Wednesday, 21 September 2016

Changer de vie pour éviter la maladie


« Les corps sont malades », me faisait remarquer une cliente récemment. Elle entendait par là que les gens ne sont pas bien, en général. Il suffit de regarder autour de soi ou de parler un peu pour s’en rendre compte. De fait,  notre corps est soumis à toutes sortes de contraintes pour lesquelles il n’est pas fait à la base : position statique trop longue et non-naturelle au bureau, environnement malsain, bruyant, pollué, suractivité intellectuelle, nécessité d’être le meilleur ou comme ci ou comme ça, pressions sociales, bombardement permanent d’informations anxiogènes souvent inutiles pour notre existence, nourriture surabondante modifiée et non-adaptée à notre style de vie, air de mauvaise qualité, météo déréglée, tensions entre humains qui obligent à rester en permanence sur ses gardes, surpopulation et manque de place, … et j’en passe. On a beau être résistant, comment être vraiment bien au milieu de tout cela ?

 Et tout étant lié, j’ajouterais : les esprits, les cœurs, les âmes, l’environnement, la civilisation, le monde… sont malades. Malades, c’est-à-dire : privés de bonne santé joyeuse, privés de la sensation profonde de bien-être au niveau de toutes les cellules. Et cette non-santé s’exprime par de multiples symptômes, physiques, psychologiques, émotionnels, spirituels.

Quel enfer nous avons fait de notre existence, à la base relativement insouciante… Il suffisait au départ de trouver à manger et d’éviter de se faire manger, dans un environnement sain. Sans prêcher le retour au paléolithique, on doit quand même reconnaître que le magnifique « progrès », censé nous apporter la belle vie, a contribué fortement à la dégradation de la qualité et de l’intensité de celle-ci, en même temps que de l’environnement.  On ne doit plus trouver à manger, en Occident, mais on doit travailler pour cela, à des choses qui n’ont rien à voir. C’est un déplacement de focus, sans plus. Et tant de personnes ne voient plus le sens de leur existence.

A la fin des vacances, on entend souvent cette remarque : « en quelques jours, j’ai perdu tout le bénéfice de mes vacances ». Mais oui… La vie plus tranquille, au grand air et au soleil, l’esprit détendu, la découverte de beaux endroits, la douceur de se laisser vivre ne sont-ils pas plutôt notre condition naturelle ? Il suffit de se replonger dans des conditions non-naturelles, dans un milieu « toxique », pour que le corps rechute très vite. Et n’oublions pas que le corps ne ment jamais, même si notre mental va tenter de nous persuader que c’est la vie et qu’on ne peut pas y échapper, ou encore nous susurrer que nous sommes forts. Ne pas écouter les signaux du corps mène, à terme, à la maladie, à la dépression, au burn out… La maladie, le mal-être même simplement, appellent le changement. Persister, c’est risquer l’aggravation de la situation, avec la mort prématurée au bout du chemin.

Les corps sont malades, les corps appellent le changement. Il est clair qu’une vie plus naturelle s’impose. Il est clair que quelques heures de travail par jour suffiraient bien à assurer notre subsistance. Mais le système, dans son état actuel, semble s’acharner dans l’autre sens : toujours plus, en échange de toujours moins. Trop de Yang appelle l’apparition du Yin. La réaction s’amorce. Il faudra toutefois encore des années pour de vrais changements au niveau « macro ».

Quant au microcosme, c’est-à-dire nous-mêmes, les « proto-Chinois» ont découvert depuis longtemps qu’il suit les mêmes lois que le macrocosme. On peut le prendre aussi dans l’autre sens. En travaillant maintenant déjà sur nous-mêmes, en mettant le changement en place dans notre vie sans attendre, nous finirons par répandre autour de nous une bonne influence.

Les corps sont malades, soignons donc notre corps, le mieux possible, en prenant soin de nous, en nous accordant du temps, en investissant dans notre vie (ailleurs, il n’y a quand même plus de rendement). Je suis convaincu que prendre soin du corps, c’est prendre soin de l’Etre, comme dit Jean-Yves Leloup, c’est-à-dire du mental, des émotions, de l’âme… Ohashi Sensei faisait remarquer qu’il fallait aussi tenir compte de notre environnement, de nos interactions multiples, pour saisir la totalité de l’Etre. Je le crois volontiers. Le shiatsu, en « prise directe » sur le corps, est pour moi la porte d’entrée de tous les changements dans notre corps, et donc dans notre vie, et même autour de nous. En touchant le corps, l’harmonie et l’équilibre se réinstallent, à tous les niveaux.

De cette façon, nous connaîtrons et sentirons à nouveau notre vraie place : l’homme entre Ciel et Terre, symbolisé par l’idéogramme « Hito » en Japonais. L’être humain se nourrit de l’énergie du Ciel et de la Terre. Il s’agit donc d’être à notre juste place, et d’être capable de retrouver le chemin vers cette « oasis intérieure » à tout moment. Nous aurons alors la force de supporter les circonstances extérieures, au minimum, de les transformer ou de les transcender, idéalement.

Wednesday, 7 September 2016

Le shiatsu touche à tout

Qui a déjà vu ou touché une pensée ?


Qui a déjà vu ou touché une émotion ?
Qui a déjà vu ou touché une âme ?

Personne ! Pas même la science avec ses microscopes ! Nous voyons les effets de ces niveaux subtils sur nous-mêmes et sur les autres. C’est tout. Nous ne savons pas ce que c’est,  ni où c'est, nous voyons ce que cela fait.
Mais nous pouvons voir et toucher notre corps, ou d’autres corps. Ironiquement, le toucher, qui est à la portée de tous, est le sens le plus mal considéré, même dans notre Occident en apparence si libéré. Nous ne nous touchons plus, nous n’osons plus. Trop de connotations, trop d'idées là autour, qui viennent du mental, soit dit en passant. Nous devenons comme des entités qui évoluent l'une à côté de l'autre, enfermées dans leur bulle et "communiquant" à un niveau virtuel.

Or, un simple toucher, le franchissement d'un invisible barrage de quelques centimètres, permettrait déjà d'apaiser tellement de tensions, de problèmes entre personnes, d’agressivité, de solitude… On le voit bien : il suffit déjà de simplement poser les mains pour qu'une détente s'installe, la respiration s'apaise. Il y a l'intention, évidemment : le toucher se doit d'être bienveillant.
Quand commence la séance de shiatsu, le toucher reste bienveillant, et se fait équilibrant, régénérant, apaisant, dynamisant, selon les besoins. Il permet au corps du client de se rééquilibrer. Stéphane Vien fait remarquer que, si les mains sont au niveau du Coeur, ce n'est pas par hasard. il y a en shiatsu un engagement total du praticien : le hara (centre d'énergie) pousse, le coeur a l'intuition d'où aller (et guide donc les mains), la tête dit ce qu'elle veut (il y a évidemment un savoir là derrière).

Tokujiro Namikoshi, un des pères du shiatsu, disait «  le shiatsu est comme l’amour maternel, il fait couler les ruisseaux de la vie ». Puis il éclatait d’un grand rire, HA HA HA. Le toucher est inconditionnel, il permet à l'énergie de circuler, mieux, de jaillir. Beaucoup de points en shiatsu réfèrent à l'eau et à son jaillissement. Le jaillissement implique une pression, une vitalité. Il est joyeux. Toucher rend joyeux, celui qui touche et celui qui est touché. 

Ce qui me paraît propre au shiatsu, c'est qu'en touchant le corps, nous travaillons aussi sur les pensées, les émotions et le spirituel. En Orient, l'être humain forme un tout, on ne le dissèque pas en plusieurs parties avec chacune leur spécialiste. Bien sûr, on peut faire des thérapies psychologiques, émotionnelles ou avoir une pratique spirituelle, et on obtiendra des résultats selon les besoins. Mais le shiatsu va toucher à tout, et va permettre le rééquilibrage. La première porte d’accès du monde subtil, c’est le corps, indissociable du reste. Question de vibration : la matière et l'énergie subtile sont une seule et même chose, seule la fréquence de vibration change. Tout le monde n'est pas capable de se transporter et d'agir sur les plans subtils. Par contre, tout le monde peut toucher tout le monde.
Mon Maître Y. Kawada disait que les psychopathes, tueurs en série et autres, étaient devenus insensibles à la souffrance humaine et au ressenti des autres, parce qu'ils n'avaient pas été touchés. C'est pourquoi il étaient séparés, sans état d'âme. Bien sûr, être touché, recevoir de la bienveillance et de la chaleur détend,  rend bienveillant et supprime la distance, la séparation d'avec les autres. Cela amène l'empathie et la compassion. Autant commencer très jeune en famille : j'encourage toujours les mères à masser leurs enfants. 
Notre mission de thérapeute en shiatsu, au-delà de l'écoute et de la prise en charge des demandes précises qui nous sont formulées et qui sont des symptômes,  est de toucher l’être en son entier et de le reconnecter à sa joie de vivre. Derrière les nuages, le soleil brille en permanence. Le sourire du client ou de la cliente, quand il ou elle nous dit "au-revoir", est notre plus belle récompense.

Sunday, 19 June 2016

Le shiatsu comme art de vivre - Conférence le 17 juillet

Dimanche 17 juillet prochain - de 14 à 17 H .

A Overijse - Kapucijnendreef 34 - Au Centre Djohi Belgium pour l'étude du Yi Jing

Je donnerai une conférence (interactive, rassurez-vous) intitulée "Le shiatsu comme art de vivre".

Cela peut paraître curieux de parler de shiatsu plutôt que d'en faire, mais 1. il n'y a pas la place pour pratiquer et donc 2. c'est l'occasion de mener une réflexion sur le  shiatsu parmi les disciplines orientales et la place qu'il pourrait recevoir dans nos vies.

Partant de l'idéogamme - "HITO - être humain", nous verrons comment nous situer dans l'univers, comment nous insérer dans le rythme des saisons et vivre en harmonie avec la nature.  L'interaction incessante des forces Yin et Yang - ainsi que nous l'observons d'ailleurs dans les hexagrammes  du Yi Jing - est une clé fondamentale de compréhension.


Relaxation, régénération, revitalisation….. le shiatsu, porte d'entrée du corps, touche et rééquilibre tous les niveaux de l'être.  Nous devenons plus sensibles.  A l'écoute de notre corps, qui ne ment jamais, c'est notre façon de vivre que nous sommes amenés à reconsidérer.
 
Vous repartirez avec : 
  • une compréhension générale de la conception orientale de l'être humain
  • des conseils très concrets pour préserver votre santé
  • des points très précieux à presser avec modération 
  •  des pistes à creuser car … . tout est Un"

La réunion sera suivie , pour ceux qui le souhaitent, d'un goûter-souper, s'il fait beau dans le magnifique jardin de Rose-Marie et Michel.   
La participation est de 15 euros.
 
Merci de vous inscrire sans tarder si l'aventure vous tente auprès de Rose-Marie Beckers, responsable de Djohi Belgium : rose-.marie.beckers@telenet.be
 

Thursday, 26 May 2016

Shiatsu et condition physique

Avec le printemps, viennent les travaux au jardin. Je m’installe en seiza sur le sol, saisis la bêche et désherbe en poussant l’outil une bonne vingtaine de mètres sous une haie. Cela fera 6 bonnes brouettes de hautes herbes à charger et transporter à l’autre bout du jardin. Tout en travaillant, je sais que le lendemain, je n’aurai ni mal au dos, ni même la plus petite raideur à un muscle ou une articulation.

Pourtant, ce n’était pas gagné au départ. De constitution plutôt frêle, de prédisposition plutôt intellectuelle, et nous ne parlerons même pas de souplesse, je n’étais pas attiré par le travail physique ou la gym. Mais voilà, pratiquer le shiatsu, a changé beaucoup de choses.

Le shiatsu nourrit l'énergie vitale

Un des fruits du shiatsu est en effet de rétablir et d’entretenir une bonne énergie vitale et donc de faire des choses dont on ne se croirait pas capable au départ. Le shiatsu est un art oriental, et on peut trouver des analogies dans d’autres arts, martiaux par exemple. Sans vouloir comparer, me revient à l’esprit l’exemple d’O Sensei, le fondateur de l’aikido, de constitution très fragile au départ et qui, pendant une partie de sa vie, s’astreignit à de très lourds travaux, avec des résultats étonnants. Cette activité ne nourrissait pas que son physique, elle renforçait aussi un mental hors du commun.

Car cela fonctionne dans les deux sens. L’art que l’on pratique donne une grande énergie, et le travail physique régulier fait circuler cette énergie. J’insiste sur la régularité et sur le fait que cela ne doive en aucun cas être dans la performance. Je ne parle donc pas ici d’aller courir le marathon dans 2 mois. Une de mes clientes, Katrien, me le confirmait d’ailleurs hier encore : affligée d’une très grande fatigue « d’origine inconnue », elle s’offrait de temps à autre des séances de shiatsu. Elle me dit que cela l’a aidée à reconnecter à son énergie et elle se lance maintenant progressivement dans des programmes « Start to run ». On peut considérer qu’elle est à nouveau dans une spirale ascendante. Vive le shiatsu. Mais une fois que l’énergie circule bien, il faut que le corps soit lui-même en mouvement.
Tous fatigués ?

Il y a là une technique et un enseignement extrêmement simples, accessibles à tout un chacun. Je m’étonne toujours du nombre ahurissant de mes contemporains qui ne souffrent de rien de particulier mais qui ont besoin à tout bout de champ de se reposer. Je ne vois pas là tellement de fatigue, mais plutôt de la lassitude, due à un cocktail toxique d’hyper-sédentarité, de dégoût de l’effort, de limites que l’on se fixe, de manque de confiance dans ses capacités, de stress, d’intellect en surchauffe, d’émotions volatiles, d’alimentation intoxicante et que sais-je encore…

Notre existence hyper-sédentaire est un sérieux problème.  Depuis que la technologie existe, celle-ci ne semble avoir d’autre but que de « ne pas nous fatiguer », faire le plus gros travail au moindre effort. Ainsi, on ne se baisse plus, on ne balaie plus, on ne frotte plus, on ne ratisse plus, on ne lave plus, on ne marche plus… On pousse sur un bouton. L’énergie électrique a remplacé l’énergie humaine. Or, moins on se fatigue, plus on est fatigué. Il vaudrait mieux continuer à faire le travail physique, mais en apprenant les techniques permettant de s’économiser, de faire les mouvements efficacement sans s’épuiser. 
Mon client le plus âgé a 91 ans et a passé son enfance à couper du bois (sans outil électrique ou autre, cela va de soi). Il est dans une forme mentale et physique éclatante. Dans cette vitalité, il y a sans doute une part héréditaire, mais aussi beaucoup de travail et un « moto perpetuo » : tout le temps en mouvement.

Soit dit en passant, ce qui est en haut étant comme ce qui est en bas, la fameuse agilité (« agility ») prônée par certains consultants en entreprise est vaine si elle ne s’accompagne pas de souplesse et de résistance physique.
Paradoxalement, plus on en fait, moins on est fatigué, car le corps retrouve ses capacités d’origine. La fatigue qui s’installe en fin de journée est alors saine et annonciatrice d’un sommeil profond. La petite sieste est excellente pour qui se remue dès les aurores. N’oublions pas qu’au regard de l’évolution, nous sommes toujours bâtis comme des hommes des bois et que l’homo informaticus est une accentuation nouvelle de la séparation d’avec la Nature. Il n’est pas mauvais ou inutile d’aller se promener dans la virtualité à l’occasion, mais là n’est pas la Vie.

Reconnecter à l'élan vital
Le shiatsu vient rééquilibrer tout cela. Le pratiquer, sur les autres ou sur soi-même, au travers d’étirements, par exemple, ou simplement le recevoir, reconnecte à cette fabuleuse énergie du corps. L’impossible d’aujourd’hui est le possible de demain et le chemin est progressif. Cela vaut pour tout le monde. Ainsi pour Arlette, une autre de mes clientes qui n’a plus aucun équilibre et ne peut plus marcher sans assistance. Quand elle me dit « tous vos exercices, là, ce n’est pas pour moi », c’est exact. Elle ne va pas faire le Makko Ho demain. Mais dans son lit ou dans son fauteuil, elle peut étirer ses extrémités et faire des mouvements qui acquerront avec le temps une plus grande amplitude et permettront d’autres choses.

Un seul secret : le faire tous les jours. La régularité.

Soyons donc notre énergie, c’est-à-dire sans cesse en mouvement, souples et tranquilles. Les bienfaits du shiatsu vont au-delà d’une simple séance, il nous revient ensuite de sentir l’élan vital retrouvé et de nous laisser couler sur la vague de la Vie.
En savoir plus sur le shiatsu : www.shinmon-shiatsu.be

Wednesday, 13 April 2016

Attentat terroriste, et après ?

Les attentats de Bruxelles, c'est clair, n'ont pas amélioré l'énergie ambiante. Déjà que l'on vivait à Bruxelles dans un climat morose, que les politiques s'emploient à saper conscienscieusement toute envie d'entreprendre voire de travailler, et que la joie de vivre n'est visiblement pas l'émotion la plus visible sur les visages, voilà que la peur, ressassée à l'infini et ruminée quotidiennement, est venue s'ajouter.

Parmi tous les prophètes de malheur, les désinformateurs de tout poil et les stressés/stressants, il y a quand même des gens qui travaillent consciencieusement et constructivement.

Je relèverai ainsi la brochure éditée par le SPF Santé Publique "Attentat terroriste et après ?" qui reprend des conseils pertinents pour faire face au climat ambiant.

Le lien est ici.

On y lit, notamment, la nécessité de continuer ses activités, le besoin de couper les media et le flux d'infos, ce que l'on peut faire pour aider un proche, l'expression de son ressenti... Et aussi ceci :

"Prenez soin de vous: mangez sainement, essayez de vous reposer suffisamment. Prenez du temps pour bouger et vous détendre. Peut-être pouvez-vous faire quelque chose pour d’autres personnes ?"

Nous sommes bien d'accord sur celui-ci. Donc bravo Mesdames et Messieurs du SPF Santé Publique pour ce geste constructif qui devrait faire la une des journaux.

Et nous, les thérapeutes qui répétons sans cesse ce genre de conseils en tout temps, sommes sans doute particulièrement à même d'aider dans les temps difficiles.

Une cliente me disait tout à l'heure qu'elle était très affectée par les événements. Après une bonne détente en profondeur, nous sommes arrivés à la conclusion que chacun peut contrebalancer le climat ambiant en travaillant sur soi et en aidant autour de soi. Modeste, mais efficace, quand on n'a pas la vocation ou l'impact d'un super-héros devant sauver le monde.

Quant au shiatsu, qui soigne l'Etre dans sa totalité, il s'avère, en circonstances pénibles comme en circonstances joyeuses, particulièrement indiqué pour se reconnecter à sa joie de vivre.





Wednesday, 6 April 2016

Shiatsu et burn out

Cet après-midi, j'ai traité quelqu'un qui vient depuis un bon moment déjà suite à un burn out.

Le shiatsu, dit-elle, lui fait énormément de bien et elle attend chaque semaine ce moment devenu tout à fait particulier. Le burn out a fait entrer le shiatsu dans sa vie, et sa vie est en train de changer complètement.

Pour traiter un burn out, il faut du temps et le shiatsu seul ne pourrait sans doute en venir à bout. Cette personne bénéficie des conseils avisés de son médecin, qui la comprend et laisse le temps au temps de faire son oeuvre. Heureusement. Car j'entends que ce n'est pas toujours le cas.

Quand on a un burn out, on n'est pas "malade", au sens où il faudrait prendre une médication, mais le corps n'en peut plus. J'ai demandé à une consultante RH bien établie dans son métier si on pouvait associer d'une façon ou d'une autre le burn out à la dépression. Elle m'a dit que le burn out était en fait le corps qui lâchait complètement, de sorte que les gestes les plus simples deviennent impossibles à effectuer. On n'arrive plus à rien faire, et on n'a plus envie, d'ailleurs. Mais c'est bien le corps qui dit d'arrêter, et le mental va suivre.

En ce sens, le shiatsu peut s'avérer une aide puissante en cas de burn out, puisqu'il s'adresse en premier lieu au corps, tout en travaillant en même temps sur les niveaux mentaux, émotionnels, spirituels... On constatera souvent un grand épuisement. Dans ce cas précis, la personne me demande de toucher toutes les parties du corps jusqu'aux extrémités. Elle le ressent comme un besoin. Je le comprends comme : "tout est atteint". C'est la totalité de l'être qui réclame des soins.

En cas de burn out, il est impératif d'arrêter toute activité. Le corps entre comme dans une période hivernale, où il faut prendre tout le temps pour soi, ne rien entreprendre, ne rien vouloir faire... Certains jours, on a un peu d'énergie et d'autres pas du tout... Il faut accepter cela, jusqu'à ce que l'équilibre se rétablisse. Cela peut prendre des mois. L'erreur serait de présumer de ses forces et de reprendre ses activités. Lorsqu'il y a reprise, elle ne peut être que partielle et progressive. Et il y aura certainement des mini rechutes.

Je me suis demandé ce qu'il pouvait y avoir dans le shiatsu qui fasse tellement de bien dans les cas de burn out. Il y a l'écoute et le toucher, certainement, devenus trop rares dans beaucoup de traitements. Il y a aussi le fait que le shiatsu permet de reconstituer l'énergie vitale, de rééquilibrer et réharmoniser en profondeur. Chaque cas est différent, mais on travaillera clairement sur la circulation d'énergie, la réactivation de l'énergie vitale, la gestion des émotions, le lâcher-prise, la qualité du sommeil.... Toutes choses permettant à la personne de faire ce "retour à soi", en son centre et de ne pas se laisser épuiser par les circonstances de l'existence. 

On peut se dire que c'est dommage d'avoir laissé aller les choses si loin. C'est vrai : si on prend du temps pour soi, que l'on travaille la prévention quand tout va bien, on risquera moins de glisser dans un burn out ou toute autre maladie. C'est le Credo du shiatsu, mais il faudra encore beaucoup le répéter dans un monde qui l'entend difficilement.

Mais, quelque part, si cela arrive, mieux vaut le prendre comme un sérieux signal du corps, qui ne ment jamais et ne s'illusionne pas, et qui vient nous dire qu'il est temps de s'arrêter et de reconsidérer sa vie complètement, voire de la changer. Et autant le prendre alors comme une chance, une période où il n'y a rien d'autre à faire que de s'occuper de soi et de regarder "l'autre versant de la montagne", le paysage d'une vie différente qui se profile à l'horizon..

Saturday, 26 March 2016

Faits et méfaits de l'heure d'été, et son impact sur notre santé


Ce weekend, nous repassons à l’heure d’été. Un système adopté dans les années ‘70, visant à faire des économies d’énergie. Je ne me prononcerai pas sur le fait de savoir si cet objectif a été atteint, mais je m’interrogerai plutôt sur notre conception du temps et son impact sur notre santé (au sens large).

Il y a très longtemps que l’homme essaye de mesurer le temps, les jours d’une année et les heures d’une journée. Question d’organisation et d’optimisation des cultures et du travail. Déjà ! Tout est parti de l’idée de planter un bâton dans le sol. Lorsque le soleil est à la verticale, l’ombre projetée est à son minimum et il est donc midi. Ce point de repère ne change pas aujourd’hui : il est midi quand le soleil est au zénith, pas quand l’horloge indique midi.  Jusqu’au 19ème siècle,  la plupart des pays n’avait pas adopté d’heure légale, la même pour tous. Le méridien de Greenwich n’a été officialisé qu’en 1880. Avant cela,  le clocher de l’église de chaque village sonnait midi quand le soleil passait à la verticale. Selon l’endroit du pays, ce n’était donc jamais tout à fait au même moment

Il a fallu rationaliser tout cela avec le développement de transports rapides, plus particulièrement avec les horaires de trains. Chaque compagnie de chemin de fer utilisant l’heure de son siège social comme référence pour ses horaires, les choses étaient un peu compliquées.

En Belgique, nous sommes à GMT +1 et à midi heure légale, il est plus ou moins midi heure solaire.   Ce « plus ou moins » devient toutefois franchement décalé en été, lorsque « par convention » nous avançons de deux heures sur le soleil.

Il n’y a pas grand-chose d’immuable sur Terre, sauf peut-être le rythme astronomique des saisons. Quand la Terre amorce son basculement vers le Soleil, le printemps commence pour l’hémisphère concerné. Peu importe la manifestation de la saison, c’est-à-dire s’il fait froid, il neige, ou il fait trop chaud. Le printemps est bel et bien là. La médecine traditionnelle chinoise et les arts qui en découlent, comme le shiatsu, sont bien d’accord : la  vie en adéquation avec le rythme des saisons est une des conditions fondamentales pour être en bonne santé. Il est évident qu’on n’a pas la même énergie en été qu’en hiver, et notre mode de vie doit donc s’adapter à l’énergie ambiante, si nous voulons éviter les ennuis de santé.

Cette constatation peut également se rapporter au rythme d’une journée. En gros : la nuit, je dors. Le jour, je m’active. Je me lève avec le jour et me couche avec lui.  Mon activité culmine vers midi. . Après quoi, mon énergie décline et je peux me consacrer à des activités plus calmes.

Les heures attribuées aux méridiens soulignent ce fait : 3h (Poumons), je prends un bon inspir et commence la journée. 5h (Gros Intestin), j’évacue. 7h, Estomac : je me nourris. Et ainsi de suite jusqu’aux méridiens de la nuit, Vésicule Biliaire et Foie, ayant pour tâche de nettoyer les toxines de la journée. Beaucoup d’entre nous ne sont pas en forme le matin, parce que le nettoyage des toxines ne s’est pas fait correctement.

Difficile, évidemment, dans la vie professionnelle d’avoir un rythme de moine Zen. La norme de 8 heures de travail, quelle que soit la saison, est la même toute l’année. Il n’en a pas toujours été ainsi. Ainsi, au Moyen-Age, on respectait le calendrier romain : 12 heures de jour, 12 heures de nuit. Par conséquent, les heures de jour étaient plus courtes en hiver. Cela ne plaisait pas aux premiers employeurs, qui ne voulaient pas payer le même salaire pour des heures plus courtes. Au moins, c’était plus naturel.

Mais il y a toujours moyen de composer avec les obstacles que l’homme se met lui-même dans le chemin pour mal vivre et se couper de la nature.

Ainsi, en vacances ou en weekend, nul ne nous oblige à respecter l’heure légale. Nous pouvons vivre plus en accord avec le temps solaire.

En d’autres temps, le  matin est le moment d’accomplir les tâches compliquées, de tenir les réunions… Personnellement, je retarde le repas de midi jusque vers 13 heures, afin de profiter au maximum de l’énergie sans que la digestion ne vienne la perturber. Une petite sieste s’imposerait même après. La fin de la journée peut être consacrée à des tâches plus faciles, pour décompresser petit à petit et préparer au sommeil.

Quand le soleil est au zénith, notre énergie est au zénith. Et tout point maximum atteint implique un repli. Observer ce mouvement et s’accorder est bon sens et sagesse.

L’heure d’été (soleil + 2) a pour effet que nous nous levons bien plus tôt pendant 6 mois par an, en décalage avec notre rythme naturel. La tentation est grande de se coucher tard, vu qu’il fait clair. Nous nous fatiguons donc chaque jour sans le remarquer, au lieu de vivre en plénitude, comme l’exigerait l’été. Les animaux, plus sensibles que nous, ou plus connectés aux cycles naturels ne s’y habituent jamais, par exemple les vaches.

Alors, abandonner l’heure d’été ? Pour soi-même, certainement, le plus possible. D’ailleurs, je laisse l’heure d’hiver dans la voiture pour me rappeler quelle heure il est vraiment «environ ». Sociétalement, on entend d’ici les discussions interminables. Encore que, en Russie, Vladimir Poutine ait signé le retour permanent à l’heure d’hiver et que la Chine ait abandonné tout changement d’heure dans les années ’90.

Le Shiatsu, en tant qu’art de vivre, et en tant que technique d’harmonisation, se révèle utile pour rétablir les  déséquilibres, quels qu’ils soient. Il améliore déjà la qualité du sommeil et favorise la faculté de récupération de l’organisme, tout en renforçant le système immunitaire. Dans un monde où nous vivons tant de déséquilibres imposés de l’extérieur, nous nous déplaçons sans cesse comme des funambules, et nous avons bien besoin d’un balancier. Pour moi, le shiatsu satisfait parfaitement ce besoin.