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Saturday, 22 July 2023

夏指圧 - Natsu Shiatsu - Shiatsu d’été (9) : la danse cosmique

Courtes réflexions pour ne pas oublier le Shiatsu pendant l’été

NEUF

A Vézelay, aujourd'hui, c'était la grande fête de la Sainte, 'apôtre des apôtres'.

La figure de Marie-Madeleine m’amène à réfléchir sur la polarité homme/femme, y compris dans la pratique du Shiatsu.

Le livre de Jean-Yves Leloup ‘Une femme innombrable’ évoque bien des facettes de cette femme somme toute peu connue : belle et rebelle, initiée, amoureuse, mystique, prostituée peut-être…Tout cela à la fois et rien de tout cela.

Toni Carmine Salerno, dans l’Oracle de Marie-Madeleine, précise qu’elle incarne des choses différentes pour chacun, qu’elle est un esprit archétypal doux et délicat, mais également fort et indomptable.

L’inspiration pour nous ici ne réside pas dans l’opposition ou la discrimination (positive comme négative). C’est insensé de défavoriser ou favoriser quelqu’un selon son genre, voire d’insister là-dessus, seules les compétences et la capacité de les mettre en œuvre peuvent faire la différence. Quand nous travaillons, nous ne sommes pas dans l'agitation.

Il s’agit bien plutôt de réaliser en nous-mêmes l’union d’énergies de type YinYang, c’est-à-dire de mouvements complémentaires.

Pas l’un ou l’autre ni l’un et l’autre, ni l'un puis l'autre, mais l’un dans l’autre en une danse cosmique perpétuelle.

Le toucher n’est pas sexué, il est, il prend de multiples formes, tantôt doux, puissant, actif, à l’écoute, vigoureux, amoureux…

En tant qu’homme, j’aime à cultiver des qualités de réceptivité et d’intuition qui sont plus spontanées chez les femmes et j’aime voir une femme développer des qualités plus solaires, dans l’affirmation claire de soi.

La rencontre se fait là, quelque part vers le milieu, dans un mouvement qui s’entrecroise et s’amplifie mutuellement.

Le fait qu’il y ait plus de femmes que d’hommes, tant du côté des praticien(ne)s que des client(e)s, nous incite à travailler notre ressenti profond (kokoro).

Dans de nombreuses traditions, les femmes sont initiatrices, précisément pour cette raison, et on dit même que Jésus confia des choses à Marie-Madeleine qu’il n’avait dites à personne d’autre… sans doute parce qu’elle seule était capable de les comprendre.

A bons entendeurs...moi en premier.



Friday, 21 July 2023

夏指圧 - Natsu Shiatsu - Shiatsu d’été (8) : les perceptions subtiles

Courtes réflexions pour ne pas oublier le Shiatsu pendant l'été


HUIT

Me voici à Vézelay où, ce 22 juillet, on célébrera la fête de Marie-Madeleine. La célèbre basilique abrite en effet quelques reliques dans la crypte.


En marge du dogme catholique, on assiste aujourd’hui à un regain d’intérêt pour la personne de Marie-Madeleine, au travers de chemins initiatiques comme ‘La Voie de la Rose’ que je parcours actuellement.

J’ai envie de vous partager la question de la perception, si importante pour nous. Nous devons bien ‘sentir’ les choses quand on vient nous voir. Je vois dans le récit de l’Evangile de Marie une analogie frappante.  

Selon les textes, Marie-Madeleine aurait été la toute première à rencontrer Jésus après sa résurrection. Mais qu’a-t-elle ‘vu’ ?

Jean-Yves Leloup (dans son livre ‘Une femme innombrable’) nous explique ce passage de l’Evangile de Marie où Marie-Madeleine se demande comment elle perçoit. Et la réponse est : Ce n’est ni par ta psyché que tu me connais, ni par le pneuma, mais par le’ nous’, qui est entre les deux.

Le ‘nous’ est un mot grec intraduisible, qui a donné, notamment noosphère. Et il s'agit bien de 'connaître', càd naître avec, accompagner sur un chemin. 

La psyché et les sens où elle se projette ( l’ouïe, l’odorat, la vue, le goût et le toucher) ne suffisent donc pas. Ni le pneuma, l’Esprit, le souffle silencieux où tout ce qui vit et respire naît et se résorbe. Il y a possibilité de faire appel au ‘nous’, l’intelligence contemplative, la fine pointe de l’âme, ‘entre la parole audible et le silence inaudible, entre le visible charnel et l’invisible spirituel’.

Même si nous appréhendons des corps bien incarnés en Shiatsu, cette faculté entre présence et absence nous permet de sentir les aspects les plus subtils.

Paradoxe : nous touchons, mais pouvons aller dans le domaine spirituel propre à chacun. M. Masunaga nous dit d’ailleurs que Setsushin est la forme supérieure de diagnostic, mais qu’il fait appel à une sensibilité primitive, en-deçà de toute formulation ou tentative d’explication rationnelle.

Et donc, certes, nous posons les mains en premier lieu. Mais pour nos perceptions des niveaux subtils de conscience, nous pouvons développer un regard magdalénien qui est  ‘celui d’un psychisme apaisé ouvert à la présence de l’Esprit’.

Frappante analogie émanant d'une toute autre Tradition que la nôtre et qui vient éclairer certains de nos ressentis, ne trouvez-vous pas ?