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Thursday, 11 November 2021

Sammyaku no hô , la méthode en trois points pour connaître ou changer votre destin

ABSTRACT

Résumé de cet article :


De tous temps, l’homme a connu l’angoisse du lendemain et proposé plusieurs réponses, religieuses, philosophiques ou très pragmatiques à la question, pour simplement se rassurer.

Les temps que nous vivons sont venus nous le rappeler, si nécessaire.

Les sammyaku sont une pratique venue du grand fonds philosophique et médical oriental, qui s’est perpétuée jusque de nos jours. L’intérêt pour nous est qu’elle utilise des points que nous utilisons en shiatsu également.

Il s’agit de connecter en triangulation P8 sur l’artère radiale et ES9 à gauche et à droite sur les carotides. En cas de déséquilibre, il y a danger pour la vie.

La question n’est pas de savoir si ça marche ou si c’est scientifiquement vérifié. Dans le cadre propre au shiatsu, rappelons-nous :

  1. l'intérêt de nous ouvrir à diverses pratiques et d'être inclusifs

  2. la nécessité de nous harmoniser aux énergies du Ciel et de la Terre, une dysharmonie en nous-mêmes ou entre notre manifestation et l’Univers pourrait être fatale.

  3. les points travaillent à bien des niveaux, pas seulement sur le fonctionnement des organes, mais aux niveaux psychique, émotionnel et spirituel, ainsi que sur l’interrelation avec tous les êtres.

  4. faisons donc une incursion dans l'approche des pratiques divinatoires anciennes

  5. Energie acquise, énergie innée : pouvons-nous changer notre destin ? Qu'en disent les Orientaux ?

Tout cela est développé dans le texte. Et maintenant, bonne lecture !




SAMMYAKU NO HÔ

Allons-nous mourir tout à l’heure ? Ou demain ? Eternelle question, visiblement devenue obsédante pour beaucoup de personnes par les temps qui courent.

Chacun aura recours aux méthodes de prédiction ou de divination de son choix pour essayer de lire son avenir. Il y a pléthore ! Et ne dites pas que vous n’avez jamais cédé à la tentation.

Mais il y en a une qui vaut une analyse, car elle utilise des points de shiatsu que nous connaissons bien. On l’appelle le SAMMYAKU NO HÔ.
三脈の法.

C’est Itsuo Tsuda, esprit curieux et jamais en peine de raconter une bonne histoire qui m’a mis sur la piste de cette pratique. Dans ‘Face à la science’, tome 9 de son Ecole de la Respiration, il nous dit que son maître Noguchi (Haruchiko Noguchi, fondateur de la pratique du Seitai) enseignait les sammyaku aux pratiquants de Seitai vers la fin de la guerre, alors que Tokyo était exposée aux raids aériens. Ils savaient ainsi s’ils allaient mourir ou non. Voilà qui suscite notre curiosité. Creusons un peu.


Etymologie par les kanji


Pour savoir ce que c’est, comme d’habitude, allons voir les kanji

三 san, signifie 3 et devient sam par redoublement devant le m de myaku qui suit.

脈 myaku, veine, pulsation, pouls… mais aussi  ‘vaisseau’. On l’utilise pour les vaisseaux sanguins, mais aussi pour les  ‘vaisseaux curieux’  (dont le nom complet en Japonais est Kikei Hachimyaku, en Chinois Qi Jing Ba Mai et cela s’écrit pareil : Ki 奇 (extraordinaire, désigne les parcours hors méridien) Kei経(Méridien) Hachi八(Huit) 脈Myaku (circulation).

の no, déterminatif, signifie ‘de’

法, hô, signifie méthode, principe, système et celui-là, nous le connaissons aussi à cause du livre de Tempeki Tamai  指圧法, méthode de shiatsu.

Donc, 三脈の法, sammyaku no hô, se traduit habituellement par méthode des trois pouls. Mais gardons bien en tête l’idée de flux qui est inhérente au mot myaku.

Anticiper les dangers


Il s’agit en fait de vérifier la concordance de trois pouls spécifiques et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Itsuo Tsuda replace la pratique dans le Japon ancien, puisqu’il nous raconte qu’on vérifiait les sammyaku lors des voyages des Daimyo (nobles japonais qui gouvernaient les provinces), avant le départ. S’il y avait perturbation dans les trois pouls, il y avait danger de guet-apens. Et donc, il ne fallait surtout pas rester là, et changer l’itinéraire.

Les sammyaku permettent de détecter une réaction de l’organisme face à un danger imminent.

Sensation plutôt émoussée chez les humains, d’habitude, mais pas chez les animaux. On sait que ceux-ci sont capables d’anticiper les catastrophes naturelles, voire, dans le cas d’animaux domestiques, la mort d’un humain ou la leur.

Pour ceux qui n’ont pas le mauvais pressentiment à fleur de peau, ou qui veulent vérifier leurs pressentiments, les sammyaku sont une méthode très pratique et facile. Si les trois pouls sont en concordance, on peut rester là. Sinon, il faut partir tout de suite.

Toujours utilisée de nos jours


En creusant un peu, j’ai été surpris de constater que le sammyaku no hô est toujours utilisé au Japon aujourd’hui, et même enseigné.

Ainsi, M. Ichibay qui se définit comme ‘ a sake drinker’ nous partage-t-il dans son blog ‘Sake, kimono and tabi’ ses réflexions sur le sammyaku au lendemain du tsunami de 2011 et nous raconte-t-il qu’il l’a appris de son ‘entraîneur en cascade’. Il faut comprendre par là la pratique Shinto de se tenir sous une cascade pour pratiquer le misogi (purification). Ainsi les sammyaku permettent-il de voir si, en allant sous une cascade, on risque, par exemple, une hypothermie, de glisser sur un rocher ou de se prendre sur la tête une pierre charriée par les flots.

On trouve également des vidéos en Japonais pour enseigner la méthode. Même la clinique ‘Kobe Rokkodo Osteopathic Institute Acupuncture and Moxibustion Institute Hanpo-do’ recommande l’utilisation de la méthode des trois pouls pour détecter les signes de danger.

Il nous est bien précisé que la méthode provient ‘des médecins chinois’ et que, bien qu’elle n’ait pas vraiment de fondement scientifique,  ce ne serait pas étonnant que les humains aient, comme les animaux, la capacité de sentir arriver les dangers. On peut aussi la voir comme une façon d’amener des informations du subconscient au conscient.

On l’utilise dans deux cas précis :

  • Soit plusieurs personnes dans le même espace l’utilisent et une seule n’est pas alignée, dans ce cas, elle a des signes de maladie.

  • Mais si d’autres personnes autour de nous ont également des signes de désordre, on peut penser à un accident majeur ou à une catastrophe naturelle impliquant plusieurs personnes se trouvant à cet endroit.


Dans tous les cas : fuyons.

Comment pratiquer ?


La pratique est extrêmement simple.

(crédit photo : site du kobe rokkodo osteopathic institute)




On prend  le pouls radial sur le poignet gauche si on est un homme et sur le poignet droit si on est une femme (yinyang, logique), en utilisant le pouce de l’autre main.

En tenant ce pouls, on place le pouce et le majeur de la main sur la carotide dite ‘primitive’, qui passe à gauche et à droite du cou.

Soit :

  • le pouls des deux carotides et du poignet est synchrone, tout va bien, pas de danger. 

  • les pouls sont désynchronisés, un grave péril est prévisible dans les 24 heures.
Il faut alors changer les activités prévues dans le futur immédiat (par exemple partir en voiture plutôt qu’en train, changer son vol, etc.) et reprendre les pouls.

Il faut procéder ainsi jusqu’à ce qu’ils redeviennent synchrones.

Après, on trouve des raffinements :

  • les trois pouls sont désynchronisés : grand danger
  • seul le poignet est hors phase : problèmes relationnels (procès, dispute…)
  • la carotide gauche est hors phase : problème d’argent (vol, fraude…)
  • la carotide droite est hors phase : vitalité affaiblie, maladie aigüe…

M. Ichibay a poussé la bonté sur son blog jusqu’à démontrer clairement comment faire.



Pertinence et intérêt par rapport au Shiatsu


On entend d’ici ricaner ceux qui se piquent d’approche scientifique, prompts à qualifier de superstition ridicule ce genre de pratique. Ce serait adopter une approche mentale qui crée des catégories qui, en fait, n’ont pas lieu d’être. Toute la médecine (orientale et occidentale) est, qu’on le veuille ou non, le fruit de recherches empiriques, vérifiées et structurées par l’expérience répétée au long des siècles.

On pourrait aussi le prendre à la japonaise, comme le fait M. Ichibay, disant qu’on ne sait pas si ça marche, mais vu que c’est gratuit, ça ne coûte rien d’essayer. On retrouve là la curiosité et l’ouverture des Japonais, toujours prêts à examiner quelque chose et, le cas échéant, à l’améliorer. Ce que, pratiquant un art Japonais, nous devrions également être toujours disposés à faire, en étant inclusifs dans notre pratique.
 
Personnellement, j’accorde de l’intérêt à ces choses que l’on se passe ainsi dans toutes les traditions depuis des générations. Même si, évidemment, je ne vais pas me prendre les sammyaku tous les matins, ce qui laisserait soupçonner un possible déséquilibre psychologique.

Mais, surtout, le fait de prendre les pouls sur des points bien précis incite à voir si on ne peut pas en tirer des enseignements pour notre pratique du shiatsu ou notre réflexion.




Origine historique des sammyaku


Dans la nébuleuse historique qui entoure toutes ces pratiques orientales, je trouve une référence qui situe l’origine des sammyaku dans la partie médicale du Qi Men Dun Jia.  Le mot (chinois) existe curieusement tel quel dans le dictionnaire japonais et se compose de 4 kanji

奇 étrange (c’est le même que pour les méridiens merveilleux, donc comprenons ‘hors parcours habituel)
門 porte
遁 fuir
甲 armure, carapace

Donc ‘armure pour fuir par l’étrange porte’ ou une porte inhabituelle.

On apprend ensuite que le Qi Men Dun Jia est un art divinatoire Chinois, toujours usité de nos jours  pour divers cas de divination (affaires, mariage, fortune, Feng Shui, voyages, etc.). De nature plutôt stratégique à la base, il permettait de remporter des combats. Il est basé sur les éternels archétypes de l’esprit chinois : Yinyang, 5 éléments et des carrés magiques de 3 x 3. Certaines pratiques travaillent sur les Shen (‘esprits célestes) tandis que d’autres, plus ésotériques, utilisent les talismans, incantations et démons. Arts du Ciel et de la Terre, donc, tout ceci est bien reconnaissable.


De nos jours, et en Occident, des consultants européens (l’institut Marip, par exemple) l’utilisent pour conseiller des chefs d’entreprise. Voyez ici un site bien explicatif concernant le Qi Men Dun Jia.

Comme le précise le site de Marip,  divination ne veut pas dire croyances et magie, mais c’est un modèle opérationnel, tentant de décrypter et donc d’anticiper les mouvements de l’Univers. Le Yi Jing constitue un autre outil en ce sens. Et la tradition chinoise en propose bien d’autres encore.

Nous voyons donc deux versants à l’utilisation de toutes ces pratiques dites divinatoires:

  1. L’approche ‘Ciel’ : énergétique, une utilisation abstraite, tentant de comprendre et d’anticiper les mouvements de l’Univers, et savoir comment nous aligner.
    Ce que nous pourrions traduire en shiatsu par la pratique du Ki Do Ma : la bonne action (Ki) avec la bonne intensité (Do) et dans le bon intervalle (Ma).
    La fonction rituelle de l’Empereur, en quelque sorte.

  2. L’approche ‘Terre’ : une utilisation matérielle dans le quotidien de la vie individuelle : savoir ce qui va se passer demain, si on va mourir ou non, comment se concilier les puissances extérieures, etc.
    En shiatsu, on pourrait traduire cela par si je pousse sur tel point, tel effet va s’ensuivre. Les manuels en sont pleins.
    Notre vie d’homme ordinaire, quoi.

On peut aussi utiliser le Yi Jing de deux façons. Ce serait en Occident, par analogie, la différence de regard entre l’astrologie et l’horoscope, ou l’utilisation que l’on peut faire du tarot.

Il n’y a pas de choix ou de jugement à émettre concernant l’utilisation qu’on en fait. L’Homme, entre Ciel et Terre, a pour privilège de pouvoir observer le Ciel et de prendre soin de la Terre. Tout dépend de vers où on regarde.

Conernant les sammyaku, l’approche ‘Terre’ est évidente. Vais-je mourir demain ? Voyons si une approche ‘Ciel’ est possible, et pour cela, il faut aller voir les points.

3 points et un triangle


Le point de poignet est sur le Poumon et on pourrait hésiter entre P8 et P9, sauf que P9 se situe ‘dans un creux en dehors de l’artère radiale ».

Ce serait donc plutôt P8, Keikyo, en Chinois Jing Qu, traduit habituellement par gouttière du vaisseau et situé précisément ‘dans la dépression sur le côté latéral de l’artère radiale’.

Le kanji est particulièrement intéressant :

經
KEI
est le même que dans Keiraku (méridien) et indique donc : la chaîne d’un tissu, une route Nord-Sud, un méridien, une longitude, les vaisseaux d’un corps (artères, veines, nerfs…), le pouls et les classiques ou même les sutra. On voit l’idée de trame verticale.

渠 KYO associe une équerre en bois et l’eau : un lieu où les eaux se rassemblent, un canal, un fossé Philippe Laurent nous dit que keikyo désigne donc un lieu : la gouttière radiale, où on palpe le pouls. Après un détour sur P7, le méridien reprend son alignement sur l’artère radiale. Pour toute indication thérapeutique, on nous dit que ce point ‘régularise l’énergie du poumon’.

Les points du cou sont sur les artères carotides gauche et droite. Nous sommes ici sur ES9, sur le bord antérieur du SCM, ‘où on sent battre la carotide’.

Le nom Chinois est Ren ying, le nom Japonais Jingei  et Philippe Laurent analyse les idéogrammes comme suit :

人 Humain
迎 Heurter, aller à la rencontre.

Littéralement ‘rencontres humaines’, en Chinois médical ‘carotides’.

C’est un point mer du Qi et Fenêtre du Ciel, il équilibre le sang et l’énergie.

Si on reste sur l’étymologie basique de ces points, nous sommes donc en train d’examiner comment sont les sammyaku (les trois circulations) sur des endroits du corps qui nous parlent d’énergie qui doit reprendre son cours normal et de ce qui peut venir à la rencontre de l’Homme ou le heurter.

Si on regarde les fonctions des points P8 et ES9, nous trouvons 'régulariser l'énergie du poumon' et équilibrer le Sang et l'énergie.

Si on regarde ensuite quelques fonctions des organes/entrailles sur les méridiens desquels se situent ces points précis, nous trouvons :

  • Le Poumon gouverne le Ki, le fait descendre et le diffuse à chaque organe et chaque tissu. Par la respiration, il gère également l’interaction entre l’extérieur et l’intérieur, et intervient à plusieurs moments  dans  la complexe interaction des différents types de Ki.

  • L’Estomac est le réceptacle des liquides et des graines, il réceptionne et décompose les aliments.  L’énergie de l’Estomac est le fondement de l’homme. Quand le Qi de l’ES est présent, c’est la vigueur, la vie et la santé des 5 organes.

Selon le docteur Manola Souvanlasy Abhay (in ‘La médecine énergétique chinoise’), la qualité du Qi de l’ES est un facteur de pronostic de vie ou de mort dans des maladies graves. Source de la nutrition. L’état du Qi de l’ES se reflète dans le pouls qui doit être harmonieux, calme, vigoureux, ni rapide, ni lent.


En posant les doigts en connexion sur P8 et ES9, nous interrogeons donc les deux aspects de l’énergie acquise (respiration et nourriture) et les mettons en relation :

  • Nourriture immatérielle et matérielle, indispensables à la vie

  • Ki Ketsu, qualité du Ki  et du Sang

  • Ciel / Terre

On peut comprendre que s’il y a perturbation sur la circulation ou la qualité de l’énergie acquise, il risque d’y avoir un problème. Le plus étonnant, c’est qu’on nous dise que les problèmes vont venir d’événements extérieurs. Constatant un déséquilibre sur trois points, nous aurions en effet tendance à maintenir la connexion pour tenter de régulariser. Mais ici, le diagnostic est bon ou mauvais et la correction à effectuer est dans l’interaction avec le monde extérieur et sur l’endroit où va se situer, ou non, le corps.

C’est étrange, ou non… selon ce qu’on veut considérer. N’y aurait-il pas ici une réflexion à mener sur le plan de l’énergie innée ?


Connaître ou modifier notre destin ?


Car un petit commentaire innocent trouvé au sujet des sammyaku me met sur une autre piste bien intéressante. ‘S’il y a danger de mort dans les 24h, le sens de l’existence (the sense of existence) détectera le danger et dérangera le pouls afin que la personne en prenne conscience’.  

Si on parle de ‘sentiment d’exister’, on appellerait cela le pressentiment. Auquel cas, les sammyaku sont une méthode qui objective un pressentiment, selon le principe que, si l’esprit peut être aveugle, le corps, lui, ne ment jamais.

Mais si on parle de ‘sens de l’existence’, ou encore de ‘destinée’, la question est de savoir si on peut connaître son destin. Car l’énergie vitale innée est disponible pour son temps de vie terrestre. Pouvons-nous seulement subir ou modifier le destin ?  

Il existe un grand point qui nous parle de cela, VG 4, Meimon, Porte de la destinée

Mais attention aux concepts de nouveau. Rien à voir avec le fatum latin ou l’
Ἀνάγκη grecque (anankê) où tout est écrit d’avance.

Le kanji utilisé ici est ‘inochi’ 命(le même qui apparaît dans le célèbre slogan de M. Namikoshi –‘inochi no izumi waku’). Inochi concerne à la fois la vie vue dans sa finalité et l’existence humaine. Quand on choisit de dire Inochi, on entend bien plus que l’espace entre la naissance et la mort d’un individu, mais plutôt l’énergie vitale, non-manifestée puis manifestée, ou, si vous préférez : Ciel Antérieur et Postérieur. La Vie, le flux qui nous traverse, quoi.


Meimon est le point où surgit Inochi
. Selon Elisabeth Rochat de la Vallée ( in ‘101 notions-clés de la Médecine Chinoise’), la destinée est donc la force vitale, le sort individuel, la durée de vie allouée à chacun, en même temps qu’elle est vie personnelle à mener, destin à accomplir. Le passage par une porte fait entrer dans la vie. 

La porte de la destinée est le lieu où commence une vie personnelle, là où le dessein du Ciel rencontre la possibilité terrestre de prendre corps, où Yin et Yang se croisent, essences et souffles commencent à se compénétrer, le champ de cinabre, les reins.

Il existe donc à tout moment la possibilité que ce destin s’interrompe, par accident ou parce que c’est la fin de la Vie et la question est de savoir si nous pouvons y faire quelque chose.

 Cette question n’est absolument pas tranchée, tant il y a deux écoles. Il en fut de même chez les Chinois et il y a eu des changements dans l’approche philosophique de la culture médicale taoïste.

Avant l’époque Song (960 -1279), on se base sur la conviction que la vie est prédéterminée. La pratique alchimique ne peut rien modifier, il s’agit de découvrir et de réaliser son propre parcours. C’est l’harmonisation au mouvement qui va du Jing au Shen, la réalisation de l’essence. Laisser s’accomplir le grand Shen.

A partir de la dynastie Song, l’idée se développe que ce qui est établi peut être modifié, le destin peut être changé grâce à l’approche médicale, l’énergie et l’esprit peuvent provoquer une transformation de l’essence. Le mouvement n’est plus seulement ascendant, on peut travailler à double sens.


Et c’est alors que ‘l’on voit apparaître, notamment, l’introduction parmi les stratégies thérapeutiques des méridiens curieux, par l’intermédiaire desquels on peut agir au niveau des énergies constitutionnelles : Jing et Gen’. (In Emilio Simongini & Leda Bultrini  ‘le psychisme dans la médecine Chinoise’). Mais voilà encore une belle et compliquée histoire.

La pratique des sammyaku n’entre absolument pas dans ce cadre.

Mais, sachant tout ce qui précède, en certaines occasions, je me vois bien faire les sammyaku. Un check point de plus pour voir si Ki mochi ga ii : l’état du ki est bon.

Et vous ?

Voilà où, partis de trois petits points, nous pouvons arriver. Ne pratiquons-nous pas un art merveilleux ?


Retour à l'abstract pour réordonner les pensées.



Sunday, 4 October 2020

Le long chemin des méridiens - Regards japonais et utilisation en cabinet

Maintenant que l’étymologie nous a fait comprendre ce que l’on veut dire par ‘méridien’ (article précédent), considérons l’usage que l’on peut en faire.

Et puisque nous pratiquons un art japonais, intéressons-nous à des spécialistes au Japon.

Trois regards japonais sur les méridiens


Katsusuke Serizawa


Le Monsieur Tsubo cité dans un récent article, M. Serizawa, ne s’intéresse pas tellement aux méridiens mais ne les nie pas pour autant. Il part des organes et des entrailles, qui contrôlent le corps humain. L’énergie pour leur fonctionnement correct est fournie par un système total divisé en un système par organe. Les systèmes sont appelés méridiens, et il y en a donc 12. Des déficiences ou excès d’énergie dans ces systèmes déterminent si la personne est en bonne santé ou malade.

En outre, il y a 8 sous-systèmes dans le corps qui rendent possible les ajustements des intensités de l’énergie dans les 12 systèmes de base.  Ces sous-systèmes sont appelés keimyaku, ou vaisseaux. Les systèmes et sous-systèmes transportent le sang et l’énergie à travers le corps (KI Energie気  KETSU sang 血).

Parmi les causes de maladies, les situations mentales et émotionnelles sont extrêmement importantes, avec dans leur sillage les soucis familiaux, les souffrances mentales résultant de divers désirs (succès, avidité, trop de sexe et d’alcool) qui génèrent des maladies. Les causes ne sont jamais exclusivement internes ou externes. La stagnation du flux d’énergie dans les systèmes de méridiens et le mauvais fonctionnement des organes et des tissus du corps produisent divers symptômes pathologiques.

Pour trouver le bon tsubo à traiter, il faut connaître le système de méridiens affecté, qui révèle l’origine du problème (et non se limiter au symptôme). Un mal d’estomac peut provenir du Foie, des Poumons, etc. Et c’est pourquoi la médecine orientale traite chacun comme un cas individuel.

Après, les traitements de M. Serizawa sont basés sur des kata de points, pour lesquels il utilise évidemment la numérotation par méridien, mais les noms… en Chinois. Allez comprendre pourquoi...

Shizuto Masunaga

A la base du shiatsu plutôt axé sur les méridiens de M. Masunaga, se trouve en fait un ressenti. 

Dans ‘Shiatsu et Médecine Orientale’, il nous dit ‘les méridiens que j’expérimentais ne concordaient pas avec ceux du traité classique. Il était incompréhensible  que les méridiens soient représentés comme de simples lignes reliant les Keiketsu. Il était curieux que du point de vue de  l’activité d’êtres plastiques les méridiens se présentent sous la forme de lignes toutes droites ou fassent de brusques détours. On en vient à la conclusion que la carte classique des méridiens est une carte simplifiée dans un but de facilité pour le traitement et que celle-ci a été tracée en faisant des keiketsu – les points de pratique – l’élément essentiel.  

Dès lors rien ne devrait s’opposer à ce qu’on ajoute des méridiens dont les réactions sont sensibles et qui se révèlent efficaces. Et de même, rien n’interdit d’appuyer entre les keiketsu classiques et on trouve de nombreux tsubo qui donnent au sujet une sensation de bien-être'.

Et, en bon chercheur, M. Masunaga a voulu, comme il dit, ‘ appréhender sur moi-même les trajets de

circulation des méridiens, comme une sensation de quelque chose qui s’écoulerait dans le corps’.  

Cette sensation du corps est à la base de ses exercices des méridiens (keiraku taisô) puisqu’il ajoute ‘je me suis rendu compte  que par des mouvements souples et lents, il me devenait possible de percevoir ceux-ci’ (les méridiens).  Ajoutant ‘je suis finalement parvenu à trouver six postures’ et ‘leur ressemblance avec les exercices de Jikyôjutsu (mélange de Dô In et de gymnastique moderne) est tout à fait fortuite’. (Et, au risque d'insister : ils n'ont rien à voir avec le Makkô Hô).

Mais on entrevoit là une constante dans la façon de mouvoir son corps, qui ne renforce aucunement les muscles ou le squelette (ces exercices étant qualifiés d’intellectuels), mais met en jeu les six sortes de systèmes fonctionnels de l’ensemble du corps.

Et donc, le mouvement se fait dans les directions vers lesquelles se dirige le Ki-Ketsu : devant, extérieur, intérieur, derrière, surface, profondeur et les côtés. Là où manque le Ki-Ketsu, c’est Kyô. Là où il stagne, c’est Jitsu.

Et il ajoute que comme les méridiens sont des systèmes qui enregistrent toute altération survenant dans l’organisme, procéder à la remise en ordre de ceux-ci revient à faire le traitement holistique du corps tel que l’envisage la médecine orientale.

C’est donc une autre vision, même si on utilise encore les tsubo.

On ne part pas des symptômes, mais d’altération pathologique de l’ensemble de l’organisme, le traitement est holistique.

On fait confiance à son ressenti pour trouver les endroits / les parcours à traiter

La vision est dynamique, elle considère le flux, ses directions et ses altérations, nous sommes en fait plus dans des circulations que dans des schémas statiques.

Que M. Masunaga ait complété /augmenté les trajets des méridiens classiques n’est pas entre-temps pour nous surprendre, puisque nous savons maintenant que les anciens traités mentionnent 32 méridiens KEI et 68 RAKU. Il serait intéressant de voir s’il a eu accès à et s’est inspiré de matériel existant, pour modéliser ou guider son ressenti.

Arrêtons-nous là, le but n’étant pas de réécrire un traité sur les méridiens, et examinons une troisième vision, plus contemporaine.

Ryokyu Endo

Ryokyu Endo propose lui aussi une vision axée sur les méridiens. Un homme aux multiples talents, puisqu’il est le créateur d’un style de shiatsu, le Tao Shiatsu, musicien,  moine Jodo (Terre Pure) au Wadenji de Kyoto…  (https://endo-ryokyu.com/). Son site mentionne sobrement qu’il a créé cette méthode, étant devenu capable, en pratiquant, de voir le mouvement du Ki et les méridiens.

Le Tao Shiatsu travaille sur les pressions, la posture et la stabilité, le mouvement du ki… et développe des techniques propres. Il définit les méridiens comme des courants du ki vital et aucune trace n’en subsiste donc après la mort. Les organes ne sont pas la vie, mais des outils qui étayent le corps physique. Les méridiens sont plus proches de l’essence de la Vie que les organes. Ainsi, dit-il ‘les méridiens sont liés à la vie invisible et l’anatomie nie leur existence’. L’essence de la Vie peut être perçue uniquement à travers de vraies sensations et le visible n’est qu’une portion infinitésimale.

Les méridiens forment la toile de fond des organes anatomiques et sont à l’origine de toutes les fonctions vitales. En quelque sorte, le courant d’énergie vitale, la Vie qui sous-tend le fonctionnement du corps. Vision intéressante, car elle nous invite à abandonner toute tentative d’explication anatomique et toute spéculation sur la détection scientifique des méridiens : on ne trouvera rien.

Si l’étude des méridiens doit suivre le tracé d’un diagramme, toutefois, ils sont difficiles à trouver en un emplacement précis, car ils sont caractérisés par leur changement incessant de position. Pour guérir les troubles, les thérapeutes doivent s’adapter au changement des méridiens, et donc développer leur réceptivité, devenir ‘comme des enfants’. Devenir capable, en fait, de percevoir la douleur ou la joie d’une autre personne comme les siennes propres.

Sa démarche est similaire à celle de M. Masunaga, tout en allant plus loin et il s'est fait, comme il dit,  ‘une idée nette’ de l’existence de 24 méridiens parcourant l’ensemble du corps. Ainsi, pour M. Endo :

  • Il est inconcevable que les méridiens s’arrêtent à un endroit donné, puisque la Vie circule à travers eux

  • Il est anormal que des méridiens montent par les cuisses et s’arrêtent à l’aine

  • Il y a douze méridiens sur chaque côté du dos

  • Les méridiens des bras et des jambes circulent en paires

  • Le Vaisseau Conception et le Gouverneur circulent aussi sur les bras et les jambes et la zone du dos.

Il donne une technique pour détecter les méridiens : ‘lorsqu’un thérapeute applique une pression (continue) sur deux points du même méridien, ces deux points doivent être ressentis comme un seul’. Après quelques secondes, le patient ne perçoit plus la pression que sur un seul point et non deux. A ce moment, vous avez trouvé un méridien. Voilà qui nous incite à chercher les connexions.

Quant aux tsubo utilisés en Tao Shiatsu (traduits par ‘creux physiologiques des méridiens’), ils n’ont pas de position anatomique précise, puisqu’ils changent en fonction des circonstances. Ils sont l’accès aux méridiens et importants pour les méridiens kyo situés à la fois en surface et en profondeur. Si on ne comprend pas les tsubo, au lieu d’être un aspect de la vie, les méridiens ne sont que des lignes courant à la surface du corps. Nous ne savons pas pourquoi de tels creux physiologiques apparaissent sur les méridiens, mais ils sont des points importants pour le traitement.

Ryokyu Endo ajoute que lorsque le concept de méridiens est exclu de méthodes thérapeutiques comme le shiatsu et l’acupuncture, ces pratiques ne peuvent plus entrer dans la catégorie de la médecine orientale. Les méridiens permettent de poser un diagnostic individuel et il s’agit donc de médecine, sinon ce sont des méthodes curatives. 

Le travail avec les classifications de maladies est occidental et le shiatsu basé sur ces diagnostics ne permet pas au thérapeute de décider vraiment du traitement et donc, d’en être responsable.

Trois visions intéressantes pour enrichir notre pratique, et qui ne s'excluent pas. Et il y a sans doute encore bien d’autres théories, classifications, utilisations de méridiens, existantes ou à venir…


La disparition des méridiens… et des points


La lecture de ce qui précède nous amène à une constatation intéressante sur l’impermanence des méridiens et des points.

Cela vient éclairer cette remarque faite un jour en stage par Maître Ohashi dans son stage sur la psychologie des méridiens : ‘le problème doit être assez visible pour pouvoir être traité. Lorsqu’il y a désir, focus, le méridien est présent. Lorsque c’est bien équilibré, le méridien disparaît’. Il rejoint ici M. Masunaga dans sa perception de la spatialité des méridiens et des directions du Ki Ketsu. Lorsque le but est atteint, le méridien disparaît. Et il ajoute que ‘tsubo, méridiens, tout cela est très subjectif. C’est notre chance et, en même temps, c’est une difficulté’. 

Pour Ryokyu Endo, les tsubo mêmes disparaissent car  ‘quand on applique une pression régulière et constante, les tsubo se remplissent de ki et disparaissent de la zone respective du corps’.

Donc, au fond, pourquoi nous préoccuper tellement de tout cela, puisque, le traitement terminé, on n’en parle plus ?

Et puis alors, on fait des points ou des méridiens, ou les deux ?

Deux approches, une pratique

Au terme de ces trois articles, il me semble donc que le besoin de classifier les shiatsu en shiatsu de méridiens et shiatsu de points est plutôt une manie d’Occidental et il apparaît clairement des quelques réflexions ci-dessus que les Japonais, quand ils privilégient les tsubo, n’oublient pas les méridiens, et, quand ils mettent en avant les méridiens, tiennent compte des tsubo. Et, dans notre pratique, il me semble également que nous faisons de même, sans avoir le besoin de trop y réfléchir.

Rappelez-vous, à la base déjà, le mot général KEIKETSU, traduit par ‘point’, intègre aussi bien le tsubo que la ligne verticale sur laquelle on le situe.

Il y a plusieurs angles d’approches qui ne s’excluent pas :

  • Occidental ET Oriental : gardons bien en tête que le shiatsu s’inspire des deux, et posons là que, peut-être, l’approche par points /symptômes /traitement parle plus facilement à un Occidental, tandis que le concept des Méridiens / ressenti lui est plus étranger et se rapproche plus de la médecine holistique orientale.

  • Chinois ET Japonais : nous avons vu que les Japonais, arrivant après les Chinois sur certaines conceptions d’origine chinoise, développent leur propre vision et considèrent d’autres approches. On ne peut donc pas se limiter à la vision purement chinoise si on fait du shiatsu, on doit se demander quelle est l’approche japonaise de la chose. Il y a un génie particulier propre aux Japonais. Les subtiles différences, déjà dans le choix des mots, expriment bien cela.

  • Energétique ET anatomique : les tsubo sont plus faciles à intégrer dans une approche anatomique / physiologique (en tout cas dans leur localisation classique), tandis que les méridiens sont de l’ordre du ressenti et de l’énergétique, anatomiquement ils sont et resteront sans doute indétectables. Cela nous délivre du besoin de nous expliquer…

  • Ressenti ET savoir, expérience ET apprentissage : si un savoir est évidemment nécessaire pour comprendre cette vision de l’humain et l’appliquer, il n’est qu’un panneau indicateur et le ressenti seul dira l’emplacement exact des tsubo et la qualité des méridiens à travailler.

Vous avez remarqué que je n’oppose pas ces visions par ‘ou’, mais que je mets un ‘ET’. ‘Ou’ n’a, philosophiquement, pas sa place dans une pratique orientale.

Dans la pratique quotidienne

Avec le temps, il me semble aussi qu’il y a plusieurs étapes, inévitablement, dans la pratique et l’évolution d’un praticien, qu’il s’agisse de tsubo, de méridiens, de tout concept, technique, ressenti…

Au début, on nous apprend évidemment le trajet des méridiens (classiques ou Masunaga selon les écoles), l’emplacement et l’affectation des points. Et, en bons élèves appliqués, quand nous travaillons sur quelqu’un et que nous décidons, par exemple, de faire le Poumon, nous faisons consciencieusement tout le méridien.

Au bout d’un temps, on se rend compte que ce n’est pas vraiment nécessaire, et on ne travaille plus que les points les plus importants, les Shu par exemple, ou des parties de méridiens qui font sens pour le problème en présence.

On nous apprend également des kata, càd des enchaînements de mouvements et de points, qui sont généralement de bonnes entrées en matière et de bonnes pratiques quand il n’y a pas de chose particulière à travailler. Après, nous inventons nos propres kata, et la seule mesure de leur pertinence est leur effet et leur efficacité.

J’en suis venu, finalement, tout en gardant la boîte à outils qui précède, à rechercher les connexions de points sur un même ou sur différents méridiens, et les mains font comme une promenade sur le corps le long des méridiens (ou pas), s’arrêtant où elles sentent que c’est nécessaire. 


La vision globale du corps et de ses couches énergétiques m’inspire actuellement beaucoup et donc, ne pas perdre de vue que les méridiens sont du Sud/Nord, Ciel/Terre est inspirant pour le travail. Le Vaisseau Ceinture venant tenir tout cela ensemble… Dimension spatiale du travail, et dimension temporelle dans le rythme, l’intensité des pressions.

Et je me réjouis de savoir qu’il y a d’autres voies à explorer, et d’autres étapes de développement à venir.

Un aspect essentiel restera toujours le ressenti des receveurs. Il arrive qu’en pressant certains points, le receveur indique des sensations à divers endroits du corps et, parfois, il indique exactement le trajet du méridien. Merveilleuse confirmation de leur existence et de la pertinence du travail en cours …

Travaille-t-on mal quand on commence le shiatsu et qu’on fait de façon hésitante ce qu’on vient d’apprendre ? Non, puisque, quand on commence, des clients viennent et cette façon de travailler leur convient, visiblement. L’essentiel va être dans le travail sur soi, l’ouverture, le ressenti, la présence, l’intention et l’attention, l’intensité de l’échange… et toujours SHOSHIN ‘le ressenti profond des premiers instants’, l’état d’esprit qui ne devrait jamais nous quitter.

N’oublions pas par ailleurs cette petite phrase assassine de M. Masunaga : ‘Cependant, même sans étudier beaucoup, on peut, néanmoins, obtenir de bons résultats, et même si on ne connaît pas bien la théorie, on ne court pas de grands risques. Un fait peut le prouver, c’est le peu d’efforts que font aujourd’hui  les thérapeutes de shiatsu, une fois leurs études terminées, pour continuer à apprendre et à lire des ouvrages, comme le font les acupuncteurs. Parce que, même si on manque les Tsubo et même si le degré des pressions n’est pas convenable, l’action des Tsubo se fait malgré tout ici ou là, quand on appuie plus fort un peu partout. Une telle façon de faire, cependant, rend impossible la prise des Tsubo efficaces pour les personnes réellement malades’.

Voilà qui est clair : peu importe le niveau, mais soyons conscients que

  • si nous nous trompons, ce n’est pas grave, il n’y a pas de risques
  • si nous sommes des feignants, nous ne serons pas vraiment efficaces.

Oh, les jolis paradoxes orientaux !

Je nous souhaite un bon travail, sur 12, 24, 32 ou 100 méridiens, entre keiketsu, tsubo, keiraku, myaku et autres termes inspirants qui vous sont familiers maintenant. 



 

Tuesday, 2 April 2019

Le Shiatsu, un art ancien pour traiter les maux modernes


Le shiatsu, c’est pour qui ?  Réponse simple : pour tout le monde. Je vous invite à revenir un instant à la vidéo postée sur Youtube où je résume les différents cas possibles :
  • vous n’avez rien
  • vous avez mal
  • vous êtes mal
  • vous êtes malade

Le shiatsu, c’est donc pour tous et pour tout ?

En fait, oui

On ne refuse personne


Cassons de suite les mythes et oublions les peurs : aucun problème, aucune maladie, aussi grave soient-ils,  ne peuvent être prétexte à refuser quelqu’un en cabinet pour un shiatsu.
Le bon sens impose d’attendre en cas de maladies contagieuses qui pourraient se communiquer par le toucher direct ( gale, zona … ) ou le contact proche avec le  praticien. Si vous sentez arriver la grippe, ne venez pas (d’ailleurs, vous ne profiterez pas vraiment de la séance).

On  filtrera simplement et avec bienveillance les personnes en quête de plaisirs que nous ne souhaitons absolument pas leur donner.  Et, toujours, le praticien / la praticienne a le droit de renvoyer vers quelqu’un d’autre, s’il ne « sent » pas le travail avec quelqu’un.

Mais c’est tout. Et c’est très rare, car les personnes qui s’adressent à nous sont en demande d’écoute, de bienveillance, d’aide.  

 On fera toujours quelque chose


Aussi grave que soit la pathologie, le praticien de Shiatsu offrira toujours au minimum un accueil, une écoute, un accompagnement, et puis, tout son art, son empathie, son intensité et son intention dirigés vers le rétablissement de la circulation de l’énergie.

Il ne s’agit donc pas d’être exclusif, mais inclusif. « Prendre l’Univers en soi », accueillir la souffrance et transmuter.

Parfois, nous ne saurons pas quoi faire, la tête se taira. Mais nous ferons quelque chose, le cœur parlera.

L’expérience montre bien qu’on peut toujours faire quelque chose avec le shiatsu, quel que soit le problème, le mal rencontré.

Je reçois parfois des personnes souffrantes qui ont fait le tour de plusieurs spécialités et arrivent en dernier recours au shiatsu, désespérées, car personne n’a pu ou n’a voulu les aider. Ou alors, on n’a pas trouvé ce qu’elles avaient, et donc, on n’a pas pu les aider.

En shiatsu, on ne comprendra peut-être pas non plus le problème, mais on va tout de suite pouvoir aider. Paradoxal? L'Orient en est plein, de paradoxes.

Un art ancien pour traiter les maux modernes


Il existe dans le monde quelque 8.000 maladies dites « rares », qui ne touchent chacune que quelques centaines ou milliers de personnes et donc n’intéressent pas la recherche. Doit-on pour autant attendre de savoir exactement ce que c’est et les laisser espérer une hypothétique solution dans quelques années ?

Il y a aussi les maladies de civilisation, de notre monde moderne, bien connues, elles et étudiées, mais pour lesquelles il n’existe pas pour autant de solution : cancer, sclérose en plaques, athérosclérose et hypertension, fibromyalgie, polyarthrite rhumatoïde, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson… (liste non-limitative).

Auto-immunes, profondément douloureuses et/ou invalidantes, voire, à terme, mortelles, ces maladies sont en croissance, car inhérentes aux dérives de la civilisation moderne : rythmes effrénés, tensions, stress, alimentation de mauvaise qualité, négligence du corps et de ses besoins, manque de repos, pollutions… Il n’y a pas UNE cause clairement identifiable, mais un cocktail dangereux auxquels nous sommes exposés en permanence. Et le nombre de cas augmente de façon alarmante.

Lors de la réflexion et de la pratique menées sur ce thème lors du dernier stage avec Bernard Bouheret à Buthiers dans le cadre de l’Ecole de Shiatsu Thérapeutique, la place et la puissance du shiatsu sont apparues clairement dans le traitement des maladies de civilisation.


Il y a la lecture et les solutions proposées par la médecine occidentale. Lorsque ce genre de maladie se déclare, les chances de guérison, ou de retour en arrière sont minces, voire nulles (Alzheimer). Les médecins le disent honnêtement : on ne guérit pas du cancer. Les causes sont multiples ou floues. Les traitements consistent à soulager ou atténuer les symptômes.

Il y a la lecture proposée par la Médecine Traditionnelle Chinoise. Car même si les maladies de notre civilisation actuelle concernaient fort peu celle de la Chine antique, il y a moyen d’appliquer une lecture orientale à nos maux contemporains. Cette compréhension différente est un enrichissement. Adaptée au shiatsu, elle débouche sur des protocoles de soin applicables en cabinet. Ces protocoles ne sont pas rigides, mais des indications, logiques, de ce que l'on peut entreprendre. Evidemment, chaque cas est unique, et il faudra adapter.

En shiatsu, il n'y a pas de recettes valables pour tous et à tout moment. Chacun de vous est différent, et le traitement est sur mesure.

De plus en plus, le shiatsu entre dans les hôpitaux


Nous n’avons pas la prétention de résoudre les problèmes, là où d’autres cherchent encore. Mais nous pourrons faire quelque chose : poser les mains. Un nombre croissant de médecins hospitaliers ou non, en France, en Belgique… fait d’ailleurs appel au shiatsu en complément aux soins apportés.

Les maladies de civilisation sont en croissance rapide, mais les solutions se diversifient. Il faudra travailler à la source : changer de mode de vie, diminuer le stress, arrêter de polluer… Il faudra reconsidérer complètement l’alimentation et les aliments, revenir à une vie saine.

Des expériences sont menées, avec succès, dans les services d’oncologie, neurologie… Les patients à qui l’on propose du shiatsu se sentent mieux, récupèrent plus vite en cas de traitement agressif ou lourd (par exemple, une chimiothérapie).

D'ici là... Autant commencer tout de suite, avec nos mains.

Médecins, thérapeutes : même combat. Et nous, nous sommes prêts.

Le shiatsu a une position privilégiée et une efficacité avérée sur les deux fronts : prévention et intervention.


Travailler sur soi est un préalable obligé


Si les réflexions et les actions menées dans un stage de shiatsu thérapeutique comme Buthiers sont nécessaires et efficaces, elles ne prennent toutefois leur pleine signification qu’en association avec un intense travail sur soi.

En ce sens, la pratique assidue de la méditation et du Qi Gong sont de véritables outils qui viennent renforcer et ouvrir les praticiens. Chacun pratiquera les disciplines qui lui conviennent le mieux. Mais là où nous prêchons la régularité de la pratique à nos receveurs, nous nous devons de l’appliquer en tout premier lieu à nous-mêmes. Ainsi que d’aller régulièrement visiter un ou une collègue pour recevoir ce que nous aimons tant donner.

Et donc, je suis ravi des séances que je reçois, et de l’opportunité lors des stages de ressentir tellement d’énergies différentes.

Je constate également une identité de vision, un renforcement de l’énergie et l’efficacité joyeuse du Qi Gong tel qu’enseigné à Bruxelles par Fabienne Lacroix (de l’école Tian Di).Ces séances de Qi Gong nourrissent mon énergie et me rendent disponible en cabinet. 

Le shiatsu pour tous et pour tout n’est pas un slogan facile mais une réalité à la portée de tous, que vous pouvez vivre dès que vous le décidez.