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Monday, 15 August 2022

Cesser de jouer avec le Feu

Réflexions sur nos désordres intérieurs



Quelques années de sécheresse, dont celle-ci particulièrement intense… et voilà qu’à nouveau le monde des phénomènes, dont l’humanité est un phénomène particulier, s’agite dans tous les sens.

Car tout est impacté : l’environnement où nous vivons, l’agriculture, la vie quotidienne, le fonctionnement de nos systèmes, la santé, l’avenir…

Les pensées s’agitent, selon les croyances et les idéologies : réchauffement climatique ou non, anormal ou normal, la faute de l’homme ou pas, la fin du monde ou pas… tous les scénarios se juxtaposent et s’entrechoquent.

Combat d’idées, défenses d’intérêts particuliers, visions contradictoires… d’un extrême l’autre, comme ce climat trop sec et trop chaud trop longtemps, puis trop humide trop vite.

Incendies, puis inondations. Avons-nous perdu la voie médiane, le sens de la mesure, l’équilibre vital ? En nous comme à l’extérieur de nous…

Ou cet apparent ‘extérieur à nous’ est-il quelque part le reflet de notre monde intérieur conflictuel, déchiré et déséquilibré ?

Ne dit-on pas, dans certaines Traditions, que le monde est le reflet de nos pensées, ou encore que le monde est tel que nous l’imaginons, le projetons ?

Utilisons deux-trois bases de réflexion propres à notre pratique du Shiatsu pour voir si cela nous mène quelque part.


Regarder avec le Coeur


Deux poids, deux mesures… Il y a ceux qui vivent l’enfer au quotidien et il y a ceux qui regardent ou en entendent parler. Ce n’est pas pareil du tout.

Le plus urgent est de survivre… dans l’urgence précisément. Si, en Belgique, le temps reste relativement clément, d’autres régions pas si lointaines ont subi des cauchemars. Comme l’écrit une amie, dont la forêt proche est calcinée :  ‘On avoisine les 40°c depuis 48h. Intenable. Des amis ont perdu leurs maisons, leur forêt. Le ciel est jaune gris depuis hier. Le soleil tout gris. Et la lune ce soir s'est couverte d'un voile ocre. Notre paysage millénaire de sable blanc est en train de disparaître’.


Terrible réalité de milliers d’humains qui devrait nous inciter, non à commenter, mais à ressentir. Terrible sentiment d’impuissance. Et horrible constat : combien de temps faudra-t-il pour tout rétablir ?

A la fois, la Vie est anéantie, les plantes, les animaux qui ne demandaient rien. Et en même temps, la Vie est là. L’année après la bombe d’Hiroshima, les arbres repoussaient contre toute attente. Aujourd’hui, les écoliers japonais donnent des graines des premiers arbres ayant survécu à la bombe et les arbres poussent dans le monde entier, symboles d’espoir. J’ai vu en Dordogne un de ces descendants d’Hiroshima.

Hommage à ceux qui se battent ainsi pour leur monde, leur terre, leur forêt et pour maintenir la Vie.

C’est la première leçon : ressentir, se laisser toucher au Cœur. La sécheresse du Cœur embrase aussi la Terre.

Prendre du recul et arrêter de s’agiter


Sorti de l’urgence, il y a le recul nécessaire et alors seulement vient la réflexion.

Voir qu’il y a toujours eu sur notre planète des épisodes climatiques extrêmes, glaciations et sécheresses. Les scientifiques reconstituent ainsi peu à peu les diverses extinctions de masse, les épisodes climatiques qui à chaque fois ont à peu près éradiqué la vie sur Terre, ou ont modifié les écosystèmes pour des millions d’années.

Fragilité et modestie : il suffirait que la Terre change légèrement sa course autour du Soleil pour nous précipiter tous en enfer. Ou qu’une météorite nous percute. Ou que la lune  change sa course. Invitation à vivre pleinement cette fragile Beauté qui nous est offerte tous les jours, dans un esprit de gratitude.

Plus proche de nous, l’Histoire du Climat écrite par Emmanuel Leroy-Ladurie, qui a scruté les documents des derniers siècles, démontre l’avancée et le recul des glaces, de la chaleur, les impacts sur les cultures… Globalement, nous vivons une embellie depuis le début du néolithique avec des variations locales parfois importantes.

Quelques années de sécheresse ou d’humidité, de chaleur ou de froid ne pèsent guère dans la balance, si on prend 10.000 ans comme époque de référence où l’humanité a commencé à laisser des traces significatives.

Nous laisserons cela aux historiens et scientifiques, chercheurs si possible indépendants de tout groupement d’intérêts, pour conclure que, à ce stade, vraiment, nous ne comprenons pas et ne savons pas.

Pas la peine de s’agiter et de vouloir régler en quelques années des facteurs tellement complexes et intriqués qu’ils échappent à notre compréhension. Il faudra dire ça aux media.

Intuition intellectuelle


Tentons plutôt d’exercer notre intuition intellectuelle, càd notre capacité à relier des facteurs très multiples et à sentir où cela peut bien nous mener.


Qu’il y ait un impact humain est certain. Un indice en est le retour très rapide de la vie sauvage lorsque l’homme est resté chez lui lors du confinement de 2020. Il va falloir diminuer notre pression (démographique, économique, écologique…) sur la planète, nous faire plus discrets, plus légers, moins visibles. Moins pesants.

C’est toute la question du rapport à la Nature tel que les traditions primordiales, les religions anciennes (le Shintô, par exemple) nous l’enseignent encore aujourd’hui, si nous voulions seulement écouter.

Laisser notre conscience planétaire émerger, plutôt que laisser les ego individuels tenter de perdurer à tout prix sans surtout rien changer.

Beaucoup trop de Yang


En tant que praticien(ne)s de Shiatsu, nous pourrions aussi réfléchir selon le cadre de pensée qui sous-tend notre art.

Le YinYang est une première piste.

La Yanguisation de l’humanité atteint maintenant des sommets. Depuis qu’on connaît l’humanité (à de rares exceptions près), le Yang expansionniste, conquérant, destructeur progresse à grands pas. C’est là plutôt le fait des hommes (entendez une énergie de type masculin) qui entendent surimposer leur monde, celui qu’ils imaginent dans leur tête, au monde existant. Aménager le territoire, assécher les marais, canaliser les eaux, surexploiter les ressources, contrôler, asservir, planifier… Comportement de pillard et de prédateur. Tout cela, c’est plutôt du Yang qui a perdu son Yin. Car le Yin nourrit, protège, fait grandir. Le Feu c’est le sommet du Yang. L’Eau, c’est le plus profond du Yin.

Je ne généralise pas, je l’observe comme une tendance qui se répète sans cesse depuis des milliers d’années et ne se remet pas en question. Trop de Yang : ça brûle. Trop de Yin : tout est inondé.


Le Ciel est Yang, c’est le domaine de l’immatériel, de l’impavide, d’un prétendu immuable, qui n’a pas besoin de la Terre pour vivre. Et en même temps, pas de Terre sans Ciel, et pas de Ciel sans Terre, pas d’immatériel sans la matière.

Il y a toujours un retour de balancier, une fois à l’extrême Yang on retourne en arrière. La question est : quand surviendra ce point de retour tant attendu par des esprits déjà éveillés ?

Il me semble que c’est une question de manque de ressenti. L’esprit a décidé de se couper de la Nature, c’est le début des problèmes. Bien entretenu par certains mythes bibliques, le rationalisme, le scientisme, avec pour résultat de ‘dominer la Terre’.

Je comprends maintenant le mystère de l’Incarnation comme le désir du Ciel de ressentir la condition humaine. Les Indiens disent que les dieux nous envient, car ils n’ont pas nos sens humains pour ressentir.

Nous nous prenons pour des dieux sans en avoir les capacités : erreur fatale.  Le mythe de la Genèse dit d’ailleurs : ‘vous serez comme des dieux’. Déconnectés.

La solution dans le Yin ?


Le Yang étant action, faut-il se tenir tranquille pour rétablir l’harmonie ? ‘Pratique le non-agir et tout restera dans l’ordre’ (Tao III). Ce qui consiste, selon Marc Halévy (Citations taoïstes expliquées), à ‘se placer dans la dynamique du Tao, en harmonie avec ses forces et puissances, avec ses mouvements et ses intentions, avec ses rythmes et ses pulsations’.

En d’autres termes, il s’agit de revenir à notre juste place qui est celle de jardinier de la Terre et non de programmeur qui va corriger le programme d’origine. Visiblement, le système d’origine fonctionne mieux dès qu’on n’intervient pas.

Tout restera ‘dans l’ordre’, poursuit Marc Halévy et non ‘en ordre. Il ne s’agit pas d’un ordre figé, rigidifié, hiérarchisé, mais d’un ordre fluide, vivant et souple’. De nouveau, les aspects YinYang avec la prééminence au Yin.

Car, si préséance il faut définir, elle va clairement au Yin.

L’Esprit de la Vallée


L’espoir réside peut-être dans le mystérieux ‘Esprit de la Vallée’ du chapitre VI du Tao ‘l’Esprit de la vallée ne meurt pas’.  Pour Halévy, c’est le destin cosmique qui est d’accomplir tout. Et le destin de chaque existence est de participer à ce destin cosmique,  ‘accomplissement toujours vivant, toujours cherchant, toujours créant’.

Et donc, si chacun a son destin individuel, la notion d’harmonie prend racine dans cette convergence des destins  individuels en un destin collectif qui se transcende dans le destin global et cosmique qui est l’accomplissement du Tao.

Et Halévy de conclure que les philosophes présocratiques ou stoïciens ne disaient pas autre chose lorsqu’ils préconisaient de ‘vivre selon la Nature’.

Notez que l’esprit se situe au fond de la vallée, là où l’énergie coule selon sa pente naturelle, et non sur le sommet d’une montagne.

Vivre pleinement notre destin individuel en le laissant suivre sa pente naturelle est donc la seule chose à faire. De nouveau : le travail sur Soi. Et tout cela convergera comme il se doit.

Inochi 命


J’y vois pour ma part Meimon, le point VG4, traduit ‘porte de la vie’, mais qui s’écrit en fait
命門  , le premier mot étant prononcé ‘Inochi’, lorsqu’il n’est pas associé à un autre kanji.


Inochi, c’est  la Vie, mais dans le sens d’un destin. Destin, mot à fuir au sens occidental (fatum), bien plutôt la destinée au sens de la destination, la vie qui va vers une finalité.

Nakazono, dans son livre ‘Inochi’, affirme ceci : ‘
nos ancêtres ont saisi l’ordre complet de la manifestation de la vie humaine comme un passage de l’a priori à l’existence réelle de l’être vers les phénomènes universels a posteriori, pour revenir à l’a priori. C’est le cycle complet de la manifestation universelle’.

Quand on dit « Inochi », on entend donc bien plus que l’espace entre la naissance et la mort d’un individu, mais plutôt l’énergie vitale, non-manifestée puis manifestée, ou, si vous préférez : Ciel Antérieur et Postérieur. La Vie avec une majuscule.

En travaillant Meimon, nous travaillons le Koshi, stimulons l’élan vital, accompagnons l’énergie vitale vers sa destination. La vitalité est la manifestation de la vie, le contraire de l’annihilation. Le retour à l’Esprit de la Vallée qui ne meurt jamais.

Meimon, c’est aussi l’endroit où se réunissent l’Eau (Rein gauche) et le Feu (Rein droit), produisant la vapeur vitale, le cycle éternel de l’Eau, des nuages et de la pluie, matérialisé ensuite dans l’idéogramme Ki.

Un second outil de compréhension de nos paysages intérieurs et extérieurs sera la relation entre l’Eau et le Feu.


L’Eau et le Feu


Sécheresse, incendies, témoignent d’un déséquilibre : manque d’Eau qui donne libre cours au feu.

L’Eau est l’élément primordial, sans lequel la Vie n’existerait pas. L’Eau nourrit le Bois et éteint le Feu.

L’Eau porte le numéro 1, le Feu le numéro 2. Elle vient en premier.

Trop d’Eau ou trop de Feu engendrent des pathologies extrêmement bien décrites par la Médecine Chinoise : sécheresse et humidité internes et externes.

Laissons de côté la Peur, propre à l’Eau, et considérons sa polarité vertueuse.


Nous intéresse plutôt ici la Relation entre l’Eau (nr 1, les Reins, Sei) et le Feu (nr 2, le Cœur, Shin) sur l’axe vertical.

Situés aux antipodes (Extreme Yin / Extreme Yang) et de mouvements opposés (l’Eau descend, le feu monte), on voit que dans la Nature l’Eau vient à manquer et ne contrôle donc plus le Feu, l’élan vital du Bois est détruit et précipité dans la Terre sous forme de cendres. En quelque sorte inversé, de nature Métal. Bien sûr, il renaîtra, mais la situation est en déséquilibre.

Reprenant l’idée que le déséquilibre externe reflète aussi un déséquilibre interne, on voit que le déséquilibre Eau / Feu est dû à la relation perturbée entre les Reins et le Cœur. Le Rein gouverne l’Eau qui doit nourrir le Cœur, le Cœur doit réchauffer l’Eau des Reins. Ils ont pour rôle de se nourrir mutuellement et non de s’opposer.


Sur l’axe Jing Qi Shen (Sei Ki Shin), si l’Essence est faible, l’Esprit est affecté. Si l’Eau vient à manquer, le Feu s’emballe. Axe vertical, flux d’énergie innée perturbée.

Tout étant finalement des modalités du Ki, on pourrait aussi examiner la relation Ki/Ketsu (Ki/Sang), par laquelle un sang de mauvaise qualité (donc mal nourri) affecte la clarté du Shen (de l’esprit). Autre base de réflexion, par l’Energie acquise cette fois.

Le Feu qui ravage la Terre par manque d’Eau est éteint à grands renforts d’Eau pompée sous la Terre. C’est un cycle de contrôle utilisé à son maximum et qui ne peut être qu’exceptionnel, car il ne reflète pas la relation vitale normale entre Eau et Feu.

La question étant : comment rétablir l’équilibre ?

Que faire dans notre pratique ?


Nous, praticien(ne)s de Shiatsu à genoux dans nos cabinets, n’avons, sauf exception, que peu d’impact sur le cours extérieur des choses.


Peu d’entre nous sont pompiers volontaires, décideur politique, gestionnaire de territoire, garde des Eaux et Forêts, homme de terrain avec la mission quotidienne de préserver le patrimoine planétaire pour les générations futures.

Nous avons toutefois pour mission d’accompagner et de nourrir l’élan vital des personnes qui viennent nous voir, de nourrir, de préserver le Yin, de nous assurer que la relation Eau / Feu, Reins / Cœur fonctionne bien, que l’harmonie vitale s’installe chez nos receveurs…

Nous posons les mains et aidons équilibre et harmonie à se réinstaller.

Nous avons aussi des outils de compréhension, de réflexion et de vision pour notre planète. Nous avons, comme tout le monde, la faculté de matérialiser le monde que nous voulons voir exister. A notre niveau et là où nous sommes.

Là où nous sommes, c’est à notre juste place : entre Ciel et Terre, ni trop Ciel ni trop Terre, avec l’accès aux deux. Observer le Ciel et nourrir la Terre.

Le spiritualisme comme 3ème Voie ?


Revenons pour terminer à l’Esprit de la Vallée qui ne meurt pas. Selon Marc Halévy, dire l’Esprit de la Vallée, c’est poser un spiritualisme opposé à l’idéalisme et au matérialisme.

Il pose la question du cœur de la réalité du réel (Je résume ici ses conceptions)

  • L’idéalisme, c’est le monde des Idées de Platon, puis le christianisme : la réalité est l’imparfaite réalisation d’idées parfaites d’un autre monde immatériel.

  • Le matérialisme nie un ‘autre monde’ et dit que tout émane par hasard un peu magique d’un fond énergétique nommé ‘matière’.

  • Le spiritualisme dit que tout émane  d’une intention fondatrice, d’un désir originel dont tout procède.

Le Taoïsme se réfère à l’Esprit de la Vallée comme la puissance du Tao à tout mener à son plein accomplissement.

Vu que, pour les deux premiers concepts, on a déjà donné et que cela n'a pas vraiment marché, peut-être pourrait-on essayer le troisième ? Libérer l'élan vital en nous et à travers nous...

Vision rassurante que ‘tout est bien’, quoi que nous en pensions, et matière à réitérer sans cesse notre gratitude et notre confiance.




Monday, 7 December 2020

Le parfum quantique du shiatsu


Il y a une petite centaine d’années, maintenant, plusieurs scientifiques de talent ont découvert les lois innovantes de l’infiniment petit et de l’infiniment bref. 

Ils s’appelaient Max Planck, Albert Einstein,  Niels Bohr, Louis de Broglie, Wolfgang Pauli, Erwin Schrödinger, Werner Heisenberg, Paul Dirac… 

La théorie quantique n’a jamais été mise en défaut sur le plan scientifique. En même temps, elle nous interpelle sur le plan métaphysique, car elle remet en question notre perception de l’Univers.

Il y a un peu plus de 80 ans apparaissait le mot ’shiatsu’ au Japon. Il s’agit d’une pratique aux multiples facettes qui, au départ du corps, atteint d’autres plans, émotionnels, psychologiques, spirituels, relationnels… Enraciné dans une conception orientale de l’Univers, le shiatsu emprunte à des horizons très divers, occidentaux ou orientaux, anciens ou modernes et réalise un syncrétisme à portée universelle.

A priori, aucun rapport entre les deux, à part l’époque d’émergence. Sauf qu’il y a des analogies frappantes, et vous savez comme il peut être éclairant de penser par analogies (les anciens Chinois n’ont pas fait autrement).

Et donc, quand je pratique le shiatsu, cela m’évoque parfois la quantique, et quand je lis sur la quantique, cela me fait parfois penser au shiatsu. Le filigrane de ce texte est ainsi une grande analogie.

Creusons un peu.

On n’y comprend rien, mais ça marche…  


Rassurez-vous, je n’ai aucune base scientifique et donc pas la prétention de comprendre ou d’expliquer la physique ou la mécanique quantique.

D’ailleurs, comme le précise Science & Vie d’octobre 2020, ‘la théorie quantique est uniquement un ensemble de règles mathématiques utilisées pour décrire le comportement de la matière’. Par conséquent, seuls les spécialistes maîtrisant ces calculs peuvent comprendre la théorie. Voilà du péremptoire.

Suivi toutefois d’un volte-face finalement bien oriental : peut-on utiliser une théorie que l’on ne comprend pas ? ‘Bizarrement, oui’, répond Science & Vie… car la théorie quantique est déjà utilisée dans de multiples applications (lasers, transistors, LED, smartphones, clés USB...) et même des ‘étrangetés’ peuvent être exploitées ‘sans que l’on comprenne exactement ni leur origine ni leur signification profonde’.

Bref, on ne sait pas pourquoi et comment ça marche, mais ça marche… En voilà déjà une belle, d’analogie. Car en shiatsu, on est un peu confronté à la même situation : on a beau essayer d’expliquer d’où cela vient et comment ça marche exactement… on n’y arrive pas bien, mais ça marche !

Serions-nous dans la même couche de la réalité ? Pour Ryokyu Endo, par exemple, les méridiens sont le courant d’énergie vitale, la Vie qui sous-tend le fonctionnement du corps. Nous voici en quelque sorte dans la trame (le monde sub-atomique, si on veut) et cela nous invite à abandonner toute tentative d’explication anatomique et toute spéculation sur la détection physique des méridiens : on ne trouvera rien. De même, les particules dont s’occupe la physique quantique sont invisibles pour la physique classique et ne répondent pas aux mêmes lois.

Les 7 grands principes de la quantique et le shiatsu

A l’heure actuelle, 7 grands principes ont été découverts, qui décrivent le comportement des objets du monde de l’infiniment petit. Exposons-les brièvement et voyons s’ils nous font connoter à des expériences connues en shiatsu.

1. La dualité onde-corpuscule : tout objet quantique peut se comporter à la fois comme une onde ou un corpuscule. L’observateur influence ce qu’il voit : soit l’onde, soit le corpuscule

2. L’incertitude : il n’est pas possible de connaître en même temps deux états d’une particule, par ex. sa vitesse (onde) et sa position (corpuscule)

Dans un article précédent, j’évoquais la (fausse) dualité entre les shiatsu dits ‘de points’ (tsubo) et ‘de méridiens’ (keiraku) et posais la question de savoir si cela ne dépendait pas plutôt de ce que l’on considère en premier.

Si on regarde l’onde, on ne voit pas la particule : keiraku shiatsu (des méridiens)

Si on regarde la particule, on ne voit pas l’onde : tsubo shiatsu (des points)

Dans la réalité, il y a les deux, un  indifférencié. Quand il n’y a pas d’observateur, il y a les deux… 

C’est la fameuse expérience de pensée du chat de Schrödinger. Tant qu’on n’ouvre pas la boîte, il est à la fois mort et vivant.

3. La superposition : un objet quantique peut être naturellement dans deux états à la fois en même temps : sens de rotation (spin up and down), fondamental et excité, ici ou ailleurs

Pour un esprit oriental, cela n’a rien étonnant. Pensons à YinYang. Il n’y a jamais exclusivement Yin et Yang, mais toujours YinYang, l’énergie est toujours les deux à la fois. Il y a mouvement vers l’un ou l’autre. Et dans le Yi Jing, quand on atteint le sommet du Yang, le Yin apparaît et inversement. Il n’y a pas d’état stable et figé de l’énergie (ou alors il y aurait justement comme un problème).

4. La décohérence : la mesure (ou l’observation) d’un objet en état de superposition conduit à sa décohérence. Ceci peut être déclenché par une infime variation de lumière, de champ magnétique, de température… Tout est en interconnexion et dès que l’observateur s’en mêle, on ne voit plus qu’un aspect. De plus, à chaque mesure, l’état observé peut être différent.

Cela me fait penser au diagnostic. L’énergie change sans cesse et donc, un diagnostic reflète l’instant où on le fait. Deux minutes après, si on refait le même sans aucune intervention, il ne sera normalement pas le même. C’est pourquoi le diagnostic donne une direction de départ et, par la suite, le traitement est le diagnostic.

5. Les quanta : il y a les fameux sauts quantiques, qui font qu’un objet peut passer brutalement d’un état à un autre, par paliers : les quanta.

Cela ressemble à la ‘photo d’avant’ et la ‘photo d’après’ la séance. Nous devrions photographier le visage de la personne qui rentre et qui sort, il n’est jamais le même. Il y a eu la séance entre les deux, mais on ne peut pas parler d’une progression linéaire, mesurable, avec des étapes bien déterminées et identifiables. Comme un saut quantique, donc.
 

6. L’intrication et la téléportation : deux objets liés se comportent comme un seul et même objet. Ainsi même à très grande distance, quand on modifie une particule, l’autre se modifie instantanément. C’est en quelque sorte l’abolition de l’espace-temps.

Je vous évoquerai cette étrange expérience que j’ai faite par deux fois. Pendant que je travaillais sur un endroit du corps, la personne ressentait  physiquement les mêmes pressions au même rythme de l’autre côté du corps, comme si quelqu’un d’invisible travaillait en même temps. On peut tenter d’expliquer de multiples façons… mais ça ressemble à de l’intrication, non ? 


7. L’effet tunnel (la fonction Josephson)
: un objet quantique se comportant comme une onde traverse un obstacle infranchissable (un effet passe-murailles).

Ni les vêtements ni le corps ne sont une barrière au travail énergétique. Nous n’envoyons pas d’ondes, évidemment, mais le toucher (matériel) va toucher en profondeur les niveaux d’énergie et la sensation de descendre dans le corps est fréquente.

Pas la peine de chercher à tout prix des ressemblances, mais avouons que travailler sur l’énergie ne suit pas les règles de la compréhension ordinaire du monde et que c’est sans doute la raison pour laquelle la science classique  est méfiante, parfois rejette ou condamne, malheureusement. La vision quantique de l’Univers est plus en affinité avec les pratiques énergétiques.

La perspective change complètement, en fait,  dès qu’on sort de la conception mécaniste de l’Univers (matière, cause/effet…) pour considérer l’angle informationnel, le flux d’informations permanent qui s’échange dans le corps et dans l’Univers entier.

Ou comme le dit l’excellent article de Martine Migaud, praticienne de Qi Gong au Canada, à propos des Méridiens Extraordinaires ; ‘l’ordinaire est nourri et conduit par l’extraordinaire’, ou encore ‘la matière même de notre être est un continuum qui va de l’individuel à l’universel’.

L’arrière-plan cosmologique nous détermine


On peut se demander pourquoi il est si compliqué en Occident de faire rentrer dans les mœurs des pratiques énergétiques ou une vision de l’Univers un peu plus ‘intégrative’, pourquoi il faut que nous nous séparions ainsi de la Nature et des autres êtres vivants.

Itsuo Tsuda qui, décidément,s’intéresse à tout et porte un regard japonais sur nos manies occidentales, en donne un bon résumé dans ‘Face à la science’, le 9ème tome de son ‘Ecole de la respiration’.

Il relève que la science occidentale est le produit de la cosmologie antique, dans notre cas, celle des Grecs. Hindous, Chinois et Japonais ont développé une autre cosmologie et ne sont pas arrivés à une ‘science’ au sens occidental.

Il y a effectivement plusieurs systèmes d’explication de l’Univers possibles selon le penseur qui a plus ou moins triomphé dans la philosophie à une époque donnée.

A ce sujet, il n’y a qu’à écouter les cours de philosophie de Michel Onfray qui nous parle des philosophes antiques dont la pensée a été écartée voire les œuvres détruites pour se rendre compte qu’on n’a pas gardé les plus ouverts, les plus perspicaces et les moins nuisibles comme modèles. La religion chrétienne n’a rien arrangé par la suite. L’histoire de la pensée occidentale est en majeure partie une série d’opportunités manquées (parfois juste de se taire) et le résultat est l’humanité contemporaine.

Scientifiquement, nous avons évolué (avec peine) du géocentrisme à l’héliocentrisme puis à la relativité. Si on veut : la Terre, puis le Ciel, puis on ne sait plus bien. Quand on s’est détaché de la métaphysique (l’influence de la religion chrétienne sur la science), deux approches scientifiques sont apparues :

  1. La déduction : on pose des axiomes, des principes évidents et on tente d’y faire rentrer l’Univers. La réalité, la pratique doit coller à la théorie. C’est Descartes et c’est français.

  2. L’induction : on observe les phénomènes pour arriver à des principes d’une portée universelle. On évacue ou ignore quelques contradictions ou imprécisions. C’est Newton et c’est anglais.

Jusqu’au début du XXème siècle, la physique de Newton était indiscutable. Si on reste à l’échelle humaine dans notre système solaire, elle peut effectivement nous suffire et nous a bien aidés. Mais dès qu’on va dans l’infiniment grand ou l’infiniment petit, d’autres lois apparaissent.

Depuis Einstein, ni la Terre ni le Soleil ne sont le centre de l’Univers, il y a autant de systèmes de référence que de positions de l’observateur, il n’y a en fait que des relations de mouvement réciproque entre deux points. Depuis les scientifiques quantiques, le monde n’est pas ce que nous voyons. La matière n’est pas ce truc solide que nous croyons. Et l’observateur est étroitement mêlé à ce qu’il voit. Mais peu importe, le monde a toujours été quantique… même avant que nous ne le découvrions.

Quantique le Ki, lui aussi 

Finalement, les pratiques énergétiques travaillent en grande partie avec et sur le Ki, concept indéfinissable. Mais c’est pareil : il y a toujours eu le Ki avant que nous le définissions. Quand on a lu les 9 livres de M. Tsuda, on ne peut toujours pas donner une définition du Ki, on a un champ de possibles basé sur l’expérience, le ressenti.

Citons-le, pour voir s’il n y’a pas là quelques analogies avec la quantique :

‘Le Ki n’est pas une idée obtenue suite à un effort intellectuel d’induction. Il est primaire. C’est ce qu’on sent antérieurement à toute réflexion. C’est ce qui nous fait agir et réagir, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment.

Si le Ki était un phénomène quelconque, il n’y aurait aucun inconvénient grave à adopter un terme plutôt qu’un autre (magnétisme, radiation, vibration, émanation qui correspondent au Ki mais n’en couvrent pas tous les aspects). En adoptant un de ces mots ou plusieurs, je serais acculé à abandonner toutes possibilités de développement philosophique  que je voudrais entreprendre.  Le Ki n’appartient pas au système de pensée qui oppose le phénomène au noumène. Il peut agir sur les phénomènes. On peut le sentir ou pas du tout. On ne peut pas le démontrer objectivement. Si on le démontre, ce n’est plus du Ki.

Si le Ki flotte dans l’incertitude, il ne peut pas être l’objet de la science au sens XIXème. Mais bien  un défi à la science du XXème, à présent qu’on est acculé à accepter l’incertitude comme une vérité rigoureuse.  Le Ki transcende le cadre des phénomènes définis par l’espace et le temps.’

Voilà qui fait penser à ‘ le Tao qui peut être nommé n’est pas le Tao’.

Ou encore, à Eckhart Tolle : ‘Le Ki est le lien entre le non-manifeste et le monde physique’.

Et, pour les Indiens, Pierre Feuga (in ‘Cinq visages de la déesse’) : ‘Tout, dans cet univers, depuis le moindre brin d’herbe jusqu’aux plus lointaines galaxies, est animé par Prânâ, l’Energie. Son omniprésence, sa puissance infinie rendent, sinon inutiles, du moins bien relatives les notions d’esprit et de matière.’

Et de rappeler la célèbre formule tantrique : ce qui est ici est là, ce qui n’est pas ici n’est nulle part. Non pas dans la seule perspective microcosme / macrocosme (analogie constitutive de l’homme et de l’univers), mais en tant que moyen et que puissance. Changer ici, c’est changer là, et revoici l’intrication quantique. 

Je n’influence pas, vous vous ferez votre propre idée sur le fait de savoir si, oui ou non, il y a des analogies entre le Ki et le niveau quantique de la réalité. 

Au long des mots ce délicieux parfum


Laissons maintenant de côté l’épistémologie et glanons des affirmations trouvées dans des articles sur la quantique :

  • Tout est lié, il n’y a pas  compétition mais association
  • Il n’y a plus de moi et d’autre
  • Mon regard crée l’univers que je vois
  • La quantique est une remise en question de lois censément infaillibles
  • La primauté est à l’expérience
  • Il n’y a plus de causalité locale mais globale, concernant l’Univers en son entier
  • Plus de contradiction, d’opposition, de ‘ou’, tout cela se réunit sur un autre niveau de réalité, la logique du tiers inclus demande les deux
  • Le monde invisible est aussi important que le monde visible
  • Il n’y a plus de dogme
  • Le monde intérieur et extérieur sont constamment interconnectés
  • La réalité est une
  • La quantique souligne l’importance de l’harmonie avec notre environnement
  • Nous sommes illimités
  • Le vide est rempli d’énergie, il est porteur d’une énergie infinie
  • Un océan d’énergie électromagnétique danse invisible sous la surface du monde
  • Dans un hologramme, la partie contient le tout
  • Tout n’est pas séparé, divisé et déterminé, mais fait d’unité et d’interconnexion

Comme le dit Basarab Nicolescu, dans la revue ‘Kaizen’, hors-série nr10, consacrée au… Souffle quantique : ‘La théorie quantique demande une transformation intérieure’. Pour comprendre, il faut d’abord se transformer soi-même.

Ne le répétons-nous pas au fil de tous ces articles ? La principale chose à faire est le travail sur soi.

Ces affirmations vous évoquent-elles quelque chose en rapport avec votre pratique ? Je vous laisse décider pour vous-mêmes, mais, depuis ma position d’observateur, c’est bien le cas. Et donc, pour moi, il flotte bien dans le shiatsu un délicieux parfum quantique.

Il nous reste, à toutes fins de complétude, à explorer deux approches quantiques de la santé.

Médecine quantique ?

Les incroyables découvertes de la quantique datent d’il y a presque 100 ans… mais on ne les enseigne toujours pas à l’école et le grand public ne les connaît pas vraiment. Malheureusement, et comme d’habitude, les Etats luttent pour obtenir ‘la suprématie quantique’ et investissent massivement dans des applications militaires, destinées à anéantir ou espionner les autres ou à s’arroger des monopoles. Conséquence de l’arrière-plan philosophique évoqué plus haut…

On peut quand même espérer voir d’autres applications, vu qu’il s’agit de lois universelles, et, pourquoi pas, dans le domaine de la santé. Il y a déjà l’effet de mode du mot ’quantique’, qui implique quelque chose de mystérieux et on voit fleurir des appellations comme finance quantique, architecture quantique, hypnose quantique…   A la grande fureur des scientifiques, qui considèrent la quantique comme leur apanage. C’est comme le mot ‘thérapie’ qui fait bondir certains médecins. Le problème, c’est de ne pas abandonner nos conditionnements conceptuels.

Et donc, il y a déjà une discipline qui s’appelle la ‘médecine quantique’. Selon Science & Vie, rien de sérieux là-dedans, aucune preuve d’efficacité et une caution scientifique usurpée donnée par le mot ‘quantique’.  Selon Wikipedia, une ‘pseudo-science’.

Tout conditionnement conceptuel mis à part, il y a des soignants qui expérimentent avec la vision quantique.

Ainsi le docteur Jean-Louis Garillon, vice-président de l’Institut International de Medecine quantique de Moscou, nous la décrit-il en ces termes : ‘la médecine quantique est une thérapie complémentaire personnalisée, comme la MTC, l’Ayurveda… Elle se fonde non pas sur l’action de substances chimiques dans le corps, mais sur des réactions d’ondes ou de champs électromagnétiques particuliers émis au niveau de l’organisme. Son objectif n’est pas de combattre un symptôme particulier, mais de remonter à sa source pour en comprendre et en traiter les causes, afin de ramener le patient à son point d’équilibre, c’est-à-dire à son état optimal de santé. Elle repose sur l’utilisation d’appareils spécifiques ayant en commun des mécanismes de ‘résonance’.

Ceci nous ramène à une période récente peu connue, lorsque la Russie s’appelait l’URSS. A l’époque, les scientifiques russes ont exploré des pistes étonnantes en matière de médecine, de soins, de jeûne, de phénomènes psychiques et parapsychiques… Tout cela s’est perdu plus ou moins avec le déclin du communisme, faute de financement, évidemment. 

Les recherches russes en médecine dite quantique ont par contre été motivées par une très intéressante constatation de la recherche spatiale : dans l’espace, l’allopathie ne fonctionne pas pour certains problèmes de santé. Raison : l’apesanteur, l’absence de champ magnétique terrestre et, en orbite, 16 rotations quotidiennes autour de la Terre. La physiologie des cosmonautes se modifie, mais pas le processus fonctionnel énergétique. L’énergie sous-jacente à l’activité des organes ne change pas. Et donc, une médecine basée sur l’utilisation des quanta a commencé à se développer, utilisant des machines capables de rectifier les champs énergétiques perturbés. On ne traite pas le corps, mais les champs électromagnétiques.

Constatons que :

  • notre santé est déterminée en tout temps et en tout lieu par les composantes ondulatoires et informationnelles de l’organisme, et non exclusivement par la matière et la chimie

  • la médecine classique ne fonctionne bien que sur Terre, où elle est soumise aux lois de la physique classique

  • les thérapies énergétiques fonctionnent sans doute dans tout l’Univers, car l’énergie n’est pas soumise aux conditions d’un seul système

Voilà qui pour nous est très excitant ! Il va falloir embarquer un praticien / une praticienne de shiatsu dans la prochaine mission spatiale, pour vérifier.

Je crois que le mot 'résonance' est fondamental dans les futurs développements des thérapies énergétiques, qu'il s'agisse de son ou de recherche de la justesse de certaines connexions.

Le Quantum Shiatsu

Certains praticiens de shiatsu ont déjà exploré la voie de la quantique. Il existe une branche du shiatsu appelée Quantum Shiatsu, fondée par Pauline Sasaki, une élève de Shizuto Masunaga, Wataru Ohashi et Akinobu Kishi.

Le Quantum Shiatsu explore bel et bien des concepts que nous retrouvons dans la quantique. Ainsi, on considère que les 12 méridiens se connectent en un seul flux et que tous les méridiens peuvent être travaillés à partir de n’importe quel point (la ‘cohérence quantique’). On parle de corps d’énergie, de fusion des différents niveaux de corps d’énergie, de trame, d’activation ADN… Et le shiatsu quantique se pratique aussi bien de façon physique qu’à distance.

Pour le dire avec les mots de sa fondatrice, feue Pauline Sasaki : ‘le Quantum Shiatsu est un style de travail corporel qui reconnaît les aspects multi-dimensionnels de l’énergie dans le corps physique. La plupart des styles de shiatsu basent leur théorie et leur pratique uniquement sur les principes anciens dérivés des médecines chinoise et ayurvédique. Le Quantum Shiatsu va un pas plus loin et incorpore des concepts de la physique quantique qui illustrent comment le corps physique peut fonctionner comme un champ de vibrations énergétiques en expansion et contraction’.

C’est cohérent avec ce que nous avons dit des cosmologies ou représentations du monde à la base de telle ou telle science. Le Quantum Shiatsu part sur un paradigme supplémentaire, il ne reste pas sur la vision du monde chinoise / japonaise à la base de la plupart des compréhensions du shiatsu, mais il ajoute la vision quantique.

N’en ayant jamais vu pratiquer ou reçu, je m’abstiendrai de tout commentaire. Il est bon de savoir que cette voie a déjà commencé à être explorée par des praticiens de shiatsu.


De la nécessité de nourrir notre shiatsu 

Arrivé au terme de cet article, on peut se demander  ce qui peut bien motiver à écrire des choses pareilles quand on fait du shiatsu.

Il y a tout d’abord le fait qu’avec le shiatsu comme métier, j’ai cessé d’être schizophrène. C’est-à-dire que ma vie ne fait plus qu’une car le shiatsu est devenu ma vie, et non pas mon travail. Et que, par conséquent, je n’ai pas de hobbies pour me distraire ou me reposer de mon travail, mais tout concourt à une même réflexion ou, mieux, un même élan : la Vie. Depuis le temps que la quantique me chipote l’esprit, la réflexion s’accomplit petit à petit et, un jour, c’est plus ou moins présentable.

Il y a ensuite tout l’intérêt d’être curieux et de penser de façon analogique. Finalement, tout le monde dit plus ou moins la même chose, les religions, les philosophies, les sciences, les styles et écoles de shiatsu. Plutôt que de nous épuiser à nous contredire et nous critiquer, intéressons-nous à la diversité des approches et regardons le monde depuis le point de vue de très nombreux observateurs. C’est un enrichissement.

Et enfin, il me semble que nous devons rester (ou devenir) de bons généralistes, c’est-à-dire des gens curieux, ouverts et capables de faire des correspondances. Il y a toujours bien un ou plusieurs domaines où nous aimons nous spécialiser, par goût ou affinités. Mais le danger des spécialisations est de ne considérer qu’un seul aspect, et la vie n’est pas une spécialisation. 

Sentons-nous donc tout à fait légitimes d’avoir un avis ou un regard sur les choses qui ne sont pas à strictement parler de nos compétences… à condition d’apporter un éclairage et un questionnement non-péremptoires. Cela ne veut pas dire que la pratique doit devenir un fourre-tout hétéroclite de choses glanées à gauche à droite. Mais soyons des touche-à-tout. Il s'agit bien de nourrir et de se nourrir.

En vous souhaitant dès à présent de nombreux ressentis quantiques…