Monday, 29 January 2018

L'art du shiatsu ou la voie de la guérison ce soir à la TV Belge


Ce soir à 21 h15 sur La Trois TV - Chaîne belge -  aura lieu la diffusion du film de Guy Maezelle - Vertigo asbl sur Maître Kawada, "l'art du shiatsu ou la voie de la guérison".

Maître Kawada a étudié avec les grands maîtres du 20ème siècle au Japon (Namikoshi et Masunaga, notamment), avant de voyager dans le monde pour s'installer finalement à Bruxelles, à une époque où personne ne parlait encore de shiatsu.

Il a formé de nombreux praticiens, dont votre serviteur.

Le film vous permettra de voir Maître Kawada à l'oeuvre et de l'entendre parler de shiatsu et de philosophie orientale. Une partie du documentaire est consacrée au travail accompli avec l'Hôpital Saint-Luc, département oncologie, où le shiatsu est dorénavant utilisé (et apprécié !) en soutien des patients en chimiothérapie.

Ce travail se fait également dans d'autres pays (France, avec Bernard Bouheret) et nous ne pouvons qu'appeler de tous nos voeux une collaboration régulière avec des hôpitaux et des médecins, car il est clair que le shiatsu a véritablement bien des choses à apporter aux patients, en parallèle avec de nombreux traitements, sur la voie de leur guérison.

Le titre du film est particulièrement pertinent, à ce sujet : le shiatsu est un art (basé sur une technique) et, à l'image de tant d'arts - martiaux ou non - orientaux, il peut également être une voie "dô", sur laquelle notre vie peut s'épanouir. Recevoir un shiatsu est donc certes synonyme de Bien-Etre, mais à prendre au sens le plus littéral : ETRE - profondément -  BIEN, à tout moment de notre vie.

Shiatsu-Dô ! 指圧道


Voici le lien pour regarder en streaming ce soir et, si vous n'avez pas le temps, il sera possible de revoir le programme sur le site de la TV.


https://www.rtbf.be/tv/guide-tv/detail_l-art-du-shiatsu-ou-la-voie-de-la-guerison?uid=1612735916668&idschedule=5ed6fb4bc6202c0412ad40fe16098047






Saturday, 20 January 2018

Shinmon Shiatsu vous accueille dorénavant dans le quartier Schuman à Bruxelles

Ca y est ! Le déménagement a eu lieu.

Le local de Schaerbeek Boulevard Lambermont vous a accueillis pendant 7 ans et c'est sûr que le lieu s'est chargé de bonnes énergies !

Il était temps de le quitter pour de nouvelles aventures Shiatsu.

Entrée Pedicentre
Dorénavant, je vous accueille tous les jours de la semaine  sur rendez-vous entre 9h00 et 20h00 boulevard Charlemagne 47 à 1000 Bruxelles. C'est juste au coin du square Ambiorix, à 200 mètres du métro et de la gare de trains Schuman et à proximité de nombreuses lignes de bus.

Le nouveau cabinet
Shinmon Shiatsu a le plaisir de travailler chez et avec Pedicentre, dirigé par Dany Colot, référencé sur mon site comme le meilleur podologue et pédicure médical de Bruxelles, et je le pense réellement. Un même lieu vous offre donc un soin complet, des pieds à la tête.

Le local de shiatsu n'offre absolument aucune distraction : il y a vous, et moi, et le shiatsu qui a lieu à ce moment, pour une concentration optimale de l'énergie, et du soin.

Pour les personnes du Nord-Ouest de Bruxelles, ou qui ne reculent pas devant un déplacement, j'ai également aménagé un lieu de soins chez moi à Laeken/Jette..

Comme au Japon, on passe sous le Tori en s'inclinant
Bref, shiatsu quand vous voulez, et à deux endroits différents. Vous êtes les bienvenus(e)s, et mon énergie est maintenant disponible à 100% pour répondre à vos besoins. Il suffit de passer le Tori... une petite réflexion au passage !

C'est le (premier) grand changement de 2018, année qui est, pour beaucoup, synonyme de profondes évolutions.

Au plaisir de vous voir bientôt,

Mail : shinmon.shiatsu@gmail.com

Téléphone inchangé : 0471 40 56 95

Totale concentration de l'énergie


Friday, 12 January 2018

Manque de lumière : c’est l’hiver, mais que faire ?

En Belgique, cette année, nous manquons cruellement de lumière.  Il n’y a eu que … 5 heures d’ensoleillement en décembre 2017 : un record. Dans les pays scandinaves, en hiver, il fait jour de … 9h30 à 14h30. L’hiver est une période éprouvante.

Car l’homme, comme les plantes et les animaux, a besoin de lumière pour vivre, croître, grandir. Il a fallu plus d’une semaine à mes graines dans le germoir pour commencer seulement à germer. Et les jardiniers le savent bien : à partir de la fin août, certaines plantes ne peuvent plus être semées ou déclinent au jardin, car, déjà, il ne fait plus jour assez longtemps.

Le Soleil Source de Vie

Le soleil est décidément LA source de toute vie sur Terre. Il est curieux de constater que, si nous dépendons tous du soleil, le soleil, lui, n’a besoin de personne. Si la Terre disparaît, il continuera à briller. Il est donc la source d’énergie, immuable pour très longtemps. Il règne dans le Ciel le jour et est donc le Yang du Yang, le don total, l’origine de toute vie.

Ce n’est pas pour rien que les Japonais en ont fait le Kami suprême, AMATERASU OOMI KAMI, qui fait l’objet d’une vénération unanime et dont descend, dit-on, l’Empereur du Japon, le Fils du Soleil.

Comment la déesse du Soleil est revenue pour toujours


Parmi les histoires attachées à Amaterasu, une retient notre attention. La déesse (car le  Soleil, pour les Japonais, est féminin), fort fâchée des mauvais tours que lui avait joués son frère Susano, se retira  dans une caverne et refusa d’en sortir. Grand malheur : car voilà le monde privé de lumière, liuvré au froid, aux ténèbres, à la mort.
Tous les Kamis se demandaient comment l’en faire sortir et décidèrent d’organiser une grande fête. La déesse de la Gaîté (on ne dit pas si c’était suite à trop de saké) se mit à danser sensuellement et à dévoiler son corps, ce qui suscita les cris de joie et les acclamations des autres Kamis (on imagine l’ambiance). Jetant un œil dehors pour voir ce qui pouvait bien être aussi amusant,  Amaterasu vit un reflet brillant, car on avait suspendu un miroir à un arbre et, se croyant remplacée, sortit pour voir de qui il s’agissait. On lui coupa bien vite la retraite et, depuis, le Soleil brille pour tout le monde sans interruption.

Des conseils pour parer au manque de lumière


En faisant du shiatsu, nous ne ramènerons pas le soleil, évidemment, mais il y a de la sagesse dans cette histoire.
-        Le rire est l’antidote à l’obscurité et à la déprime. D’ailleurs, la joie de vivre est l’émotion associée au Cœur, lui-même associé à l’été et donc à la culmination du Yang.  Suscitons donc des moments heureux, de convivialité.

-        C’est le moment de faire des moxas, ces bâtons d’armoise qui servent à chauffer les points. La chaleur suscite le Yang. On peut par exemple de stimuler les Reins, l’élément Eau,  qui est à son maximum ces temps-ci. Donner une impulsion dans le bon sens. Pour les personnes en manque d’énergie ou qui ont froid intérieurement, ou aux extrémités,  les moxas sont très efficaces.

-        Entourons-nous de lumière, bougies et autres, faisons un feu de bois… C’est toute l’énergie Yang de l’été qui se trouve dans le bois et brille sous forme de feu. Pourquoi ne pas essayer aussi la luminothérapie, qui donne de bons résultats sur les états dépressifs ? 

-        La fameuse vitamine D  est  en carence chez tous les Belges. C’est bien d’en prendre, mais régulièrement, toute l’année, même quand il y a de la lumière. Comme toujours, travailler son terrain en permanence donne de meilleurs résultats que de se shooter à doses excessives pour retrouver l’équilibre. On ne crée pas l’équilibre en suscitant un déséquilibre opposé.
 
-        Côté diététique, on évitera évidemment les aliments de nature froide ou refroidissante : boissons froides ou sucrées, fruits exotiques… pour leur préférer le goût salé, les épices, les légumes racines et saumurés. Face au manque de lumière, manger ce qui se conserve sous terre, ou vit dans l’eau et qui, donc, vient de l’obscurité va nous renforcer. Manger ce qui vient de pays où c’est maintenant l’été va nous refroidir et nous affaiblir. Il y a toujours une logique.

Je ne suis pas sûr non plus qu’un séjour dans l’hémisphère Sud apporte la solution. Le choc au retour est puissant et le corps doit encaisser. Mentalement, partir au soleil fait du bien, évidemment. Attention à respecter l’alternance Yin/Yang. Il faut passer par le Yin pour arriver au Yang, on ne peut pas vivre sur un « hype » permanent, cela aussi finit par épuiser.

-         Enfin, la nuit, le sombre, ont de bons côtés. Ils permettent  de dormir. C’est le moment de récupérer sous la couette en attendant des jours meilleurs. Naturellement, le corps se réveille avec la lumière et donc, nous devrions dormir plus longtemps en hiver. 

Les points de shiatsu associés à la lumière

Enfin, les noms des points en shiatsu ne sont jamais innocents et il ne me semblait pas qu’il y en avait tellement qui nous parlent de lumière.  Effectivement, j’en ai trouvé 4 seulement.
Le plus évident est sans doute Vessie 1 , SEIMEI, prunelles claires, qui traite les maux d’yeux. Il n’y a lumière que parce que nous la voyons comme telle et la clarté provient de notre vision. C’est vrai qu’en appuyant sur SEIMEI, des fulgurances lumineuses peuvent apparaître.
JITSUGETSU, VB 24, Soleil et Lune est le point BO de la Vésicule Biliaire à la verticale des mamelons  et sert pour hépatites, hoquet, gastralgie…
KOMEI, Lumière, VB 37, sur l’extérieur de la jambe, traite les douleurs de jambe.
Ces trois points s’écrivent avec les kanji du Soleil et de la Lune 日月indiquant par là la réunion, et non l’opposition des aspects diurnes/nocturnes, deux aspects de la lumière, directe et indirecte, le Yang diurne et le Yin nocturne. La Lumière n’est donc pas dissociable de l’obscurité, il n’y a lumière que parce qu’il y a obscurité, et l’inverse.
Il y a encore le très utile et polyvalent Rein 6, SHOKAI, Mer lumineuse, point sous la malléole interne, en rapport avec les Vaisseaux curieux (Equilibre Yin), l’équilibre du corps, le dos, le sommeil, l’énergie vitale, etc.
Enfin, il ne nous parle pas de lumière, mais nous évoque le ciel : UNMON, P2, la Porte des Nuages, très bon point pour dégager les poumons, toux, asthme, douleurs dorsales… Une porte est un lieu d’échange, entrée et sortie, passage… On se renouvelle.
Voilà pour ce qui est des points associés à la lumière, pour des raisons pas toujours très .. . claires. Le Ciel, par contre, est bien représenté, et c’est plus évident.
Si vous venez faire un shiatsu en cette période, nous ne chercherons donc pas la lumière. Mais le shiatsu vous rééquilibrera, vous détendra et vous aidera à chasser la morosité ambiante. Quand les organes fonctionnent correctement, le Cœur Empereur peut prendre sa place et la joie de vivre rayonne à travers vous.

Notre lumière intérieure

Pour terminer, la quête de lumière est associée à bon nombre de spiritualités. L’homme a toujours pressenti que la lumière est source de vie.
Pour Patrick Burensteinas, alchimiste moderne, les ténèbres / la matière sont de la Lumière agitée et la Lumière, de la lumière immobile. Il s’agit donc bien de deux aspects de la même chose. Pour trouver la lumière, il s’agit de rester immobile et aligné.
On peut toujours puiser en soi ce que l’on ne voit pas à l’extérieur, car tout est là. L’hiver est une bonne période pour méditer devant la flamme d’une bougie et se nourrir ainsi de notre lumière intérieure, en attendant des jours plus lumineux.

Tuesday, 26 December 2017

Nouveautés 2018 chez Shinmon Shiatsu : du shiatsu tous les jours et bientôt... ailleurs


Depuis 2011, Shinmon Shiatsu vous a proposé des massages shiatsu à certains moments de la semaine. Il est temps maintenant de donner toute sa place au shiatsu.

Dès à présent, je vous propose donc de venir vous faire du bien à tout moment, puisque Shinmon Shiatsu est maintenant ouvert du lundi matin au vendredi soir, entre 9h00 et 20h00 … toujours sur rendez-vous, bien entendu.

Et ce n’est pas tout… Dans le courant du mois de janvier 2018, Shinmon Shiatsu déménagera  et vous accueillera dans le quartier Schuman, à 2 minutes à pied de toutes les connexions métro/train.

Quand, et où, exactement, et avec qui ? Suivez les prochaines nouvelles. D’ici là, vous pouvez continuer à recevoir un shiatsu à Schaerbeek, Boulevard Lambermont.

Nouvelle année, nouveau rythme, nouveau lieu, nouvelle énergie… Que 2018 vous apporte la joie de vivre chaque instant, la joie qui surgit inépuisablement quand corps et cœur sont en harmonie… Plus que jamais, je m’engage à y travailler avec vous.

Wednesday, 23 August 2017

Traiter tout le monde ? Tout seul ? Et n'importe quand ?


Une jeune collègue me demande mon avis cette semaine. Hola ! Serais-je tout à coup devenu senior executive  😄  ? Je vous le partage, car la question est intéressante, elle ouvre beaucoup de portes.

La voici :

Quelqu’un qui a été admis en urgence la semaine passée et a subi un pontage  veut recevoir demain un shiatsu détendant. Y a-t-il contre-indication ? Son médecin est en vacances  et ne peut pas émettre d’avis. Je ne veux pas prendre de risques… que faire ?

Réponse : pas de hâte ! Considérons d'abord le côté pratique. Comment la personne va-t-elle se coucher, après cette opération ?  Il ne faut pas d'écrasement. Et aussi : il est impossible de traiter le dos ou la poitrine, alors, pour un shiatsu relaxant ?  Mais avant tout : si vous n’êtes pas à l’aise dans le traitement, ne le faites pas. Donc, dans ce cas : il vaut mieux attendre que le médecin revienne et donne son avis sur la question.

Ceci ouvre plusieurs débats. Peut-on traiter tout le monde  à tout moment ? Quelles sont l'interaction et la relation avec d'autres thérapeutes ou avec le médecin traitant ? Et aussi : l’importance de se sentir soi-même à l’aise.

Aider tout le monde ? Oui, mais pas n’importe comment.

En shiatsu, a priori, tout qui se présente, quelle que soit la nature ou la complexité du problème, de la souffrance, peut être aidé et en retirer un bienfait. La technique est telle qu'il n'est pas possible de causer du tort en l'exerçant. Toutefois, pas n'importe comment et en n'importe quelles circonstances. Il faudra  toujours adapter la technique à la personne qui se présente (différent à chaque fois) et parfois émettre des restrictions, s'interdire certaines approches, voire postposer ou même renvoyer vers d'autres thérapeutes.

D’où l’importance de s’assurer au préalable, avec quelqu’un que l’on ne connaît pas, d’éventuels obstacles : la personne a-t-elle mal au dos ? Certaines positions (même allongée sur le dos) sont-elles difficiles pour elle ? A-t-elle été opérée de quelque chose, récemment ou il y a longtemps ?  A-t-elle mal quelque part ? Suit-elle un traitement ou une thérapie ? A-t-elle vu quelqu’un à ce sujet récemment ? Quel était le diagnostic posé par cette personne ? Histoire aussi de ne pas interférer… Quelqu’un qui a vu son ostéo cette semaine ne doit, par exemple,  pas venir faire un shiatsu en plus.

On peut par contre toujours faire quelque chose. Il arrive que des personnes viennent nous voir en désespoir de cause. Elles se sont adressées à plusieurs autres, sans succès. Ou que l’on soit recommandé : « lui va pouvoir vous aider ». Vache de pression ! Mais en fait, avec le temps, de moins en moins. Oui, on pourra toujours faire quelque chose : au moins écouter, apaiser, détendre, rééquilibrer, harmoniser, mais pas de miracles, de guérisons spectaculaires… Laissons cela aux maîtres dans l’art de la catharsis, quel que soit leur arrière-plan. Maître Kawada disait : si c’est spectaculaire, ce n’est pas du shiatsu.  Cela ne veut pas dire non plus qu’il n’y a pas de résultat, immédiat et sur le long terme..
Avec le temps, j’ai  abandonné certaines contre-indications, telles que Tokujiro Namikoshi a pu les formuler au départ. Evidemment, on va éviter le shiatsu sur des membres blessés, en cas de maladies contagieuses, ou, dans le cas qui nous occupe, après une opération très récente.

Mais, en matière de cancer, par exemple, je rejoins Bernard Bouheret qui a balayé mes dernières réticences. Bien sûr que quelqu’un en chimio ou radio, ou en soins palliatifs, peut recevoir un shiatsu. Justement, il ou elle a besoin de toucher, alors que tout le monde, ou presque, le ou la regarde de loin, voire avec une certaine répugnance ou pitié voire une peur de se faire contaminer.

Non, le cancer n’est pas contagieux, mais l’agressivité – nécessaire - du traitement, et la solitude face à lui ont besoin d’être compensés.  Et bien sûr, le système immunitaire a besoin de toute l’aide possible dans des moments pareils.  En soins palliatifs ou dans d’autres domaines hospitaliers, le shiatsu fait d'ailleurs son chemin,  à la grande satisfaction des équipes médicales. En témoigne l’introduction du shiatsu, par le même Bernard Bouheret dans plusieurs hôpitaux français, ou en Belgique à Saint-Luc avec l’école de Maître Kawada.
Donc, la gravité de la maladie n’est pas un critère absolu, le timing doit cependant être bien choisi et aussi – dans certains cas - surtout de maladies graves - où les interventions se croisent, s'additionnent, se complètent – l’avis du médecin traitant est déterminant.

Travailler avec les médecins et thérapeutes

C’est un autre aspect de la question sur lequel il reste beaucoup à faire. On peut généralement regretter le manque de contacts entre les différentes spécialités.

Pourtant, généralement, la personne en quête de soulagement d'un problème ponctuel ou de mieux-être en général, consultera  en parallèle, selon le cas,  son médecin allopathe ou homéopathe,  un kiné, un psy, voire d'autres thérapeutes comme un ostéopathe, un nutritionniste,  ou encore des massothérapeutes.

Oh, j’entends bien de temps à autre un client me dire que son médecin ou autre thérapeute encourage : si cela vous fait du bien, faites seulement. C’est déjà très bien, en soi.  On pourrait aller un pas plus loin et envisager une vraie collaboration, un échange sur le cas de notre client commun. Nos métiers ne sont ni opposés ni concurrents, bien au contraire. Nous voulons tous : santé et bien-être sur tous les plans. 
Le shiatsu s’occupe de la personne en son entier, de prévention, de rééquilibrage… ce que d'autres n’ont souvent pas ou plus le temps de faire. C’est parfait pour moi que quelqu’un travaille sur l’élimination du symptôme, car si le shiatsu peut aussi s’y attacher le cas échéant, ce n’est pas l’essence de la technique. Quand quelqu’un vient avec un problème aigu, cela va, on relève le défi, mais d’un point de vue MTC ou Shiatsu, en fait, il aurait fallu venir avant le problème, pour risquer moins de l’attraper.


Donc, même si les techniques et le but des techniques sont différents, nous travaillons en fait à un objectif commun : la santé et le bien-être de notre client. Et je serais donc ravi de travailler avec d'autres praticiens, scientifiques ou énergéticiens, "conventionnels" ou "alternatifs", chez qui je pourrais prendre un avis, envoyer quelqu'un, et inversement...
Il est clair que le shiatsu peut aussi avoir du sens et de l’efficacité à un moment d'un traitement plus global ou plus ciblé, ou en préparation de celui-ci. On y arrivera, je pense. Mais ce sera d’abord le fait d’initiatives isolées, de collaborations entre humains qui s’apprécient et se respectent, avant toute collaboration institutionnelle. L’humain est ainsi fait… qu’il doit oser innover et réussir pour influencer les systèmes qu’il a lui-même mis en place et qui bloquent.

« N’ayez pas peur… »


… disait Jean-Paul II, pardon Saint Jean-Paul II. Il y a aussi une mudra qui exprime cet état d’esprit, la Abhaya Mudra  (ci-contre).

Bernard Bouheret, toujours lui, disait lors d’un récent stage : « si vous avez peur, ne faites pas de shiatsu », en réponse à la question de savoir si on risquait d’attraper « de la mauvaise énergie ».
La particularité du shiatsu – les restrictions émises ci-dessus étant bien comprises - est tout d’abord de ne pas être nocif. Si on met les doigts à côté, il ne se passera rien. 

 C’est vrai qu’au début, on est impressionné. Les gens viennent avec des questions complexes qu’on ne peut pas – et ne doit pas - résoudre nécessairement. Seul le lâcher, la bienveillance et la confiance permettent d’y aller. Et de dire : voilà, je serai 200 % là pour t’aider, mon intention, ma bienveillance, mon attention.  Masunaga lui-même semblait dire que c’était déjà le plus important : l’intention bienveillante. Ne pas se sentir bien avec quelqu'un ne donnera pas de bons résultats, et il ou elle ne reviendra pas.
De toute façon, en fin de séance, on a progressé. La personne se sent bien à la fin. On a soulagé, détendu, harmonisé, peut-être résolu une chose ou l’autre, que sais-je ? Le corps  va pouvoir reprendre la direction des opérations.
Que savons-nous tous, finalement, de ce qui se passe dans la complexité du corps, des émotions, du mental ou de l’âme ? Honnêtement ? Plus on avance, et moins on semble savoir.
On ne peut clairement pas attendre de tout savoir. Alors, faisons, dans les limites du raisonnable et dans la plus grande honnêteté. En acceptant nos limites et en disant non, parfois, si on ne le sent pas. Et sans accepter la pression que l’on peut nous mettre. Ce sera le sujet du prochain article. 

Friday, 4 August 2017

"J'oscille" - Vivre en harmonie avec notre énergie

L'énergie... selon Erik Satie

 
« Personnellement, je ne suis ni bon ni mauvais. J’oscille, puis-je dire. Aussi n’ai-je jamais fait réellement de mal à quiconque – ni de bien, au surplus ». Erik Satie, Mémoires d’un amnésique – Recoins de ma vie.

Erik Satie, c’est ce musicien original, excentrique, provocateur, avant-gardiste, loin d’être compris en son temps (début XXème) et encore moins aimé.  Généralement,  ceux que leur époque rejette méritent que l’on s’y intéresse.

Or voici qu’en lisant les « Mémoires d’un amnésique », cette phrase me saute aux yeux et m’entraîne au cœur même de nos flux vitaux et de la pratique du shiatsu.


Je vous y emmène, en deux mouvements, réflexion et pratique.
 

1 er mouvement : comme les anciens Chinois, observons, et faisons des analogies


« Je ne suis ni bon ni mauvais. J’oscille ». C’est, résumé  en quelques mots, ce qui se passe avec l’énergie,  dans l’univers,  microcosme et macrocosme, et à tous les niveaux, du physique au plus subtil, du visible à l’invisible.

Comprenons « bon et mauvais » non comme des jugements de valeur, mais comme des qualités d’énergie opposées, des pôles, comme le « positif » et le « négatif » du courant alternatif.

L’oscillation, c’est le mouvement du pendule, du balancier de l’horloge, qui, une fois qu’il atteint son maximum, revient au centre puis atteint l’autre extrême, et ainsi de suite infiniment. Osciller implique un axe dont on s’éloigne et se rapproche sans cesse, sans jamais le perdre.

Dans l'Univers, tout oscille

Ainsi en va-t-il de notre énergie qui revêt différentes qualités. Nous oscillons entre Yin et Yang, en permanence, nous nous situons – toujours en mouvement – quelque part avec une part changeante de Yin et de Yang : une fois à gauche, une fois à droite, une fois en haut, une fois en bas, une fois Yin, une fois Yang. Et donc rien n’est jamais totalement Yin ou Yang, mais nous sommes un mélange dynamique, en perpétuel mouvement, l’un croissant et l’autre décroissant, et le tout s’inversant.

Il faut bien voir le Tai Ji comme un gif animé, et les hexagrammes du Yi Jing comme des représentations du changement.

Cette oscillation s’applique aussi à notre vie, à nos perceptions, à ce qui nous arrive. Mais nous oublions volontiers que nous oscillons, car nous avons besoin de catégories bien définies, de définitions péremptoires, de certitudes immobiles.  Toutefois, la Vie ne correspond pas à la vision qu’aime en avoir notre perception imparfaite et notre besoin viscéral de nous en détacher pour mieux la juger et la diriger.
Nous oublions donc, ou nous refusons de sentir  que nous oscillons. Nous aimons à nous définir comme blanc ou noir, bon ou mauvais, malade ou en bonne santé,  heureux ou malheureux, avec d’ailleurs une nette tendance à la négative. Erreur, car il suffit d’observer qu’il n’en est pas ainsi. Nous oscillons, nous allons de l’un à l’autre, en permanence.

La bonne sensation de l'oscillation

Les flux vitaux sont eux-mêmes oscillation : l’inspir-expir, la circulation sanguine, le fonctionnement du cœur, le processus de la digestion… et puis la valse des émotions, le torrent des pensées… Tout cela va et vient. Quand cela s’arrête, quand il y a stagnation, il y a problème ou… mort, au final.

L’oscillation fait appel à des sensations très anciennes. Pas de plus belle sensation que de faire la planche sur la mer et d’osciller doucement les yeux fixés au Ciel.  Et d’ailleurs, pour calmer un enfant, ne va-t-on pas le bercer, douce oscillation qui le ramène dans le mouvement de la Vie et lui fait oublier la douleur ou le chagrin qui le crispent ?

L’oscillation s’avère également pour les événements humains, au niveau individuel, d’une région, d’un pays, du monde... Une fois un extrême atteint, nous repartons vers l’autre extrême. Les enchaînements de cause à effet font que beaucoup de choses deviennent prévisibles… si du moins, nous prenions le temps de regarder tout cela un peu largement.

Et last but not least... Toute la Terre oscille sur son axe, et c'est ce qui donne le rythme immuable des saisons. En tant que partie intégrante de cette Terre, nous devons bien participer quelque part à ce phénomène.

En shiatsu, toujours en mouvement


Alors, nous, en shiatsu, qui aidons les personnes à se rééquilibrer, que faisons-nous ? La recherche d’équilibre signifie-t-elle l’arrêt au centre ? S’arrêter est stagnation, et donc contre le mouvement de la Vie. S’arrêter au centre ou ailleurs n’a pas de sens, c’est une rigidité, et un déséquilibre. Par contre, se connecter à et se placer en son centre et ressentir l’amplitude de l’oscillation font sens. Si le centre n’est pas fort, on va dans les extrêmes, il y a déséquilibre. Les vieilles balances à aiguille démontrent cela aisément, il y a toujours un léger balancement entre les plateaux.  L’équilibre consiste à intégrer ce mouvement perpétuel de l’énergie et à s’assurer que les plateaux de la balance ne penchent pas trop ni d’un côté ou d’un autre, car alors, le retour est plus compliqué.

Il y a donc l’oscillation, le mouvement perpétuel, autour et à partir du centre. A partir de cette compréhension, nous pouvons travailler.

Deuxième mouvement : pratiquons l’oscillation et le centre


Pour ressentir l’oscillation autour du centre, il suffit de s’asseoir en seiza, d’être attentifs et de ne pas retenir le mouvement. Naturellement, vous devriez commencer à osciller de façon circulaire, autour de l’axe CHOMAI, votre colonne centrale d’énergie. C’est très détendant. Vous pouvez imprimer une impulsion à gauche, puis à droite, mais c’est tout. L’oscillation, elle, vient naturellement, si on ne bloque pas. D’ailleurs, d’autres traditions font cela : les Juifs (ils oscillent en 2D, d’avant en arrière), les derviches tourneurs (en 3D, car circulaire)… L'oscillation qui me vient spontanément est circulaire. Pratiquez ce qui vient, et ne retenez pas.

Pour ressentir l’importance de partir du centre, tenez-vous debout et demandez à quelqu’un de vous pousser. Si vous n’êtes pas dans votre centre, vous allez basculer. Recommencez en vous concentrant sur votre hara et en faisant descendre l’énergie et la respiration dans le bas ventre. Vous allez être beaucoup plus stable et osciller, partir en arrière et revenir, pas tomber.

Partir du centre immuable

Car pour qu’il y ait oscillation, et non déséquilibre,  il faut  qu’il y ait un centre immuable et immobile, mais qui n’appartient pas au domaine de nos activités, duquel tout surgit. Les pratiquants de méditation et d’arts martiaux, les artistes, les personnes spirituelles et en contact avec la nature le connaissent et le recherchent.

 Masanobu Fukuoka, pionnier japonais de l’agriculture naturelle, en parle : « l’agriculture naturelle naît du centre immuable et immobile de l’évolution agricole. A mesure que les hommes se séparent de la nature, ils s’éloignent de plus en plus du centre. Dans le même temps, un effet centripète s’installe et  le désir de retourner à la nature apparaît. Mais si les gens se content de se laisser porter par une vague de réaction et partent vers la gauche ou vers la droite selon les circonstances, le résultat est un simple surcroît d’activité. On dépasse, sans le voir, le point d’origine immobile qui se trouve en dehors de la sphère de relativité ».

Il est clair que, par notre centre, nous sommes reliés à la nature, d’où tout provient et où tout retourne. D’où la grande force dont on dispose quand le centre est fort et éveillé.

Appliqué au shiatsu...

Le shiatsu est un art de vivre, il nous permet de travailler ces choses fondamentales, que ce soit en thérapie ponctuelle ou à tout moment :

  • Installés, bien établis dans notre hara, nous oscillons avec lui, effectuant naturellement les pressions, sans bloquer, sans raidir et si possible sans force. Stephane Vien parle du hara comme d’un chat curieux qui vient voir ce qu’on fait. Le chat passe en une seconde de la détente totale à une folle activité, si nécessaire. On peut se connecter à notre oscillation propre, c’est elle qui imprimera un rythme à nos pressions : gauche/droite, avant/arrière… Le shiatsu devient comme une méditation.


  • Nous voyons et sentons l’oscillation permanente de notre corps et de celui de nos clients, nous accompagnons et régularisons ces mouvements. Nous savons qu’il y a trop de Yang car trop de Yin ailleurs, et que Yang devient Yin et Yin devient Yang. Nous rendons au corps ses facultés de lever les blocages et de se remettre en mouvement.

 

  • Nous voyons dans nos vies et la vie de nos clients ce balancement perpétuel, à tous les niveaux et en prendre conscience est très apaisant. C’est très normal. Quand on va dans un sens, on revient déjà dans l’autre. Se centrer et limiter l’amplitude de l’oscillation sans l’arrêter, voilà le travail. Sachant cela, quand quelqu’un nous dit que rien ne va, c’est que cela va  changer. Mais l’expliquer ne débloquera rien, le faire ressentir, oui.

La pratique du shiatsu, au-delà du déblocage de problèmes ponctuels, permet, de façon profonde, ce recentrage et de renouer avec l’oscillation, la pulsation de la Vie. C’est là que le shiatsu s’avère le plus efficace, sur le long terme, ce que la plupart des clients réguliers résument par «  je me sens bien et je ne saurais pas vous dire pourquoi ». Il n’est, en fait,  pas nécessaire de formuler, mais il est bon, tout simplement, de se laisser aller sur la vague (autre oscillation) de bien-être.

La parole à Satie...

Et puisque nous devons toutes ces réflexions à Erik Satie, je vous invite à écouter une de ses pièces devenues célèbres, une Gymnopédie. Un musicien joue, lui aussi, connecté à son centre immuable, attentif à son oscillation profonde, et dans le lâcher.

 

Thursday, 6 July 2017

« Je me sens vivante partout »




Joli commentaire, lancé spontanément à la fin d’une séance, par une cliente, Suzanne, 83 ans, devenue fidèle au shiatsu.

Les mots sont bienfaisants, et jamais innocents dans leur choix, prononcés de surcroît par nos clients qui n’ont pas nécessairement étudié la théorie et la technique du shiatsu.

Ces mots viennent vérifier et enrichir l’enseignement et la pratique.

« Je me sens vivante partout ». C’est bien là le cœur, l’essence du shiatsu. Quand l’énergie circule sans encombre, on se sent bien, léger, joyeux.  Vivant. J’aime également employer le mot « pétillant », comme un bain de bulles, mais qui viendrait de l’intérieur, de la source de vie en nous.

Se sentir vivant est autre chose que ressentir un certain bien-être. C’est plus profond et plus fondamental. Le bien-être est passager. Se sentir vivant implique que l’on s’est reconnecté à la source de vie et que l’on a pu prendre conscience, dans l’instant présent, qu’elle est là à tout moment. Le tout consistera à ne pas perdre cette conscience, ce lien, sous de multiples préoccupations, ou par un excès de mental, d’émotions, qui toujours nous déconnectent du corps.

Ce que l’on ne sait pas ou ne veut pas savoir, le corps le sait. Il donne les signaux, et il a les clés de l’auto-guérison. Modestement, nous, thérapeutes, aidons à rééquilibrer, et le corps reprend la direction des opérations.

Belle récompense, un tel commentaire en fin de séance. Mais la réponse n’est  pas : j’ai bien travaillé, ou j’ai fait ce qu’il fallait, mais « le shiatsu est merveilleux ». Quand je reçois du bon feedback, j’ai l’habitude de répondre cela : « ah mais, le shiatsu est un art merveilleux ». Cela, on le constate au fil du temps. Et sa spécificité, qui est le toucher du corps, permet bien de toucher l’Etre à tous ses niveaux, du plus concret au plus subtil.

Autre chose : Suzanne, disais-je, est devenue fidèle au shiatsu. Constatant que cela lui fait du bien, elle a choisi de revenir régulièrement. C’est cette régularité aussi qui démultiplie l’effet du shiatsu. Le corps s’habitue à recevoir et on va plus vite « au cœur » du travail. Car travail il y a. On peut passer par toutes sortes d’états, parfois désagréables, et ce n’est pas « bingo » à toutes les séances, comme disait Maître Kawada. Mais le travail se fait, et le corps reçoit, met en place.

Une autre cliente, devenue régulière elle aussi, Iroise, me dit « j’aimerais retrouver la joie ». Bien sûr, la joie est là à tout moment. La joie, associée à l’énergie du Cœur, ne pourra s’exprimer pleinement que lorsque le Cœur – l’Empereur parmi les organes  régnera  - rayonnera de nouveau sur l’harmonie des autres organes. Il y a beaucoup d’obstacles qui empêchent de ressentir  la joie, la douleur bien sûr, la raideur, les blocages,  les préoccupations mentales, les montagnes russes de nos émotions, la dissipation, le fait de ne pas être ancré… Une fois que tout cela lâche, comme un barrage qui craque, l’énergie peut jaillir librement, et ce jaillissement spontané est la joie. Alors, oui, on se sent vivant partout, grâce au travail du shiatsu.

Ainsi, en nous reconstruisant, nous construisons le monde, microcosme et macrocosme.  

Et vous, collègues Shiatsushi ? Quelles sont les plus belles réactions, riches d’enseignement, que vous ayez reçues à ce jour ? Partagez-les en commentaire, car la joie se répand et est contagieuse.

Et vous qui avez reçu un shiatsu, de qui que ce soit,  et avez ressenti certaines choses, n’hésitez pas à les partager.