre qui en émane et à sa capacité de la faire ressentir à ceux qui entrent à son contact. Quand on est bien, on est naturellement et contagieusement joyeux. C’est l’émotion à la base de toutes les émotions : l’émotion d’Etre.

La santé, un état de complet bien-être


Si donc nous mettons ensemble ces quelques sources fondamentales (la moderne OMS, l’Antiquité,  l’Occident, le Moyen-Orient, l’Extrême-Orient), nous voyons bien les apports à la définition de la santé.
  1. La santé est l’état naturel et initial, primordial
  2. Il convient d’éviter ses « altérations »
  3. Elle est holistique, elle s’adresse à l’individu total.
  4. Cet individu n’est pas considéré comme une entité isolée, mais en interaction avec la société / l’Univers.

Peu importe le style de shiatsu…


Petite réflexion pour les collègues, dans la logique de ce qui précède…

Si la santé est un « état de complet bien-être », on peut se poser la question de la pertinence des discussions que l’on entend parfois dans le monde du shiatsu entre ceux qui disent faire du « bien-être » et ceux qui ont une approche des pathologies. Nulle opposition là-dedans. La santé étant un état de complet bien-être, on peut travailler sur le bien-être uniquement et on améliore donc la santé. Et si on traite les « altérations » à la santé, on rétablit l’état de bien-être. Ce sont des angles d’approche, l’un plus général et l’autre plus symptomatique.

Selon les besoins en présence, mais aussi en fonction de nos affinités personnelles, de nos apprentissages et de nos compétences actuelles, nous utiliserons les deux approches, ou nous en privilégierons une. Au final, les deux sont profitables à la santé, ne s’excluent pas et ne s’opposent pas. 

Nous devons toutefois savoir ce que nous faisons, travailler avec sincérité, dans la justesse, avec la bonne intention, et en dosant correctement technique et intuition. Le praticien doit être bien dans sa pratique, sinon cela se ressent. Le shiatsu, ou la voie de la grande santé, cela vaut pour celui /celle qui traite et celui /celle qui est traité(e).


Revenir à votre état naturel grâce au shiatsu


Le shiatsu, avec ses forts aspects préventifs, son action sur tous les niveaux de l’être, s’inscrit donc parfaitement dans l’entretien et le rétablissement de la santé comme votre état naturel.

Pourquoi faire du shiatsu, donc, eh bien, pour votre bonne santé, soit pour la conserver soit pour la retrouver. 

Et pour les exemples pratiques, je vous renvoie à la vidéo, qui vous parle de prévention au sens large, d’avoir mal, d’être mal… 

Sachant que l’on pourra toujours faire quelque chose et que tout pas, si minime soit-il, vous ramène vers votre état naturel : la santé.




Crédits photographiques :


  • OMS - https://www.who.int/fr
  • https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/
  • Shinmon Shiatsu - www.shinmon-shiatsu.be 

Friday, 4 August 2017

"J'oscille" - Vivre en harmonie avec notre énergie

L'énergie... selon Erik Satie

 
« Personnellement, je ne suis ni bon ni mauvais. J’oscille, puis-je dire. Aussi n’ai-je jamais fait réellement de mal à quiconque – ni de bien, au surplus ». Erik Satie, Mémoires d’un amnésique – Recoins de ma vie.

Erik Satie, c’est ce musicien original, excentrique, provocateur, avant-gardiste, loin d’être compris en son temps (début XXème) et encore moins aimé.  Généralement,  ceux que leur époque rejette méritent que l’on s’y intéresse.

Or voici qu’en lisant les « Mémoires d’un amnésique », cette phrase me saute aux yeux et m’entraîne au cœur même de nos flux vitaux et de la pratique du shiatsu.


Je vous y emmène, en deux mouvements, réflexion et pratique.
 

1 er mouvement : comme les anciens Chinois, observons, et faisons des analogies


« Je ne suis ni bon ni mauvais. J’oscille ». C’est, résumé  en quelques mots, ce qui se passe avec l’énergie,  dans l’univers,  microcosme et macrocosme, et à tous les niveaux, du physique au plus subtil, du visible à l’invisible.

Comprenons « bon et mauvais » non comme des jugements de valeur, mais comme des qualités d’énergie opposées, des pôles, comme le « positif » et le « négatif » du courant alternatif.

L’oscillation, c’est le mouvement du pendule, du balancier de l’horloge, qui, une fois qu’il atteint son maximum, revient au centre puis atteint l’autre extrême, et ainsi de suite infiniment. Osciller implique un axe dont on s’éloigne et se rapproche sans cesse, sans jamais le perdre.

Dans l'Univers, tout oscille

Ainsi en va-t-il de notre énergie qui revêt différentes qualités. Nous oscillons entre Yin et Yang, en permanence, nous nous situons – toujours en mouvement – quelque part avec une part changeante de Yin et de Yang : une fois à gauche, une fois à droite, une fois en haut, une fois en bas, une fois Yin, une fois Yang. Et donc rien n’est jamais totalement Yin ou Yang, mais nous sommes un mélange dynamique, en perpétuel mouvement, l’un croissant et l’autre décroissant, et le tout s’inversant.

Il faut bien voir le Tai Ji comme un gif animé, et les hexagrammes du Yi Jing comme des représentations du changement.

Cette oscillation s’applique aussi à notre vie, à nos perceptions, à ce qui nous arrive. Mais nous oublions volontiers que nous oscillons, car nous avons besoin de catégories bien définies, de définitions péremptoires, de certitudes immobiles.  Toutefois, la Vie ne correspond pas à la vision qu’aime en avoir notre perception imparfaite et notre besoin viscéral de nous en détacher pour mieux la juger et la diriger.
Nous oublions donc, ou nous refusons de sentir  que nous oscillons. Nous aimons à nous définir comme blanc ou noir, bon ou mauvais, malade ou en bonne santé,  heureux ou malheureux, avec d’ailleurs une nette tendance à la négative. Erreur, car il suffit d’observer qu’il n’en est pas ainsi. Nous oscillons, nous allons de l’un à l’autre, en permanence.

La bonne sensation de l'oscillation

Les flux vitaux sont eux-mêmes oscillation : l’inspir-expir, la circulation sanguine, le fonctionnement du cœur, le processus de la digestion… et puis la valse des émotions, le torrent des pensées… Tout cela va et vient. Quand cela s’arrête, quand il y a stagnation, il y a problème ou… mort, au final.

L’oscillation fait appel à des sensations très anciennes. Pas de plus belle sensation que de faire la planche sur la mer et d’osciller doucement les yeux fixés au Ciel.  Et d’ailleurs, pour calmer un enfant, ne va-t-on pas le bercer, douce oscillation qui le ramène dans le mouvement de la Vie et lui fait oublier la douleur ou le chagrin qui le crispent ?

L’oscillation s’avère également pour les événements humains, au niveau individuel, d’une région, d’un pays, du monde... Une fois un extrême atteint, nous repartons vers l’autre extrême. Les enchaînements de cause à effet font que beaucoup de choses deviennent prévisibles… si du moins, nous prenions le temps de regarder tout cela un peu largement.

Et last but not least... Toute la Terre oscille sur son axe, et c'est ce qui donne le rythme immuable des saisons. En tant que partie intégrante de cette Terre, nous devons bien participer quelque part à ce phénomène.

En shiatsu, toujours en mouvement


Alors, nous, en shiatsu, qui aidons les personnes à se rééquilibrer, que faisons-nous ? La recherche d’équilibre signifie-t-elle l’arrêt au centre ? S’arrêter est stagnation, et donc contre le mouvement de la Vie. S’arrêter au centre ou ailleurs n’a pas de sens, c’est une rigidité, et un déséquilibre. Par contre, se connecter à et se placer en son centre et ressentir l’amplitude de l’oscillation font sens. Si le centre n’est pas fort, on va dans les extrêmes, il y a déséquilibre. Les vieilles balances à aiguille démontrent cela aisément, il y a toujours un léger balancement entre les plateaux.  L’équilibre consiste à intégrer ce mouvement perpétuel de l’énergie et à s’assurer que les plateaux de la balance ne penchent pas trop ni d’un côté ou d’un autre, car alors, le retour est plus compliqué.

Il y a donc l’oscillation, le mouvement perpétuel, autour et à partir du centre. A partir de cette compréhension, nous pouvons travailler.

Deuxième mouvement : pratiquons l’oscillation et le centre


Pour ressentir l’oscillation autour du centre, il suffit de s’asseoir en seiza, d’être attentifs et de ne pas retenir le mouvement. Naturellement, vous devriez commencer à osciller de façon circulaire, autour de l’axe CHOMAI, votre colonne centrale d’énergie. C’est très détendant. Vous pouvez imprimer une impulsion à gauche, puis à droite, mais c’est tout. L’oscillation, elle, vient naturellement, si on ne bloque pas. D’ailleurs, d’autres traditions font cela : les Juifs (ils oscillent en 2D, d’avant en arrière), les derviches tourneurs (en 3D, car circulaire)… L'oscillation qui me vient spontanément est circulaire. Pratiquez ce qui vient, et ne retenez pas.

Pour ressentir l’importance de partir du centre, tenez-vous debout et demandez à quelqu’un de vous pousser. Si vous n’êtes pas dans votre centre, vous allez basculer. Recommencez en vous concentrant sur votre hara et en faisant descendre l’énergie et la respiration dans le bas ventre. Vous allez être beaucoup plus stable et osciller, partir en arrière et revenir, pas tomber.

Partir du centre immuable

Car pour qu’il y ait oscillation, et non déséquilibre,  il faut  qu’il y ait un centre immuable et immobile, mais qui n’appartient pas au domaine de nos activités, duquel tout surgit. Les pratiquants de méditation et d’arts martiaux, les artistes, les personnes spirituelles et en contact avec la nature le connaissent et le recherchent.

 Masanobu Fukuoka, pionnier japonais de l’agriculture naturelle, en parle : « l’agriculture naturelle naît du centre immuable et immobile de l’évolution agricole. A mesure que les hommes se séparent de la nature, ils s’éloignent de plus en plus du centre. Dans le même temps, un effet centripète s’installe et  le désir de retourner à la nature apparaît. Mais si les gens se content de se laisser porter par une vague de réaction et partent vers la gauche ou vers la droite selon les circonstances, le résultat est un simple surcroît d’activité. On dépasse, sans le voir, le point d’origine immobile qui se trouve en dehors de la sphère de relativité ».

Il est clair que, par notre centre, nous sommes reliés à la nature, d’où tout provient et où tout retourne. D’où la grande force dont on dispose quand le centre est fort et éveillé.

Appliqué au shiatsu...

Le shiatsu est un art de vivre, il nous permet de travailler ces choses fondamentales, que ce soit en thérapie ponctuelle ou à tout moment :

  • Installés, bien établis dans notre hara, nous oscillons avec lui, effectuant naturellement les pressions, sans bloquer, sans raidir et si possible sans force. Stephane Vien parle du hara comme d’un chat curieux qui vient voir ce qu’on fait. Le chat passe en une seconde de la détente totale à une folle activité, si nécessaire. On peut se connecter à notre oscillation propre, c’est elle qui imprimera un rythme à nos pressions : gauche/droite, avant/arrière… Le shiatsu devient comme une méditation.


  • Nous voyons et sentons l’oscillation permanente de notre corps et de celui de nos clients, nous accompagnons et régularisons ces mouvements. Nous savons qu’il y a trop de Yang car trop de Yin ailleurs, et que Yang devient Yin et Yin devient Yang. Nous rendons au corps ses facultés de lever les blocages et de se remettre en mouvement.

 

  • Nous voyons dans nos vies et la vie de nos clients ce balancement perpétuel, à tous les niveaux et en prendre conscience est très apaisant. C’est très normal. Quand on va dans un sens, on revient déjà dans l’autre. Se centrer et limiter l’amplitude de l’oscillation sans l’arrêter, voilà le travail. Sachant cela, quand quelqu’un nous dit que rien ne va, c’est que cela va  changer. Mais l’expliquer ne débloquera rien, le faire ressentir, oui.

La pratique du shiatsu, au-delà du déblocage de problèmes ponctuels, permet, de façon profonde, ce recentrage et de renouer avec l’oscillation, la pulsation de la Vie. C’est là que le shiatsu s’avère le plus efficace, sur le long terme, ce que la plupart des clients réguliers résument par «  je me sens bien et je ne saurais pas vous dire pourquoi ». Il n’est, en fait,  pas nécessaire de formuler, mais il est bon, tout simplement, de se laisser aller sur la vague (autre oscillation) de bien-être.

La parole à Satie...

Et puisque nous devons toutes ces réflexions à Erik Satie, je vous invite à écouter une de ses pièces devenues célèbres, une Gymnopédie. Un musicien joue, lui aussi, connecté à son centre immuable, attentif à son oscillation profonde, et dans le lâcher.

 

Thursday, 6 July 2017

« Je me sens vivante partout »




Joli commentaire, lancé spontanément à la fin d’une séance, par une cliente, Suzanne, 83 ans, devenue fidèle au shiatsu.

Les mots sont bienfaisants, et jamais innocents dans leur choix, prononcés de surcroît par nos clients qui n’ont pas nécessairement étudié la théorie et la technique du shiatsu.

Ces mots viennent vérifier et enrichir l’enseignement et la pratique.

« Je me sens vivante partout ». C’est bien là le cœur, l’essence du shiatsu. Quand l’énergie circule sans encombre, on se sent bien, léger, joyeux.  Vivant. J’aime également employer le mot « pétillant », comme un bain de bulles, mais qui viendrait de l’intérieur, de la source de vie en nous.

Se sentir vivant est autre chose que ressentir un certain bien-être. C’est plus profond et plus fondamental. Le bien-être est passager. Se sentir vivant implique que l’on s’est reconnecté à la source de vie et que l’on a pu prendre conscience, dans l’instant présent, qu’elle est là à tout moment. Le tout consistera à ne pas perdre cette conscience, ce lien, sous de multiples préoccupations, ou par un excès de mental, d’émotions, qui toujours nous déconnectent du corps.

Ce que l’on ne sait pas ou ne veut pas savoir, le corps le sait. Il donne les signaux, et il a les clés de l’auto-guérison. Modestement, nous, thérapeutes, aidons à rééquilibrer, et le corps reprend la direction des opérations.

Belle récompense, un tel commentaire en fin de séance. Mais la réponse n’est  pas : j’ai bien travaillé, ou j’ai fait ce qu’il fallait, mais « le shiatsu est merveilleux ». Quand je reçois du bon feedback, j’ai l’habitude de répondre cela : « ah mais, le shiatsu est un art merveilleux ». Cela, on le constate au fil du temps. Et sa spécificité, qui est le toucher du corps, permet bien de toucher l’Etre à tous ses niveaux, du plus concret au plus subtil.

Autre chose : Suzanne, disais-je, est devenue fidèle au shiatsu. Constatant que cela lui fait du bien, elle a choisi de revenir régulièrement. C’est cette régularité aussi qui démultiplie l’effet du shiatsu. Le corps s’habitue à recevoir et on va plus vite « au cœur » du travail. Car travail il y a. On peut passer par toutes sortes d’états, parfois désagréables, et ce n’est pas « bingo » à toutes les séances, comme disait Maître Kawada. Mais le travail se fait, et le corps reçoit, met en place.

Une autre cliente, devenue régulière elle aussi, Iroise, me dit « j’aimerais retrouver la joie ». Bien sûr, la joie est là à tout moment. La joie, associée à l’énergie du Cœur, ne pourra s’exprimer pleinement que lorsque le Cœur – l’Empereur parmi les organes  régnera  - rayonnera de nouveau sur l’harmonie des autres organes. Il y a beaucoup d’obstacles qui empêchent de ressentir  la joie, la douleur bien sûr, la raideur, les blocages,  les préoccupations mentales, les montagnes russes de nos émotions, la dissipation, le fait de ne pas être ancré… Une fois que tout cela lâche, comme un barrage qui craque, l’énergie peut jaillir librement, et ce jaillissement spontané est la joie. Alors, oui, on se sent vivant partout, grâce au travail du shiatsu.

Ainsi, en nous reconstruisant, nous construisons le monde, microcosme et macrocosme.  

Et vous, collègues Shiatsushi ? Quelles sont les plus belles réactions, riches d’enseignement, que vous ayez reçues à ce jour ? Partagez-les en commentaire, car la joie se répand et est contagieuse.

Et vous qui avez reçu un shiatsu, de qui que ce soit,  et avez ressenti certaines choses, n’hésitez pas à les partager.

 


Wednesday, 5 October 2016

L’esprit, ce grand malade (et ce que le shiatsu peut y faire)


Le dernier article partait de la constatation « les corps sont malades ». Nous avons pu en tirer certaines conclusions pour notre vie. Dans la logique de ce qui précède, me revient cette autre idée à laquelle je réfléchis souvent : l’esprit est un grand malade.
Pour bien nous accorder sur les concepts, j’entends ici par esprit : nos pensées, notre aspect intellectuel, dit « rationnel » qui raisonne (résonne), réfléchit, ordonne, perçoit et décide…
Cet esprit-là est un grand malade, parce qu’il est responsable des pires idées que nous ayons pu avoir au cours de l’histoire. C’est lui qui a décidé que nous étions séparés de la Nature, c’est lui qui nous a mis en tête ces idées de progrès, de perfection, d’ordre du monde, de croissance, de conquête, de domination, de puissance, de haine et on en passe…. C’est lui qui filtre la réalité et exclut tout ce qui ne passe pas par sa vision réductrice.
Je n’hésite pas à dire « grand malade », pas seulement malade, à l’image des points dits « raku » en shiatsu, qui témoignent de la lente incrustation d’un déséquilibre. La répétition d’idées et de pratiques néfastes de génération en génération implique que le sillon dans lequel nous sommes tombés est profond.
Et attention, qui suis-je pour critiquer ? Il est clair que chaque humain, du fait d’être humain, a ces tendances en lui, à des degrés divers. Moi pareil. En tant qu’humain, je ne fais que constater, en quelque sorte, de l’intérieur et de l’extérieur, les dégâts à l’échelle macro et micro que certaines de mes pensées peuvent provoquer.
Un de mes anciens professeurs n’hésitait pas à affirmer que l’homme est décidément une erreur de l’évolution. Et c’est vrai que nous nous comportons, en règle générale et par la loi du nombre maintenant, comme un parasite à la surface de la planète. Un parasite, c’est ce qui exploite et finalement fait mourir l’organisme porteur, et ne rend rien en échange.
Il suffit de prendre conscience  de quelques exploits de nos pensées et pratiques connexes pour s’en rendre compte :
·         Nous sommes apparus sur une planète vierge et pleine d’énergie et nous sommes en train de la souiller et de l’exploiter sans mesure ;
·         Nous sommes apparus sur une planète remplie d’une magnifique diversité de créatures animales et végétales et nous les exterminons ou les asservissons sans pitié ;
·         Nous sommes apparus sur une planète riche et nous l’appauvrissons ;
·         Nous sommes apparus sur une planète incroyablement belle et nous l’enlaidissons avec nos constructions et nos villes ;
·         Nous nous entêtons à tracer partout des lignes droites, alors qu’il y en a peu ou pas dans la nature ;
·         Nous passons notre temps à exterminer d’autres humains, physiquement ou économiquement,  et nous gaspillons les ressources pour ce faire ;
·         Nous sommes apparus sur une planète libre et ouverte, et nous plaçons partout des barrières, des frontières, des limites ;
·         Nous sommes apparus sur une planète où le jour alterne avec la nuit, mais nous avons relégué le calme, la poésie et la profondeur de la nuit au rang de nos peurs et de nos insomnies, au point de ne même plus pouvoir voir les étoiles;
·         Nous sommes apparus sur une planète innocente, mais nous avons inventé le Bien et le Mal, défini le Mal selon l’air du temps et tenté de l’exterminer ; 
·         Nous sommes apparus sur une planète où tout le monde pouvait trouver sa subsistance et nous avons créé les riches et les pauvres ;
·         Nous sommes apparus sur une planète où tout se recyclait et nous avons produit des choses non- recyclables et polluantes ;
·         Nous sommes les derniers à être apparus sur cette planète et, normalement, les derniers arrivés se font discrets et tentent de se faire accepter, mais nous nous sommes arrogés le droit de tout voler et avons pensé que les autres créatures devaient s’adapter à nous.
Vous pourrez compléter la liste de milliers d’exemples, à l’échelon planétaire ou même dans votre vie de tous les jours. Alors, à lire  tout cela, sommes-nous une erreur de l’évolution ? L’évolution décidera. Elle n’a pas hésité, par le passé, à réaliser plusieurs extinctions, pour tout recommencer. C’est clair que s’il y a un jour un tribunal cosmique, nous risquons d’être condamnés à errer dans le Vide Absolu pendant quelques éternités pour notre mauvaise conduite et mauvaise gestion.
Que nous devons, en grande partie, aux lumineuses idées qui hantent notre cerveau : puissance, domination, exclusion, profit, séparation, destruction, peurs, analyse, ligne droite, peur du manque, obsessions… Le tout formulé en archétypes, religions, philosophies, sciences clamées par nos grands penseurs. Car nous avons inventé des histoires  et nous avons tenté de légitimer notre inconduite, voire de rejeter la responsabilité sur d’autres forces, dites maléfiques.
D’autre part, l’humain a quand même d’autres qualités, que l’on décrit plus volontiers comme des qualités du cœur : amour, douceur, compassion, respect, gentillesse, protection, attention… Et tous, également, nous nourrissons et pratiquons ces qualités à certains moments plus que d’autres. Il y a également eu, tout au long des derniers millénaires, des esprits éclairés qui ont bien tenté de nous retenir ou de nous montrer autre chose. Ce sont les grands sages, les grands artistes, les visionnaires… Mais on ne peut que constater que – quand ils n’ont pas été carrément ignorés ou éliminés - leur influence – réelle – est restée limitée.
Se battre contre la pensée ambiante avec des raisonnements, c’est se battre à un contre cent. Même les plus braves succombent sous la loi du nombre. C’est peut-être pour cela que la croissance globale en humanité de celle qui se nomme elle-même l’humanité est dérisoire depuis que nous conservons la mémoire de notre histoire. Il ne semble y avoir d’issue que dans le ressenti.
Alors, l’esprit, ce grand malade ? Bien entendu. Il ne faut pas être « bien dans sa tête » pour gérer si mal la planète et les relations entre les gens.
Mais que faire ? Si je regarde tout cela avec ce que m’a déjà appris la pratique du shiatsu, je peux en tirer certaines conclusions :
-          La maladie est le signe d’un déséquilibre, en l’occurrence profond. Ce déséquilibre consiste à accorder la primauté à cette partie destructrice / hyperactive de nous-mêmes et à refouler la partie créatrice / réceptive. Il faut rééquilibrer, c’est-à-dire permettre l’auto-guérison, en favorisant les énergies créatrices, positives et en atténuant les tensions.  

-          En termes imagés et très généraux, nous sommes « trop hauts ». L’énergie est en haut, non ancrée, décollée de la Terre. Le point d’équilibre du corps ne peut pas être dans la tête. Les pratiquants d’arts martiaux le savent bien. Test : poussez quelqu’un. S’il perd l’équilibre, son énergie est trop haut, il n’est pas ancré.

-          Eliminer le symptôme ne permet pas d’éliminer la cause de la maladie. Heureusement, car vu le nombre de symptômes décrits ci-dessus, on n’y arrivera pas tout seul. Enormément d’humains sont actifs sur le plan des symptômes, où ils font un travail remarquable, énergétique, scientifique, économique, écologique… Notre travail, en shiatsu, s’adresse à la racine des symptômes.

-          En prenant du recul, si l’on veut lire tout cela à la lumière des deux grands principes d’énergie Yin et Yang, on constate que le Yang est beaucoup trop fort. Les dégâts décrits ci-dessus sont des effets du Yang, qui suragit. Le Yin, réceptif et ouvert, ne trouve pas à s’exprimer de façon suffisamment visible. « Yang can be very stupid », disait Ohashi Sensei lors d’un récent stage. Indeed. Plutôt que de s’opposer frontalement au Yang, avec le risque de perdre, il vaut mieux nourrir le Yin en nous. La tension n’est là que parce qu’il n’y a pas assez de tension en face. Kawada Sensei préconisait également, lors de ses cours, de ne pas affronter le Yang, mais de toujours nourrir l’énergie vitale en nous, en premier lieu.

-          Si nous reprenons l’idéogramme « HITO », évoqué dans l’article précédent, nous constatons qu’effectivement, et à nouveau, le travail consiste à reprendre notre juste place, entre Ciel et Terre. Accueillir en nous, et faire le lien entre le Yin et le Yang, permet de laisser s’exprimer leurs qualités positives.

-          A chaque organe sont associés, en MTC, une psychologie, une attitude, une aptitude mentale. Ce sont les entités viscérales. L’entité viscérale « I » , rattachée à Rate Pancréas,  gère tout ce qui touche à la pensée, à la mémorisation, à la réflexion. En excès, « I » donne l’obsession du passé, le ressassement des idées, les idées fixes. « I » est généralement en excès.  Il est certain que notre mode de vie et notre alimentation sur-sollicitent « I ». Tellement de clients se plaignent du carrousel dans leur tête, qui ne peut plus s’empêcher de tourner, même quand ils veulent se reposer. Il s’agira donc de diminuer la part accordée à cette fonction, au profit d’activités non-intellectuelles, par exemple, et non-connectées via le monde virtuel. Il est clair aussi que la mauvaise alimentation, essentiellement sucrée, vient nourrir le carrousel en question.

-          Une autre entité viscérale « Shin » (Shen) ne peut, du coup, pas faire son travail correctement. Shin est lié au cœur et gère la capacité de juger sainement, le discernement. Le méridien du Cœur a la charge du cerveau et est sur-sollicité. Shin ne peut réaliser son travail d’harmonisation globale quand les autres entités viscérales font n’importe quoi. Michel Odoul voit ici un rôle majeur de la pratique du Shiatsu : réaliser un travail d’harmonisation globale, rééquilibrer Shin, et donc notre gestion énergétique et émotionnelle du monde.
 

 
Seuls les idiots scient la branche sur laquelle ils sont assis. Si nous ne sommes pas idiots, il faut d’abord  reprendre conscience que nous sommes assis sur cette branche, en corrigeant notre vision du monde et en reconnectant à la fameuse « interrelation » des Bouddhistes. Si je détruis le monde, je me détruis. Je ne suis pas séparé.
La pratique du shiatsu n’est pas la panacée qui va résoudre tous les problèmes de l’humanité. Mais je suis convaincu que le travail sur le corps est la porte d’entrée vers tous les plans, physiologiques, psychologiques, émotionnels, spirituels. Au-delà des demandes spécifiques qui nous sont faites en séance et que nous prenons en compte, il est clair que nous travaillons en même temps sur l’empathie, l’interrelation, la connexion au Ciel et à la Terre, la communication entre les hommes et les femmes, l’harmonie, la détente. Et que donc nous contribuons, en nous et autour de nous, à un monde plus viable. Au fur et à mesure que le corps s’harmonise, que nous devenons plus conscients de et dans notre corps, notre façon de vivre et de penser se met à changer et nous devenons, nous-mêmes, acteurs du changement autour de nous.
 
 
 

Thursday, 26 May 2016

Shiatsu et condition physique

Avec le printemps, viennent les travaux au jardin. Je m’installe en seiza sur le sol, saisis la bêche et désherbe en poussant l’outil une bonne vingtaine de mètres sous une haie. Cela fera 6 bonnes brouettes de hautes herbes à charger et transporter à l’autre bout du jardin. Tout en travaillant, je sais que le lendemain, je n’aurai ni mal au dos, ni même la plus petite raideur à un muscle ou une articulation.

Pourtant, ce n’était pas gagné au départ. De constitution plutôt frêle, de prédisposition plutôt intellectuelle, et nous ne parlerons même pas de souplesse, je n’étais pas attiré par le travail physique ou la gym. Mais voilà, pratiquer le shiatsu, a changé beaucoup de choses.

Le shiatsu nourrit l'énergie vitale

Un des fruits du shiatsu est en effet de rétablir et d’entretenir une bonne énergie vitale et donc de faire des choses dont on ne se croirait pas capable au départ. Le shiatsu est un art oriental, et on peut trouver des analogies dans d’autres arts, martiaux par exemple. Sans vouloir comparer, me revient à l’esprit l’exemple d’O Sensei, le fondateur de l’aikido, de constitution très fragile au départ et qui, pendant une partie de sa vie, s’astreignit à de très lourds travaux, avec des résultats étonnants. Cette activité ne nourrissait pas que son physique, elle renforçait aussi un mental hors du commun.

Car cela fonctionne dans les deux sens. L’art que l’on pratique donne une grande énergie, et le travail physique régulier fait circuler cette énergie. J’insiste sur la régularité et sur le fait que cela ne doive en aucun cas être dans la performance. Je ne parle donc pas ici d’aller courir le marathon dans 2 mois. Une de mes clientes, Katrien, me le confirmait d’ailleurs hier encore : affligée d’une très grande fatigue « d’origine inconnue », elle s’offrait de temps à autre des séances de shiatsu. Elle me dit que cela l’a aidée à reconnecter à son énergie et elle se lance maintenant progressivement dans des programmes « Start to run ». On peut considérer qu’elle est à nouveau dans une spirale ascendante. Vive le shiatsu. Mais une fois que l’énergie circule bien, il faut que le corps soit lui-même en mouvement.
Tous fatigués ?

Il y a là une technique et un enseignement extrêmement simples, accessibles à tout un chacun. Je m’étonne toujours du nombre ahurissant de mes contemporains qui ne souffrent de rien de particulier mais qui ont besoin à tout bout de champ de se reposer. Je ne vois pas là tellement de fatigue, mais plutôt de la lassitude, due à un cocktail toxique d’hyper-sédentarité, de dégoût de l’effort, de limites que l’on se fixe, de manque de confiance dans ses capacités, de stress, d’intellect en surchauffe, d’émotions volatiles, d’alimentation intoxicante et que sais-je encore…

Notre existence hyper-sédentaire est un sérieux problème.  Depuis que la technologie existe, celle-ci ne semble avoir d’autre but que de « ne pas nous fatiguer », faire le plus gros travail au moindre effort. Ainsi, on ne se baisse plus, on ne balaie plus, on ne frotte plus, on ne ratisse plus, on ne lave plus, on ne marche plus… On pousse sur un bouton. L’énergie électrique a remplacé l’énergie humaine. Or, moins on se fatigue, plus on est fatigué. Il vaudrait mieux continuer à faire le travail physique, mais en apprenant les techniques permettant de s’économiser, de faire les mouvements efficacement sans s’épuiser. 
Mon client le plus âgé a 91 ans et a passé son enfance à couper du bois (sans outil électrique ou autre, cela va de soi). Il est dans une forme mentale et physique éclatante. Dans cette vitalité, il y a sans doute une part héréditaire, mais aussi beaucoup de travail et un « moto perpetuo » : tout le temps en mouvement.

Soit dit en passant, ce qui est en haut étant comme ce qui est en bas, la fameuse agilité (« agility ») prônée par certains consultants en entreprise est vaine si elle ne s’accompagne pas de souplesse et de résistance physique.
Paradoxalement, plus on en fait, moins on est fatigué, car le corps retrouve ses capacités d’origine. La fatigue qui s’installe en fin de journée est alors saine et annonciatrice d’un sommeil profond. La petite sieste est excellente pour qui se remue dès les aurores. N’oublions pas qu’au regard de l’évolution, nous sommes toujours bâtis comme des hommes des bois et que l’homo informaticus est une accentuation nouvelle de la séparation d’avec la Nature. Il n’est pas mauvais ou inutile d’aller se promener dans la virtualité à l’occasion, mais là n’est pas la Vie.

Reconnecter à l'élan vital
Le shiatsu vient rééquilibrer tout cela. Le pratiquer, sur les autres ou sur soi-même, au travers d’étirements, par exemple, ou simplement le recevoir, reconnecte à cette fabuleuse énergie du corps. L’impossible d’aujourd’hui est le possible de demain et le chemin est progressif. Cela vaut pour tout le monde. Ainsi pour Arlette, une autre de mes clientes qui n’a plus aucun équilibre et ne peut plus marcher sans assistance. Quand elle me dit « tous vos exercices, là, ce n’est pas pour moi », c’est exact. Elle ne va pas faire le Makko Ho demain. Mais dans son lit ou dans son fauteuil, elle peut étirer ses extrémités et faire des mouvements qui acquerront avec le temps une plus grande amplitude et permettront d’autres choses.

Un seul secret : le faire tous les jours. La régularité.

Soyons donc notre énergie, c’est-à-dire sans cesse en mouvement, souples et tranquilles. Les bienfaits du shiatsu vont au-delà d’une simple séance, il nous revient ensuite de sentir l’élan vital retrouvé et de nous laisser couler sur la vague de la Vie.
En savoir plus sur le shiatsu : www.shinmon-shiatsu.be

Wednesday, 6 April 2016

Shiatsu et burn out

Cet après-midi, j'ai traité quelqu'un qui vient depuis un bon moment déjà suite à un burn out.

Le shiatsu, dit-elle, lui fait énormément de bien et elle attend chaque semaine ce moment devenu tout à fait particulier. Le burn out a fait entrer le shiatsu dans sa vie, et sa vie est en train de changer complètement.

Pour traiter un burn out, il faut du temps et le shiatsu seul ne pourrait sans doute en venir à bout. Cette personne bénéficie des conseils avisés de son médecin, qui la comprend et laisse le temps au temps de faire son oeuvre. Heureusement. Car j'entends que ce n'est pas toujours le cas.

Quand on a un burn out, on n'est pas "malade", au sens où il faudrait prendre une médication, mais le corps n'en peut plus. J'ai demandé à une consultante RH bien établie dans son métier si on pouvait associer d'une façon ou d'une autre le burn out à la dépression. Elle m'a dit que le burn out était en fait le corps qui lâchait complètement, de sorte que les gestes les plus simples deviennent impossibles à effectuer. On n'arrive plus à rien faire, et on n'a plus envie, d'ailleurs. Mais c'est bien le corps qui dit d'arrêter, et le mental va suivre.

En ce sens, le shiatsu peut s'avérer une aide puissante en cas de burn out, puisqu'il s'adresse en premier lieu au corps, tout en travaillant en même temps sur les niveaux mentaux, émotionnels, spirituels... On constatera souvent un grand épuisement. Dans ce cas précis, la personne me demande de toucher toutes les parties du corps jusqu'aux extrémités. Elle le ressent comme un besoin. Je le comprends comme : "tout est atteint". C'est la totalité de l'être qui réclame des soins.

En cas de burn out, il est impératif d'arrêter toute activité. Le corps entre comme dans une période hivernale, où il faut prendre tout le temps pour soi, ne rien entreprendre, ne rien vouloir faire... Certains jours, on a un peu d'énergie et d'autres pas du tout... Il faut accepter cela, jusqu'à ce que l'équilibre se rétablisse. Cela peut prendre des mois. L'erreur serait de présumer de ses forces et de reprendre ses activités. Lorsqu'il y a reprise, elle ne peut être que partielle et progressive. Et il y aura certainement des mini rechutes.

Je me suis demandé ce qu'il pouvait y avoir dans le shiatsu qui fasse tellement de bien dans les cas de burn out. Il y a l'écoute et le toucher, certainement, devenus trop rares dans beaucoup de traitements. Il y a aussi le fait que le shiatsu permet de reconstituer l'énergie vitale, de rééquilibrer et réharmoniser en profondeur. Chaque cas est différent, mais on travaillera clairement sur la circulation d'énergie, la réactivation de l'énergie vitale, la gestion des émotions, le lâcher-prise, la qualité du sommeil.... Toutes choses permettant à la personne de faire ce "retour à soi", en son centre et de ne pas se laisser épuiser par les circonstances de l'existence. 

On peut se dire que c'est dommage d'avoir laissé aller les choses si loin. C'est vrai : si on prend du temps pour soi, que l'on travaille la prévention quand tout va bien, on risquera moins de glisser dans un burn out ou toute autre maladie. C'est le Credo du shiatsu, mais il faudra encore beaucoup le répéter dans un monde qui l'entend difficilement.

Mais, quelque part, si cela arrive, mieux vaut le prendre comme un sérieux signal du corps, qui ne ment jamais et ne s'illusionne pas, et qui vient nous dire qu'il est temps de s'arrêter et de reconsidérer sa vie complètement, voire de la changer. Et autant le prendre alors comme une chance, une période où il n'y a rien d'autre à faire que de s'occuper de soi et de regarder "l'autre versant de la montagne", le paysage d'une vie différente qui se profile à l'horizon..